À peine seize mois après son entrée remarquée sur la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières, le titre LNBB (Loterie Nationale du Bénin) offre aux investisseurs une trajectoire pour le moins mouvementée. Introduite en décembre 2024 à l’occasion d’une opération levant quelque 69 millions de dollars, la LNB avait séduit le marché dès ses débuts, gagnant 4,1 % lors de sa première journée de cotation. Un enthousiasme qui n’aura pas résisté au premier trimestre 2026.

L’action LNBB a ouvert l’exercice 2026 à 4 295 FCFA par titre. Dès le 28 janvier, elle cotait à 3 945 FCFA, soit une chute de 8,15 % par rapport à ce niveau d’entrée annuel, plaçant d’emblée la valeur dans le bas du classement de la cote. Le 9 février, le titre clôturait à 3 900 FCFA, avec un volume échangé de 1 008 titres pour une valeur totale de 3,9 millions de FCFA. La tendance baissière s’est confirmée tout au long du premier trimestre : au 16 mars, l’action s’affichait à 3 895 FCFA, enregistrant une variation négative de 1,27 %. Selon les données historiques de Sikafinance, le plus bas de la période a touché les 3 760 FCFA, contre un plus haut de 4 520 FCFA, pour une moyenne de 3 994 FCFA sur l’ensemble de la fenêtre.
Avril-mai : signes de stabilisation
Le mois d’avril a marqué une inflexion. Le 9 avril, le titre s’échangeait à 3 910 FCFA, sans variation notable sur la séance. La première semaine de mai prolonge cette consolidation : au 30 avril–2 mai, le cours ressortait à 3 900 FCFA, en repli de 1,28 %, avant que la veille de ce jeudi ne révèle un calme relatif. Mercredi 6 mai, l’action clôturait à 3 950 FCFA, sans variation journalière. Et c’est ce 7 mai que la surprise se produit : en séance ouverte ce jeudi matin, LNBB bondit à 4 185 FCFA, affichant une hausse de 7,47 %, l’une des meilleures performances de la cote sur la journée.
Des fondamentaux qui invitent à la prudence
Ce rebond spectaculaire mérite toutefois d’être contextualisé. Les résultats opérationnels récents ont été décevants : le bénéfice de la LNB a chuté de 81 % au troisième trimestre 2025, après une baisse de 77 % au premier semestre. La société, fondée en 1967, gère plus de 3 000 points de vente et avait généré 94 milliards de FCFA de revenus en 2023, mais la compression des marges interroge. Avec un PER de 10,98 et une capitalisation boursière globale de 78 milliards de FCFA, représentant 0,54 % de la capitalisation totale de la BRVM, la valeur reste modeste mais pas négligeable dans son segment.
Le verdict
Le sursaut de ce 7 mai redonne de la couleur à un titre qui souffrait depuis janvier. Mais les investisseurs avisés garderont en tête que la reprise n’est solide que si elle s’appuie sur des résultats opérationnels tangibles. La LNB doit prouver, au fil des publications trimestrielles à venir, qu’elle a enrayé la spirale baissière de ses bénéfices. À surveiller de près, avec un stop-loss bien positionné.
Olivier ALLOCHEME

