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Notation financière : Moody’s relève la note souveraine du Bénin à « Ba3 » 

C’est un véritable plébiscite pour la signature financière du Bénin sur les marchés internationaux. Dans un communiqué officiel publié le 7 août 2026 par le Palais de la Marina, le gouvernement béninois a annoncé le relèvement de sa note souveraine à long terme par l’agence internationale de notation financière Moody’s Investors Service. La note du pays passe ainsi de « B1 » à « Ba3 », assortie d’une perspective stable.

À travers cette décision majeure, l’agence financière confirme l’ancrage du Bénin dans la catégorie « BB/Ba » des émetteurs souverains. La Présidence de la République souligne que le Bénin « rejoint le cercle restreint des quatre États d’Afrique subsaharienne bénéficiant de ce niveau de notation ou d’un niveau supérieur ». Pour les autorités et les observateurs économiques, « cette décision témoigne de la solidité des fondamentaux du pays ainsi que de la confiance croissante des agences et des investisseurs, malgré un environnement international et régional instable ».

Une trajectoire constante de rehaussement depuis 2025

Ce relèvement à « Ba3 » concrétise une trajectoire ascendante amorcée et consolidée depuis plus d’un an par l’ensemble des grandes agences d’évaluation financière. Dès le début de l’année 2025, Moody’s avait ouvert la voie en révisant la perspective du Bénin de « Stable » à « Positive » sur sa note B1, saluant la résistance remarquable de l’économie béninoise face aux chocs extérieurs et régionaux. À la fin de l’année 2025, Standard & Poor’s (S&P Global Ratings) venait réaffirmer et consolider la notation du Bénin dans la catégorie « BB- » avec perspective stable, confirmant la crédibilité des choix budgétaires de Cotonou.

Puis, au cours du premier semestre 2026, Fitch Ratings rehaussait à son tour la perspective de la note B+ du pays à « Positive ». Le franchissement du palier « Ba3 » par Moody’s marque donc l’aboutissement d’un processus continu de reconnaissance financière. Le Bénin ne se situe plus désormais qu’à trois crans du seuil de la catégorie investissement (Investment Grade, Baa3), un niveau exceptionnel pour une économie en développement.


Une dynamique de croissance soutenue 

Parmi les arguments centraux mis en avant par l’agence de notation figure la vigueur de l’activité économique nationale. Comme le rappelle le communiqué gouvernemental : « Moody’s souligne le fort dynamisme de l’économie béninoise, dont la croissance a atteint 8.1 % en 2025, son niveau le plus élevé depuis 1990 ». 

L’agence de notation se montre tout aussi confiante pour le moyen terme et « prévoit une croissance comprise entre 6.5 % et 7.0 % par an jusqu’à 2030, portée par les investissements, l’industrialisation et la transformation locale des matières premières ». L’essor de la Zone Économique Spéciale de Glo-Djigbé (GDIZ) et la modernisation des infrastructures portuaires et logistiques constituent les véritables moteurs de ce changement de structure.


Continuité des réformes et rigueur dans la gestion budgétaire

Le deuxième pilier de ce relèvement repose sur la crédibilité des institutions et la gouvernance. L’agence de notation met en avant « la continuité des politiques publiques et la solidité des institutions béninoises, qui soutiennent la poursuite des réformes engagées ». Le gouvernement précise que cette dynamique « est illustrée par la très bonne exécution des programmes conclus avec le Fonds Monétaire International, les progrès accomplis en matière de gouvernance économique et la solidité des partenariats avec les institutions financières internationales ».

Sur le plan des finances publiques, la discipline imposée par les autorités porte ses fruits. Le communiqué met en avant « l’amélioration de la mobilisation des recettes, la maîtrise des dépenses courantes et le retour du déficit budgétaire à 3.0 % du PIB en 2025, conformément à la norme communautaire de l’UEMOA ». Le strict respect des critères de convergence communautaires consolide la signature du pays face aux chocs macroéconomiques.

Gestion proactive et diversification de la dette souveraine

L’ingénierie financière et la stratégie d’endettement du Bénin reçoivent également un hommage appuyé. Moody’s souligne la « qualité de la gestion de la dette, fondée sur la diversification des financements et une gestion proactive des passifs, qui contribuent à la réduction progressive du ratio d’endettement ».  Le gouvernement rappelle que cette orientation « a renforcé l’accès du Bénin aux marchés internationaux, notamment à travers son émission obligataire inaugurale ODD en 2021, sa première émission en dollars en 2024 et son Sukuk inaugural en 2026, tout en maintenant un coût de financement maîtrisé ». L’accès aux marchés islamiques via le Sukuk de 2026 aura notamment permis d’élargir la base des investisseurs tout en lissant le profil de remboursement.

Un positionnement dominant en Afrique de l’Ouest et sur le continent

À l’échelle continentale, où la très grande majorité des nations souveraines africaines restent confinées dans des catégories spéculatives fragiles ou font face à de sévères tensions de liquidité, le Bénin fait figure d’exception. Avec cette notation « Ba3 », le pays confirme son appartenance au groupe restreint des champions financiers de l’Afrique subsaharienne, aux côtés du Botswana (A3), de Maurice (Baa3) et de la Côte d’Ivoire (Ba2).

PaysZone / RégionMoody’sS&P / FitchCatégorie de Crédit
BotswanaAfrique AustraleA3A-Investment Grade
MauriceOcéan IndienBaa3BBB-Investment Grade
MarocAfrique du NordBa1BB+Spéculatif Haut (BB)
Côte d’IvoireAfrique de l’Ouest (UEMOA)Ba2BBSpéculatif Haut (BB)
BÉNINAfrique de l’Ouest (UEMOA)Ba3BB-Top 4 Subsaharien (BB/Ba)
SénégalAfrique de l’Ouest (UEMOA)Ba3 / B1B+Spéculatif Modéré
NigeriaAfrique de l’Ouest (CEDEAO)Caa1 / B3B-Risque Élevé
GhanaAfrique de l’Ouest (CEDEAO)Caa2CCC+Restructuration de dette

Au sein de la zone UEMOA et de la CEDEAO, le Bénin confirme et renforce son statut de leader économique, formant avec la Côte d’Ivoire un duo de tête indiscutable. Alors que des voisins sous-régionaux subissent de lourdes restructurations de dette comme le Ghana, souffrent de dépréciations monétaires aiguës comme le Nigeria, ou font face à des crises politiques et sécuritaires comme les pays du Sahel, le Bénin offre une lisibilité macroéconomique, une stabilité politique et un cadre réglementaire attrayants pour les investisseurs internationaux. Ce rehaussement permettra d’abaisser le coût du capital pour l’État comme pour le secteur privé, stimulant durablement l’investissement productif.

Olivier ALLOCHEME

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