L’hôtel Bel Azur de Grand-Popo abrite depuis mercredi, un atelier d’information et d’appropriation consacré au projet de loi portant règlement définitif du budget de l’État, gestion 2024. Pendant trois jours, des élus de la 10ème législature et des cadres de l’administration parlementaire se pencheront sur ce texte aux enjeux considérables.

C’est l’honorable Gérard Gbénonchi, président de la Commission des finances et des échanges (C2), qui a présidé la cérémonie d’ouverture en lieu et place du président de l’Assemblée nationale, le professeur Joseph Fifamin Djogbénou, retenu par d’autres obligations. À ses côtés, Simplice Quenum, directeur de l’Unité d’Analyse, de Contrôle et d’Évaluation du Budget de l’État (UNACEB), structure à l’initiative de la rencontre, a ouvert les échanges par un mot de bienvenue empreint de reconnaissance.
Quenum a tenu à saluer l’appui du président Djogbénou, sans lequel cet atelier n’aurait pu voir le jour, avant de rendre hommage à l’engagement personnel de Gérard Gbénonchi, dont le soutien technique et institutionnel a constitué, selon lui, le véritable moteur de l’organisation de ces travaux. Pour le directeur de l’UNACEB, l’enjeu est de taille : il s’agit de doter les représentants du peuple des outils analytiques indispensables à l’exercice plein et entier de leur mission constitutionnelle de contrôle.
Un texte à portée historique
Dans son discours officiel, l’honorable Gbénonchi n’a pas manqué de souligner la dimension symbolique du texte soumis à l’examen des parlementaires. Ce projet de loi de règlement est en effet le dernier du genre adopté sous la présidence de Patrice Talon, clôturant ainsi sur le plan budgétaire deux mandats à la tête du pays. Au-delà de l’aspect formel, le président de la C2 a rappelé que la loi de règlement est bien plus qu’un exercice comptable : elle transforme les chiffres bruts en un véritable levier de contrôle démocratique, permettant d’évaluer non seulement la régularité des dépenses, mais aussi leur impact concret sur les conditions de vie des Béninois.
Au terme de la première journée de travaux, Gbénonchi a précisé devant la presse parlementaire que cet exercice constitue, à ses yeux, un miroir fidèle de la gouvernance en vigueur axée sur la rigueur budgétaire et la culture du résultat tout en projetant l’institution vers les défis à venir. Il a par ailleurs confirmé que le gouvernement a scrupuleusement respecté les délais légaux, le texte ayant été transmis à l’Assemblée nationale avant l’ouverture de la session consacrée au projet de loi de finances 2026.
La Cour des comptes en appui
Les trois jours de travaux bénéficieront de l’expertise de la Cour des comptes, dont les contributions alimenteront un document de synthèse destiné à servir de socle aux futurs débats en commission et en séance plénière.
La première journée a été ponctuée de quatre communications. Les experts Hervé Affoukou et Wadoud Lawani, tous deux issus de la Cour des comptes, ont successivement abordé les fondements du contrôle budgétaire a posteriori, présenté les grandes lignes du projet de loi, analysé l’utilisation des crédits et les comptes de l’État au titre de la gestion 2024, avant de revenir sur la déclaration générale de conformité rendue par la juridiction financière.
Fidèle KENOU

