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Commerce extérieur du Bénin :  Le déficit commercial se creuse à 299,4 milliards de FCFA au deuxième trimestre 2026

Au deuxième trimestre 2026, la balance commerciale du Bénin enregistre un déséquilibre physique marqué, matérialisé par un déficit de 299,4 milliards de FCFA.   Ce déficit s’élève à 38,7 %, contre 52,2 % au trimestre précédent. Cette dégradation conjoncturelle intervient après un premier trimestre particulièrement vigoureux au cours duquel les ventes à l’extérieur avaient atteint un sommet historique.

Le repli trimestriel de 18,4 % des exportations découle principalement d’un effet de base technique et de la fin d’une opération ponctuelle d’envergure enregistrée au premier trimestre, liée à la réexportation exceptionnelle de navires et d’équipements maritimes spécialisés. Si l’on neutralise cet élément non récurrent, la dynamique de fond des ventes béninoises à l’étranger conserve une solide orientation, affichant une progression de 59,3 % en glissement annuel soutenue par les performances des filières agricoles de rente comme le coton, le soja et les fruits à coque. Du côté des acquisitions extérieures, la hausse de 3,7 % par rapport au premier trimestre s’explique par la persistance d’achats importants de riz semi-blanchi, de pétrole, d’engrais et de biens d’équipement nécessaires aux chantiers d’infrastructures et à la modernisation industrielle. On observe néanmoins les premiers effets positifs d’une substitution aux importations de certains produits manufacturés grâce au développement de l’industrie locale, ce qui se traduit par une baisse de 4,1 % des importations en glissement annuel.

Une balance des paiements soutenue par les financements extérieurs

Au-delà du seul solde commercial physique des marchandises, l’évaluation globale des comptes extérieurs du Bénin met en lumière des mécanismes d’amortissement solides qui préservent la stabilité financière. Le déficit des transactions courantes reste contenu grâce au soutien continu des transferts privés sans contrepartie issus des envois de fonds de la diaspora. Sur le compte des services, l’activité est portée par le dynamisme du transit portuaire le long du corridor de Cotonou ainsi que par la bonne tenue des secteurs de l’hôtellerie et de la restauration. Sur le plan financier, la couverture globale de la balance des paiements est renforcée par les opérations financières stratégiques menées par l’État. La mobilisation de 474,3 milliards de FCFA réalisée en début d’année sur les marchés internationaux à travers une émission combinée d’un Eurobond et d’un Sukuk a permis d’accroître fortement les actifs extérieurs nets du pays. Parallèlement, le gouvernement a continué d’émettre des Bons Assimilables du Trésor sur le marché financier sous-régional de l’UEMOA pour assurer la couverture de ses engagements et de ses investissements.

Cap sur la transformation industrielle

En perspective pour le reste de l’année 2026, l’économie béninoise conserve une trajectoire d’expansion robuste avec une croissance du PIB réel projetée à 7,5 %, plaçant le pays au premier rang de la zone UEMOA. Cette dynamique s’appuie notamment sur le déploiement progressif des unités de transformation au sein de la Zone industrielle de Glo-Djigbé. Bien que la transformation locale du coton et du soja contracte temporairement les volumes d’exportation de matières brutes et sollicite des importations de biens d’équipement, elle prépare une montée en valeur ajoutée décisive pour les exportations manufacturées à moyen terme. Sur le plan intérieur, le niveau général des prix demeure remarquablement maîtrisé avec un taux d’inflation de -0,6 % au deuxième trimestre 2026, favorisé par un approvisionnement très satisfaisant des marchés en produits vivriers locaux.  

Olivier ALLOCHEME

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