
Des résultats financiers qui témoignent d’une solide capacité d’adaptation. Dans un environnement économique béninois particulièrement dynamique, marqué par une croissance de 8,3 % au dernier trimestre 2025, la Loterie Nationale du Bénin (LNB SA) vient de publier son bilan 2025. Fidèle à sa mission de « mobiliser l’épargne publique volontaire à travers l’exploitation des jeux de hasard » pour financer des investissements sociaux, l’institution a su maintenir un cap ambitieux malgré des vents contraires. L’année 2025 restera comme celle d’une transition numérique accélérée, avec un chiffre d’affaires global s’établissant à 98,6 milliards de FCFA.
Le fait majeur de cet exercice réside dans l’explosion du segment digital, puisque le chiffre d’affaires des jeux en ligne a progressé de 18 % pour atteindre 67,5 milliards de FCFA. Cette performance permet au numérique de s’octroyer une part prédominante de 68,44 % dans l’activité globale de la société. Parallèlement, la direction a consenti un effort remarquable de maîtrise des charges, illustré par une valeur ajoutée en hausse de 22 % et un excédent brut d’exploitation (EBE) qui progresse de 34 % pour s’établir à 7,16 milliards de FCFA.
Léger repli du chiffre d’affaires
Toutefois, la comparaison avec l’exercice 2024 révèle des zones de fragilité conjoncturelle. Le chiffre d’affaires net affiche un léger repli de 4 %, tandis que le résultat net, arrêté à 4,6 milliards de FCFA, accuse une baisse plus marquée de 36 % par rapport aux 7,17 milliards réalisés l’année précédente. Le rapport explique cette érosion par « l’intensification de la concurrence déloyale des opérateurs illégaux plus nombreux cette année et proposant des gains plus attractifs aux parieurs ». Ces acteurs hors-la-loi ne s’acquittent d’aucune taxe, ce qui leur permet de dépasser le taux de retour aux joueurs réglementaire de 85 %. Face à ce constat, la direction affirme sa probité. « Nous nous conformons à la réglementation, ce qui induit que nos taux de retour aux joueurs ne peuvent pas être aussi importants que ceux de nos concurrents déloyaux », souligne-t-elle.
Malgré ce contexte concurrentiel agressif, la structure financière de la LNB demeure exemplaire avec un ratio d’autonomie financière de 2,06, garantissant une solvabilité optimale. Fort de cette assise, le conseil d’administration prévoit de distribuer environ 80 % du résultat net sous forme de dividendes.
Une contre-offensive stratégique pour 2026
Les perspectives pour 2026 s’annoncent d’ores et déjà comme une contre-offensive stratégique. La société prévoit une transformation profonde avec le lancement d’une plateforme en ligne unifiée intégrant le casino, les paris sportifs et les jeux virtuels. L’innovation produit sera au cœur de la croissance avec l’arrivée de nouvelles gammes telles que Double Chance, LNB Zoo et Kadolo. Enfin, la LNB compte optimiser sa gestion grâce au déploiement d’outils de « data analytics » permettant d’ajuster les offres en temps réel et d’automatiser la validation des gains. « Nous anticipons une embellie en 2026 grâce à notre veille concurrentielle, aux stratégies mises en place par la LNB SA et aux efforts conjugués de la Cellule de Supervision des Jeux » ; affirme la direction de la société.
Olivier ALLOCHEME

