
Dans le rang des invités prestigieux au défilé du 1er août 2026, samedi dernier sur le boulevard de la Marina, à Cotonou, il y a avait deux anciens chefs de l’Etat, Boni Yayi et Patrice Talon. Deux fortes personnalités que le Bénin a connues ces deux dernières décennies au sommet de l’Etat. Boni Yayi de 2006 à 2016 et Patrice Talon de 2016 à 2026. A l’arrivée de chacun des deux sur les lieux, toute l’assistance s’est levée comme un seul homme les accueillir avec des ovations inouïes. Le premier, Patrice Talon, pour avoir relevé le niveau du Bénin à une hauteur jamais égalée depuis les indépendances de 1960. Et pour s’être ensuite retiré du pouvoir au terme de ses deux mandats constitutionnels. A chaque apparition de Patrice Talon en public, comme samedi dernier sur le boulevard de la Marina, les béninois voient sans doute un « grand bâtisseur » du Bénin révélé. Un Bénin désormais enviable avec ces nombreuses infrastructures modernes, tous domaines et tous secteurs confondus. Un Bénin dont les affaires se gèrent aujourd’hui avec rigueur et persévérance au sommet de l’Etat. Patrice Talon, en dépit de quelques critiques inhérentes à toute œuvre ou action humaine est devenue, dans tous les cas, une personnalité emblématique dont l’histoire va sans doute traverser les générations.
Il y avait aussi Boni Yayi à ce défilé. S’il est vrai qu’avec sa nouvelle fonction de Sénateur au même titre que de Patrice Talon, l’évidence apparaissait quelque peu, la présence de cet ex-chef de l’Etat, samedi dernier, sur le boulevard de la Marina n’a pas manqué de capter autrement l’attention. Boni Yayi en finissant par se raviser sur sa position antagoniste longtemps forgée contre Patrice Talon avec l’arrivée de son successeur et dauphin béni Romuald Wadagni, sonne le départ d’une atmosphère politique nationale plus stable aujourd’hui qu’hier. Une atmosphère apaisée rêvée dans un Bénin marqué depuis ces deux dernières décennies par une rivalité cruciale entre deux personnalités majeures dont les traces et interactions politiques demeurent indélébiles depuis la conférence nationale des forces vives de février 1990.
Christian TCHANOU

