
L’Afrique produit chaque année plusieurs millions de balles de coton, mais une grande partie de cette matière première est encore exportée à l’état brut. Le Bénin entend rompre avec ce modèle en misant sur la transformation locale à travers la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ).
Selon les données citées par la CNUCED, sur les 6,3 à 8,5 millions de balles de coton produites annuellement en Afrique, environ 70 % sont exportées brutes. Dans le même temps, seulement 12 % sont filées et 18 % tissées sur le continent. Cette faible transformation locale se traduit par un déséquilibre économique : l’Afrique consacre des dizaines de milliards de dollars à l’importation de produits textiles, tandis qu’elle tire des revenus bien plus limités de ses exportations de coton brut.
C’est sur cette problématique que le Bénin veut agir. Avec Arise IIP, le pays développe à la GDIZ un modèle fondé sur la transformation de la matière première sur place afin de capter une plus grande partie de la valeur ajoutée.
Le Centre intégré de textile, Benin Textile (Btex), constitue l’une des principales illustrations de cette stratégie. Le complexe intègre différentes étapes de la chaîne textile, de la transformation de la fibre jusqu’à la confection de produits finis. Cette dynamique s’accompagne également de la création d’emplois. Plus de 10 000 emplois sont créés sur le site, dans un secteur où le Bénin cherche à renforcer sa position de producteur et de transformateur de coton.
Produire au lieu d’exporter
À travers cette orientation, le Bénin entend ainsi transformer davantage de coton produit localement et conserver sur son territoire une part plus importante de la valeur générée par cette filière. Cette dynamique s’inscrit dans une ambition plus large de transformation de la filière cotonnière africaine. Selon les données disponibles, le Partenariat pour le coton vise à porter à 25 % la part du coton transformé localement d’ici 2033. Au Bénin, cette orientation trouve déjà une traduction concrète à travers les investissements réalisés dans la GDIZ, avec l’accompagnement de partenaires comme African Export-Import Bank (Afreximbank) et Arise IIP.
Pour le Bénin, l’enjeu dépasse donc la seule production de coton. Il s’agit désormais de transformer localement une part croissante de cette matière première, de développer l’industrie textile et de contribuer à l’objectif africain de porter la transformation locale à 25 % d’ici 2033. La GDIZ apparaît ainsi comme l’un des principaux leviers de cette nouvelle stratégie industrielle.
Augustin HESSOU

