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Signature d’accord : Le HCPC  et la CENTIF se donnent la main pour combattre  les crimes financiers

 Le Haut-Commissariat à la prévention de la corruption (HCPC) et la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF-Bénin) entendent renforcer leur collaboration dans la lutte contre la corruption et la criminalité financière. Les deux institutions ont officialisé leur partenariat à travers la signature d’une convention, le mercredi 28 octobre 2026, au siège du HCPC à Cotonou.

Cet accord vise à faciliter les échanges d’informations et l’assistance mutuelle entre les deux structures, notamment dans la prévention, la détection et le traitement des infractions économiques et financières.

Prenant la parole à cette occasion, le président de la CENTIF-Bénin, Abdou Rafiou Bello, a souligné l’importance de cette convention pour le dispositif national de lutte contre la criminalité financière. Il a rappelé que la cellule a pour mission de recueillir, de traiter et d’analyser les informations financières susceptibles de révéler des opérations liées au blanchiment de capitaux, au financement du terrorisme ou encore au financement de la prolifération des armes de destruction massive.

Au cœur de cette coopération figure la recherche de l’origine des ressources financières et l’identification des fonds issus d’activités illicites. L’analyse des flux financiers doit notamment permettre de détecter les liens éventuels entre certains mouvements de fonds et des infractions telles que la corruption. «La corruption est une infraction économique qui peut faciliter la commission de nombreuses autres infractions », a fait observer Abdou Rafiou Bello. Pour lui, le partage d’informations entre les deux institutions constitue un levier important pour repérer les opérations suspectes et mieux orienter les suites à leur donner.

Cette démarche s’inscrit également dans les recommandations du Groupe d’action financière (GAFI), qui encourage la coopération entre les cellules de renseignement financier et les institutions nationales compétentes.

De son côté, le Haut-Commissaire à la prévention de la corruption, Me Jacques Acheffon Migan, a mis l’accent sur la nécessité d’une meilleure coordination entre les structures engagées dans la lutte contre les réseaux criminels. Il a notamment relevé que le manque de communication entre les institutions peut compliquer le traitement des dossiers et limiter l’efficacité des interventions.

Pour remédier à ces difficultés, la convention prévoit un cadre sécurisé de partage d’informations, la conduite d’études conjointes, le renforcement des capacités des acteurs ainsi qu’un suivi régulier des engagements pris par les deux parties.

Me Jacques Acheffon Migan a toutefois insisté sur un point essentiel : l’efficacité de cet accord dépendra avant tout de sa mise en œuvre. La rapidité des échanges, la fiabilité des informations transmises, le respect de la confidentialité et la protection des personnes qui signalent de bonne foi des faits répréhensibles figurent parmi les conditions nécessaires à la réussite de cette collaboration.

À travers cette convention, la CENTIF-Bénin et le HCPC entendent ainsi améliorer la détection des infractions économiques et financières, tout en facilitant l’identification des avoirs provenant d’activités criminelles.

Pour la CENTIF-Bénin, la signature de cet accord ouvre une nouvelle étape qui nécessitera l’implication effective des différents acteurs concernés. Le HCPC y voit, pour sa part, un moyen de consolider l’intégrité publique, de promouvoir la transparence et de renforcer la reddition de comptes.

Christian TCHANOU

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