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Décès du Dr Jean-Charles Ahomadégbé à Paris : Imelda BADA salue la mémoire d’un grand serviteur de la diaspora béninoise

Ancien président du Conseil des Béninois de France, homme de science et acteur engagé de la vie de la diaspora, le Dr Jean-Charles Ahomadégbé s’est éteint à Paris le 4 septembre 2026. Depuis Bordeaux, Imelda BADA, présidente de Partage Diaspora Béninoise et vice-consul du Bénin à Bordeaux, rend hommage à celui qu’elle considère comme un « devancier » dont l’engagement aura marqué plusieurs générations de Béninois de France.

Paris est devenue, le 4 septembre 2026, le lieu d’un départ qui résonne bien au-delà du cercle familial. La disparition du Dr Jean-Charles Ahomadégbé, ancien président du Conseil des Béninois de France, laisse dans la communauté béninoise de France une absence dont la portée dépasse les responsabilités institutionnelles qu’il a exercées.

Pour Imelda BADA, présidente de Partage Diaspora Béninoise et vice-consul du Bénin à Bordeaux, cette disparition est celle d’un « devancier », l’un de ces hommes qui ont emprunté le chemin avant d’autres et dont l’expérience devient, au fil du temps, une forme de repère pour les générations suivantes.

Dans l’hommage qu’elle lui consacre, elle choisit les mots de la reconnaissance plutôt que ceux de la seule tristesse : servir, transmettre, rassembler, conseiller et accompagner. Car Jean-Charles Ahomadégbé n’a pas seulement occupé des responsabilités au sein de la diaspora. Il aura, aux yeux de ceux qui l’ont côtoyé, contribué à une histoire collective.

Une figure de la diaspora béninoise de France

Le Dr Jean-Charles Ahomadégbé aura occupé une place importante dans l’histoire du Conseil des Béninois de France (CBF). Ancien président de cette organisation, il en a assumé la direction à plusieurs reprises, notamment sur les périodes 2009-2013, 2013-2016 et 2016-2019. Ces années correspondent à différentes étapes de l’évolution de la diaspora béninoise en France, confrontée à des enjeux multiples : représentation, solidarité, accompagnement des compatriotes, transmission culturelle et participation au développement du Bénin.

Être à la tête d’une organisation de diaspora ne consiste jamais simplement à porter un titre. Il faut écouter. Il faut représenter. Il faut rapprocher. Il faut parfois arbitrer. Il faut surtout parvenir à faire vivre ensemble des générations, des parcours professionnels et des sensibilités différentes. Cette fonction de trait d’union semble avoir constitué l’une des dimensions essentielles de l’engagement de Jean-Charles Ahomadégbé.

Le Conseil des Béninois de France s’est notamment investi dans la réflexion sur la place de la diaspora dans le développement national. En 2014, sous sa présidence, l’organisation avait ainsi consacré un colloque à la « Contribution de la Diaspora Béninoise au Développement du Bénin ».

Le choix de cette thématique apparaît aujourd’hui particulièrement prémonitoire. Il traduisait une conception de la diaspora comme une force de compétences, de savoirs, de réseaux et d’initiatives, et non comme une communauté simplement éloignée géographiquement de son pays.

Un engagement placé sous le signe du service

Dans son hommage, Imelda BADA insiste sur un aspect précis du parcours de son devancier : le sens du service. Elle souligne que son engagement ne répondait ni à une quête de privilèges ni à la recherche d’un poste. Il était, selon elle, porté par une conviction : servir son pays et ses compatriotes constitue un devoir. Cette conception de l’engagement collectif prend une résonance particulière dans les communautés de diaspora. Le tissu associatif repose largement sur des hommes et des femmes qui consacrent leur temps à des causes qui les dépassent. Ils organisent des rencontres. Ils accompagnent leurs compatriotes. Ils dialoguent avec les institutions. Ils défendent des intérêts collectifs. Ils créent des espaces de transmission. Et bien souvent, leur travail demeure dans l’ombre.

Jean-Charles Ahomadégbé appartenait à cette génération de responsables qui ont contribué à structurer cette présence béninoise en France. Son parcours rappelle ainsi que l’histoire d’une diaspora ne se construit pas uniquement à travers les grandes décisions institutionnelles. Elle se construit également dans la durée, à travers les engagements personnels de ceux qui acceptent de consacrer une partie de leur existence au collectif.

