Un recueillement de la communauté judiciaire s’est tenu le vendredi 28 août 2026 à la Cour suprême, pour rendre un dernier hommage à Arsène Hubert Dadjo. Magistrat retraité et ancien premier avocat général près la haute juridiction, il s’est éteint le 30 juin dernier, à l’âge de 67 ans. Le professeur Joseph Fifamin Djogbénou, président de l’Assemblée nationale, a tenu à honorer sa mémoire en assistant en personne à cette cérémonie empreinte de gravité.

Pour l’occasion, l’espace Alexandre Durand, au sein de la Cour suprême, avait été spécialement aménagé pour recueillir la dépouille du magistrat ainsi que ses proches venus lui rendre hommage.
Outre la présence de l’autorité parlementaire, plusieurs personnalités de premier plan de la République avaient tenu à faire le déplacement : Victor Dassi Adossou, président de la Cour suprême ; Yves Détchénou, garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la Législation ; Saturnin Afaton, procureur général près la Cour suprême du Bénin ; André Vignon Sagbo, président de la Chambre judiciaire de la Cour suprême ; ou encore Zachari Baba Body, bâtonnier de l’Ordre des avocats du Bénin. De nombreux conseillers, avocats généraux et magistrats des cours et tribunaux étaient également présents.
Un homme de référence
Les prises de parole se sont succédé, chacune retraçant à sa manière le parcours de l’illustre disparu : Saliou Obonou, secrétaire administratif adjoint de l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab), le bâtonnier Zachari Baba Body, le ministre Yves Détchénou, le président Joseph Fifamin Djogbénou, ainsi que le procureur général Saturnin Afaton.
De ces témoignages est ressorti le portrait d’un magistrat exemplaire, érigé en modèle de devoir de réserve. On retient de lui l’image d’un homme rigoureux et discret, mais aussi bienveillant et courtois dans ses rapports avec autrui.
Au nom de la famille éplorée, Kadnel Prince Dadjo a pris la parole pour remercier l’ensemble de la famille judiciaire, rappelant au passage que les qualités professionnelles unanimement saluées du défunt trouvaient leur pendant dans sa vie d’homme et de père.
La « double étincelle »
Visiblement ému, le président Joseph Fifamin Djogbénou a d’abord tenu à exprimer sa proximité fraternelle avec les enfants et les proches du défunt, avant d’adresser ses condoléances les plus sincères à l’ensemble de la corporation judiciaire.
Écartant le format classique de l’oraison funèbre, l’autorité parlementaire a préféré livrer un témoignage personnel, nourri de son expérience aux côtés du défunt lorsqu’il occupait lui-même les fonctions de garde des Sceaux. Il a choisi d’évoquer le parcours du magistrat à travers l’image d’une « double étincelle » :
« La première étincelle, c’est qu’Arsène Hubert Dadjo fut un grand serviteur de l’État. Je ne dirais pas un humble serviteur, mais un grand serviteur de l’État. La seconde étincelle, c’est qu’il fut un grand magistrat, au sens le plus complet du terme. Un grand fonctionnaire qui savait qu’il devait servir partout où le besoin se faisait sentir, un homme qui se considérait comme un disciple de l’État. »
S’adressant enfin directement aux enfants du magistrat, le président de l’Assemblée nationale a conclu par ces mots chargés d’émotion : « Vous avez eu un père, un homme. Vous avez eu un père qui savait être une forteresse, un père qui savait être des racines. Des racines qui permettent à l’arbre de tenir. Vous avez eu un père bienveillant. »
Fidèle KENOU

