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Élections professionnelles de 2027 : La COSI-Bénin exige des garanties avant de choisir le mode de scrutin

À quelques mois des prochaines élections professionnelles nationales, prévues pour mars-avril 2027, la question du mode de scrutin divise les organisations syndicales au Bénin. Invité de l’émission « Grand Angle » de Cristal News, le dimanche 25 octobre 2026, le secrétaire général de la Confédération des organisations syndicales indépendantes du Bénin (COSI-Bénin), Codjo Hinlin, a défendu une position axée sur la fiabilité du vote. Favorable au scrutin électronique, la confédération demande toutefois une évaluation préalable du dispositif et des garanties suffisantes pour prévenir les dysfonctionnements.

La COSI-Bénin ne s’oppose pas au vote électronique. Son secrétaire général l’a clairement affirmé au cours de l’entretien avec Virgile Ahouansè. Pour Codjo Hinlin, le débat ne devrait pas se limiter au choix entre le vote électronique et le vote manuel, mais porter avant tout sur les conditions permettant de garantir la sincérité des résultats.

Cette position s’appuie notamment sur les expériences des précédentes élections professionnelles. Si le responsable syndical estime que le scrutin électronique de 2021 s’était déroulé de manière satisfaisante, il évoque des dysfonctionnements observés en 2023 lors des élections sectorielles dans certains ministères, notamment ceux chargés de l’éducation. Selon lui, des failles dans le dispositif auraient pu permettre à des personnes de voter à la place d’autres travailleurs.

Face à ces constats, la COSI-Bénin a demandé une évaluation des scrutins électroniques organisés en 2021, 2023 et 2024. L’objectif est de tirer les enseignements des difficultés rencontrées et de s’assurer que les mécanismes techniques prévus pour la prochaine échéance sont suffisamment sécurisés. Codjo Hinlin souhaite également que des spécialistes puissent examiner le dispositif afin de rassurer les organisations syndicales sur la fiabilité du décompte final.

Le vote manuel ne constitue pas davantage, à ses yeux, une garantie absolue contre les irrégularités. Le secrétaire général rappelle que les élections professionnelles de 2001 et de 2006, organisées selon ce mode, avaient donné lieu à des contestations. Il renvoie ainsi les partisans des deux options à une même exigence, celle de garantir un scrutin transparent et crédible.

L’évaluation annoncée n’a toutefois pas encore eu lieu. D’après Codjo Hinlin, les séances initialement envisagées les 9 et 20 octobre n’ont pu se tenir en raison de préalables administratifs non accomplis. Une nouvelle date n’avait pas encore été communiquée au moment de son intervention.

La représentativité syndicale également en débat

Au-delà du mode de scrutin, le responsable de la COSI-Bénin souhaite une relecture des textes qui encadrent les élections professionnelles nationales. Il juge notamment trop élevé le seuil de représentativité actuellement fixé à 20 %. La confédération propose de le ramener à 10 %, afin de permettre à davantage d’organisations de faire entendre la voix des travailleurs dans les instances de dialogue social.

Pour Codjo Hinlin, un tel ajustement favoriserait une représentation plus plurielle des préoccupations du monde du travail. Il estime que les organisations réunissant une part significative des travailleurs devraient pouvoir participer aux discussions, même lorsqu’elles n’atteignent pas le seuil actuellement requis.

À travers ces propositions, la COSI-Bénin entend faire de la prochaine échéance électorale un cadre de représentation syndicale plus inclusif. Pour son secrétaire général, l’enjeu ne réside pas uniquement dans le classement des organisations, mais dans leur capacité à défendre concrètement les intérêts des travailleurs et à contribuer à l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail.

Romain HESSOU

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