Le Centre national de sécurité routière (CNSR), avec l’appui de la Commission de l’Union africaine (UA) et de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), a organisé, le lundi 22 juin 2026 au Palais des Congrès de Cotonou, un atelier national consacré à la validation du projet de réforme institutionnelle et financière de la sécurité routière ainsi que du projet de Stratégie nationale de sécurité routière (SNSR).

Cette rencontre a réuni les administrations publiques, les partenaires techniques et financiers ainsi que les principaux acteurs du secteur afin d’examiner et d’enrichir deux documents appelés à servir de socle à la réforme de la sécurité routière au Bénin.
Le premier document porte sur le plan de réforme institutionnelle et financière du secteur. Il met en évidence plusieurs insuffisances, notamment la dispersion des responsabilités entre les acteurs, une coordination encore limitée, l’absence d’un véritable chef de file opérationnel et des mécanismes de financement jugés insuffisants.
Pour y remédier, le projet préconise un renforcement du cadre juridique, la consolidation du leadership institutionnel en matière de sécurité routière et la mise en place d’un financement durable afin d’assurer la continuité des actions de prévention, de contrôle et de sensibilisation.
Une stratégie nationale à l’horizon 2030
Le second document soumis à validation définit les orientations de la future Stratégie nationale de sécurité routière. Élaborée sur la base d’un diagnostic de l’accidentalité au Bénin, cette stratégie ambitionne de réduire de 50 % la mortalité routière et les accidents graves d’ici à 2030.
Elle repose sur une approche globale articulée autour de plusieurs axes : l’amélioration de la gouvernance, la sécurisation des infrastructures routières, le renforcement de la sécurité des véhicules, la promotion de comportements responsables chez les usagers et l’amélioration de la prise en charge des victimes d’accidents.
Au cours des travaux, les participants ont rappelé que la sécurité routière constitue un enjeu majeur de santé publique, de développement économique et de protection des populations.
Selon les données présentées lors de l’atelier, le Bénin a enregistré 5 197 accidents de la circulation en 2021, ayant causé 1 140 décès. Les accidents de la route engendrent également des pertes économiques considérables, estimées à plusieurs milliards d’euros chaque année.
Les participants ont poursuivi les échanges en groupes de travail afin de formuler des observations et des recommandations destinées à améliorer les deux projets de documents.
Les discussions ont notamment mis en évidence la nécessité de renforcer la coordination entre les différents acteurs, de garantir un financement pérenne des actions de sécurité routière et d’améliorer le système national de collecte et d’exploitation des données sur les accidents afin de faciliter le suivi des politiques publiques.
Une réforme inscrite dans la campagne AGIR
Cette démarche s’inscrit dans le prolongement de la campagne nationale AGIR, portée par le CNSR pour promouvoir une nouvelle culture de sécurité routière. Cette initiative vise à sensibiliser les populations aux risques routiers, encourager l’adoption de comportements responsables, renforcer l’engagement des institutions et favoriser l’innovation dans la gouvernance du secteur.
À l’issue de cet atelier, les observations recueillies serviront à finaliser les documents avant leur mise en œuvre. Pour le CNSR, cette étape constitue un jalon important dans la construction d’un système national de sécurité routière plus cohérent, mieux coordonné et davantage orienté vers la réduction durable des accidents et la protection des usagers de la route.
Romain HESSOU