L’homme de science et l’enseignant-chercheur

À la figure du responsable associatif s’ajoute celle de l’homme de science et de l’enseignant-chercheur. Cette dimension intellectuelle de son parcours est également mise en avant par Imelda BADA. Elle confère à son engagement une autre profondeur. Car le savoir ne prend véritablement toute sa valeur que lorsqu’il peut être partagé et mis au service de la collectivité. Dans le parcours de Jean-Charles Ahomadégbé, l’expérience scientifique et l’engagement au sein de la diaspora se sont ainsi croisés. La recherche appelle la rigueur. L’engagement collectif appelle l’écoute. L’enseignement repose sur la transmission. La vie associative repose sur la capacité à créer du lien. Autant de dimensions qui peuvent se rejoindre dans une même conception de la responsabilité. C’est aussi ce que semble avoir retenu Imelda BADA de ses échanges avec lui. Elle évoque ses réflexions, ses conseils et sa vision. Des paroles qui, du vivant de celui qui les prononçait, pouvaient sembler appartenir au quotidien. Après sa disparition, elles deviennent des fragments de mémoire.

« Mon cher devancier » : le choix d’un mot qui dit la transmission

Dans son hommage, Imelda BADA ne parle pas simplement d’un aîné. Elle parle d’un « devancier ». Le terme est particulièrement évocateur. Il désigne celui qui est arrivé avant, celui qui a expérimenté avant les autres, celui qui a parfois ouvert un chemin que d’autres emprunteront ensuite. Dans la vie des diasporas, cette dimension intergénérationnelle est essentielle. Les communautés évoluent. Les générations changent. Les modes de communication se transforment. Les jeunes Béninois nés en France ou arrivés très tôt dans le pays portent souvent un rapport différent à leur pays d’origine. Mais le besoin de transmission demeure. Ce qui change, ce sont les formes. L’enjeu consiste alors à préserver la mémoire sans empêcher le renouvellement. À respecter les anciens sans enfermer les jeunes dans les pratiques du passé. À recevoir l’expérience pour pouvoir, ensuite, aller plus loin. C’est cette relation entre mémoire et avenir que le mot « devancier » semble ici résumer.

Une relation nourrie par le dialogue

L’hommage d’Imelda BADA possède également une dimension personnelle. Elle ne se contente pas d’énumérer les fonctions exercées par Jean-Charles Ahomadégbé. Elle évoque les conversations, les échanges, les conseils et les enseignements qu’elle garde de lui. Ce sont souvent ces éléments qui survivent le mieux aux responsabilités officielles. Un mandat prend fin. Une fonction est transmise. Une institution poursuit sa route.

Mais une parole juste, un conseil donné au bon moment ou un encouragement accordé à une initiative peuvent continuer à influencer celui ou celle qui les a reçus. La mémoire d’un homme public se construit ainsi aussi dans l’intimité des relations humaines. Et c’est précisément ce que révèle le témoignage d’Imelda BADA.

Jean-Charles Ahomadégbé et le Festival International Zogben

Parmi les souvenirs qu’elle choisit de mettre en lumière figure le soutien apporté à l’initiative du Festival International Zogben. Pour Imelda BADA, cet intérêt avait une signification particulière. Le Festival Zogben porte une ambition culturelle : valoriser le patrimoine béninois, renforcer la transmission et contribuer au rayonnement du Bénin. L’attention portée par Jean-Charles Ahomadégbé à cette initiative témoigne, selon elle, d’une même volonté de faire de la culture un vecteur de rassemblement. Pour les diasporas, la culture constitue en effet bien davantage qu’un héritage. Elle est un lien. Elle permet aux générations de se retrouver. Elle offre aux enfants et aux jeunes une porte d’entrée vers l’histoire de leurs parents et de leurs grands-parents. Elle permet également au pays d’origine de faire entendre sa voix dans les sociétés d’accueil.

Ainsi, le soutien d’un ancien responsable de la diaspora à une initiative culturelle portée par une nouvelle génération d’acteurs prend la forme d’un passage de témoin. L’expérience reconnaît l’émergence.

De Paris à Bordeaux, une même histoire diasporique

Le décès du Dr Ahomadégbé à Paris et l’hommage qui lui est rendu depuis Bordeaux dessinent également une géographie particulière. Paris demeure historiquement un important centre de la diaspora béninoise en France. Mais la communauté s’est développée partout dans l’Hexagone. Bordeaux en constitue aujourd’hui un autre espace de mobilisation. C’est dans cette ville qu’Imelda BADA préside Partage Diaspora Béninoise, une association engagée dans la promotion du lien entre les Béninois de France et leur pays. C’est également depuis Bordeaux qu’elle exerce ses fonctions de vice-consul du Bénin. Son regard sur la disparition de Jean-Charles Ahomadégbé est donc celui d’une responsable qui évolue aujourd’hui dans une diaspora dont les contours ont considérablement changé.

