Par un communiqué publié le 2 octobre 2026, la BCEAO rend obligatoire, dès le 2 novembre 2026, le raccordement à la Plateforme Interopérable du Système de Paiement Instantané pour l’ensemble des transactions de monnaie électronique interopérables au sein de l’Union. Cette transition, qui met fin au régime d’adhésion volontaire, vise à briser les silos propriétaires et à accélérer l’intégration financière régionale.
Lancée officiellement le 30 septembre 2025, la plateforme régionale traite désormais les transferts en temps réel, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, selon la norme internationale ISO 20022. Pour renforcer l’adoption de ce rail unifié, la Banque Centrale a assorti cette obligation d’une révision tarifaire stratégique. À compter du 2 novembre 2026, les transferts nationaux de personne à personne d’un montant quotidien inférieur ou égal à 8 000 FCFA deviennent totalement gratuits à l’envoi pour l’usager, un seuil couvrant environ 75 % des transactions dans la zone UEMOA. La réception demeure également exempte de frais, sans aucune limite de montant.
L’écosystème béninois en première ligne
Sur le marché béninois, cette dynamique d’intégration se traduit par une expansion rapide des établissements homologués. Le nombre d’acteurs autorisés à offrir les services du système au public béninois est passé de 4 au lancement à 18 établissements au 30 septembre 2026. Le secteur bancaire national, dont le total de bilan cumulé atteint 7 607,6 milliards FCFA, y figure en force avec 14 banques commerciales raccordées. Parmi elles se trouvent le leader du marché, la Banque Internationale pour l’Industrie et le Commerce avec ses 1 886,83 milliards FCFA d’actifs, ainsi que Bank of Africa Bénin et Coris Bank International Bénin. Au-delà des banques, le réseau s’appuie sur les deux géants de la monnaie électronique que sont MTN Mobile Money Bénin et Moov Money Bénin, sur la fintech Julaya pour les flux d’entreprises, ainsi que sur l’institution de microfinance PEBCO Bethesda.
Les modèles d’affaires vont changer
Cette obligation réglementaire et la gratuité des petits transferts imposent aux opérateurs béninois une refonte de leurs modèles d’affaires. Privés d’une partie des commissions sur les transactions de détail, les établissements bancaires et les émetteurs de monnaie électronique doivent pivoter vers des services à plus forte valeur ajoutée. L’enjeu réside désormais dans le développement de solutions de gestion de trésorerie d’entreprise, d’outils de paie, de crédits instantanés basés sur l’analyse des flux et de paiements marchands via QR code unifié. L’infrastructure PI-SPI pose ainsi les jalons de l’Open Banking au Bénin, transformant une contrainte de mise en conformité en un levier d’innovation financière durable.
Olivier ALLOCHEME

