
La toute première session du Sénat s’est ouverte ce mercredi à la salle Dôme de Sofitel à Cotonou. Le lancement officiel des travaux a rassemblé les sénateurs, des membres du gouvernement, des députés et plusieurs présidents d’institutions de la République. A l’occasion, le président du Sénat Patrice Talon, n’a pas manqué de préciser les missions principales missions dévolues à cette haute chambre du parlement béninois, créée, il y a quelques mois. Il en a distingué quatre, qui concernent aussi bien le contrôle de certaines lois que le règlement des désaccords entre institutions. Selon l’ex-chef de l’État du Bénin, le Sénat a, avant tout pour mission de veiller à ce que les lois, y compris celles qui modifient la Constitution, respectent les libertés fondamentales, les principes démocratiques, la cohésion sociale et la stabilité politique du pays. Patrice Talon a précisé que les textes touchant à la vie politique nationale feront l’objet d’une attention particulière. Les lois portant révision de la Constitution, celles relatives aux partis politiques ainsi que les lois électorales devront être soumises à la non-objection du Sénat avant leur promulgation. C’est une procédure qui concerne également les autres lois à caractère politique adoptées par l’Assemblée nationale. Patrice Talon a aussi évoqué des cas de désaccords qui pourraient survenir entre le chef de l’État et l’Assemblée nationale lors de l’adoption d’une loi. En cas de divergences persistantes sur le contenu d’un texte, le Sénat sera appelé à intervenir pour arbitrer le différend. L’institution disposera aussi de la possibilité de demander aux députés de réexaminer certaines lois. Cette demande de deuxième lecture pourra être accompagnée d’observations sur les dispositions concernées. Toutefois, Patrice Talon a précisé que cette prérogative ne s’applique pas aux lois de finances, aux lois de règlement et aux lois de programme.

La dernière mission selon Patrice Talon a trait aux mœurs et valeurs politiques. Le Sénat devra, à le croire, veiller au respect des principes qui encadrent la vie politique nationale. Ces différentes attributions donnent à l’institution une place dans le processus législatif et les relations entre les pouvoirs publics.
Christian TCHANOU