Mais certains besoins demeurent les mêmes : être entendu, être représenté, être accompagné, transmettre, et contribuer au développement du Bénin.

Une génération salue celle qui l’a précédée

Il existe dans cet hommage quelque chose qui ressemble à un passage de relais. Jean-Charles Ahomadégbé appartenait à une génération qui a contribué à poser les premières pierres de la structuration de la diaspora béninoise en France. Imelda BADA appartient à une génération qui cherche désormais à prolonger cette dynamique avec de nouvelles initiatives, de nouveaux outils et de nouveaux projets. Le dialogue entre les deux générations apparaît ainsi comme l’un des aspects les plus précieux de cette histoire. La transmission ne se décrète pas. Elle naît souvent de relations humaines. D’une confiance. D’un échange. D’une reconnaissance mutuelle. Et parfois d’un simple encouragement.

Le véritable héritage ne se mesure pas aux titres

Au moment de rendre hommage à un ancien responsable, la tentation est grande d’énumérer les fonctions exercées. Mais un homme ne se résume jamais à ses titres. Le véritable héritage se trouve ailleurs. Dans les personnes qu’il a aidées. Dans les initiatives qu’il a encouragées. Dans les débats qu’il a contribué à faire avancer. Dans les valeurs qu’il a défendues. Dans les jeunes qu’il a inspirés. Dans les générations auxquelles il a transmis quelque chose. C’est précisément cette dimension qu’Imelda BADA entend retenir. Son hommage ne cherche pas à transformer Jean-Charles Ahomadégbé en personnage figé dans une image parfaite. Il cherche plutôt à rappeler ce que son parcours peut encore apporter à ceux qui poursuivent aujourd’hui l’œuvre collective.

Une disparition qui interroge l’avenir de la diaspora

La disparition d’une figure de cette génération pose aussi une question plus large : comment la diaspora béninoise va-t-elle organiser sa transmission ?

Les générations qui ont créé ou structuré les premières organisations de la communauté vieillissent. De nouvelles générations prennent progressivement leur place. Le défi est désormais de construire une continuité. Il ne s’agit pas de reproduire exactement les modèles du passé. Il s’agit d’en préserver l’esprit. Une diaspora forte est une diaspora capable de conjuguer mémoire et renouvellement.

Elle doit pouvoir écouter ses anciens sans se priver de l’énergie de sa jeunesse. Elle doit savoir reconnaître ceux qui ont ouvert les chemins tout en permettant à de nouvelles voix d’émerger. C’est peut-être l’une des leçons que la disparition de Jean-Charles Ahomadégbé laisse à ceux qui poursuivront son engagement.

« Ton combat continue. Ton héritage demeure. »

Dans son message, Imelda BADA adresse au disparu une phrase qui résume à elle seule la philosophie de son hommage : « Ton combat continue. Ton héritage demeure. » Ces mots ne sont pas seulement ceux d’une femme endeuillée. Ils sont ceux d’une responsable qui comprend que la meilleure manière d’honorer un devancier consiste à faire vivre les valeurs auxquelles il a consacré son énergie. Continuer à rassembler. Continuer à transmettre. Continuer à défendre les intérêts de la communauté. Continuer à faire du lien avec le Bénin une réalité vivante. Continuer, enfin, à croire que la diaspora peut être une force pour son pays.

Un dernier salut à un devancier

Le Dr Jean-Charles Ahomadégbé s’est éteint à Paris le 4 septembre 2026. Il laisse une épouse, une famille, des proches et des amis confrontés à la douleur de la perte. Il laisse également derrière lui une communauté qui se souviendra de son engagement. À travers son hommage, Imelda BADA, présidente de Partage Diaspora Béninoise et vice-consul du Bénin à Bordeaux, salue un homme dont elle dit avoir reçu le soutien, les conseils et les encouragements.

Elle adresse ses condoléances les plus attristées à sa famille ainsi qu’à tous ceux qui ont partagé son parcours. Mais elle adresse aussi un message à la diaspora tout entière. Celui de la mémoire. Celui de la transmission. Celui de la responsabilité. Car les générations passent, les fonctions changent et les institutions évoluent. Ce qui demeure, lorsque l’engagement a été sincère, c’est la trace. Et cette trace, désormais, appartient à ceux qui restent. Jean-Charles Ahomadégbé n’est plus.

Mais son parcours demeure inscrit dans l’histoire de la diaspora béninoise de France. Son œuvre continuera de vivre à travers celles et ceux qui, comme lui, considèrent que vivre hors du Bénin ne signifie nullement cesser de travailler pour lui. Son héritage est désormais entre les mains des générations qui viennent. Que la terre lui soit légère.

La Rédaction

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