
On assiste depuis plusieurs mois à des tensions vives au sein du Bureau Exécutif du Conseil National des Supporters du Bénin (CNS-B). S’agit-il selon vous d’une crise profonde du mouvement ou d’un simple conflit de personnes ?
Gildas Ahouangassi : C’est avant tout une guerre de leadership dans le néant. Aujourd’hui, les responsables de ce Bureau Exécutif, pourtant mis en place par consensus par les autorités de tutelle il y a quelques années, se retrouvent divisés en deux clans. Ce qui conduit à ce spectacle déshonorant dans le milieu sportif, c’est purement et simplement la soif de pouvoir.Au lieu de promouvoir le fair-play, l’union sacrée et la convivialité, ce bureau fait désormais la promotion de la discrimination, de l’inégalité, de la trahison et de la haine, empêchant tout vivre-ensemble. C’est un secret de polichinelle pour le public sportif béninois : l’esprit communautaire a été sacrifié au profit de querelles personnelles.
Les autorités sportives et administratives ont-elles tenté d’intervenir pour ramener le calme, et jusqu’où cette situation s’est-elle dégradée ?
Le Ministère des Sports tout comme la Fédération Béninoise de Football, pour ne citer qu’eux, sont parfaitement informés et ont mené plusieurs médiations, malheureusement en vain. La situation est devenue grave : ces membres du Bureau Exécutif ont carrément fait des préfectures, des commissariats de police et même des tribunaux leurs nouveaux lieux de rassemblement !C’est un comble. Si ceux qui sont censés guider les supporters pour porter nos sélections nationales vers la victoire passent leur temps à se diviser et à s’affronter devant la justice, que pouvons-nous espérer en matière d’union sacrée lors des compétitions et des expéditions ? C’est un manque de respect total face à l’investissement énorme consenti par le gouvernement béninois, à travers le ministère, pour accompagner le CNS-B.
Face à ce blocage persistant, quel appel lancez-vous aux autorités de tutelle pour sortir de cette impasse ?
J’exhorte vivement le gouvernement, à travers le Ministère des Sports et l’OBSSU, à siffler la fin de la récréation. La pagaille a trop duré, et nul n’est au-dessus de la loi.J’irai même plus loin : je demande instamment aux autorités de surseoir à toute activité ou expédition de ces membres jusqu’à un dénouement heureux de cette situation. Une dizaine de personnes ne peut pas continuer à prendre en otage l’intérêt commun de toute une communauté de supporters.
Entretien réalisé par Anselme HOUENOUKPO

