Président de l’Association de Presse Sportive du Bénin (APS-Bénin), Ambroise Zinsou a été reçu le mercredi 28 octobre 2026 sur chaîne de télévision nationale. Avec Blaise Adankpo, il a évoqué les premières actions de son bureau ainsi que sa vision pour le mandat 2026-2029. lisez plutôt.
L’Evénement Precis: Quelle est votre vision sur la mandature de l’APS-BENIN que vous présidez pour les trois prochaines années ?
Ambroise Zinsou: Je voudrais d’abord remercier tous les membres de l’APS-Bénin qui m’ont placé leur confiance de conduire la mandature 2026-2029. Vous savez, nous avions créé l’APS en 2023, donc ce n’était pas aisé qu’aujourd’hui nous puissions prendre le relais de cette manière-là. Et forcément, il y a eu des gens qui ont été jetés en pature. Je veux parler de ceux qui ont fait la première mandature, à qui je rends d’abord une fière chandelle.
Je remercie le Président, le Past-Président Akimey Housseini qui a quand même posé les bases de ce que nous sommes en train de faire. Autrement dit, c’est que nous avons juste à tisser la nouvelle corde au bout de l’ancienne en apportant notre touche particulière. Ceci étant, nous avions placé ce mandat sous le signe de l’action et du dialogue.
Action parce que nous avions déjà, après notre élection à l’unanimité, que dis-je, notre plébiscite, et je remercie tous les membres, mis en place les coordinations régionales, histoire d’insuffler une nouvelle dynamique à l’association. Ensuite, nous avons procédé au lancement de la mandature le jeudi dernier à travers la rentrée solennelle.
Justement, lors de cette rentrée solennelle, vous placez au centre de vos réflexions l’éthique, la responsabilité et le professionnalisme. Pourquoi vous mettez l’accent sur ces trois notions ?
Oui, nous mettons l’accent sur ces trois notions parce que nous vivons aujourd’hui avec le numérique. Tout à l’heure, mon confrère parlait de l’IA où les gens ne sont pas prêts à dire avec transparence ce qu’ils sont en train de faire dans leur contenu. Nous, nous avions estimé qu’un journaliste bien formé, un journaliste qui prend ses responsabilités, est d’abord un journaliste qu’il faut respecter. Dans notre écosystème sportif, il ne suffit pas de rester derrière un smartphone et donner une information et faire un mauvais transfert alors que le joueur n’a même pas encore été contacté par un club. Nous nous sommes dits, il faut mettre le journaliste face à ses responsabilités à l’aide du numérique. Et à l’aide du numérique, le mettre face à ses responsabilités, il doit avoir de l’éthique dans ce qu’il fait.
Parce que notre métier nous exige d’abord l’éthique. L’éthique que le métier exige est d’ailleurs plus forte que ce que nous-mêmes nous avions appris. Nous ne sommes que des serviteurs du métier.
Et la responsabilité, où se situe la responsabilité du journaliste ? Est-ce que le journaliste, lui, il est là à aller au stade pour se transformer en supporter ? Non, il est là pour jouer un rôle spécial, un rôle pointu, un rôle ponctuel. Donc ceci étant, on le met aussi face à ses responsabilités. Maintenant, comment faire le travail ? Il faut faire le travail avec professionnalisme. Et lorsque nous appelons au professionnalisme, nous appelons aux exigences déontologiques. Nous appelons aux exigences de la pratique du métier, ce à quoi ça retourne. Mais ici chez nous, nous nous parlons un peu de la spécialisation.
Puisque nous, nous sommes allés déjà au niveau du sport. Et lorsqu’on parle du sport, nous sommes des spécialistes du sport, mais pas spécialistes des disciplines sportives. Et il faut aussi nous spécialiser dans ces disciplines-là.
Donc tout mis ensemble, nous nous sommes dit, pour lancer notre mandature, il faut que nous puissions sensibiliser les confrères, nous puissions nous-mêmes nous sensibiliser, nous mettre face à notre responsabilité pour prendre notre part active dans l’évolution du sport au Bénin.
Pour motiver peut-être tout un chacun, il y a eu cette remise symbolique de cartes de membres. Alors, un journaliste sportif qui a cette carte, pensez–vous que ça peut impacter son engagement et peut-être la cohésion au sein de l’affectif ?
Forcément, en tant que membre. Cette carte de membre va quand même donner quelques avantages à ces journalistes-là. Parce que dans notre processus de vie associative, nous sommes en train de nouer des partenariats, nous sommes en train de toucher à des gens, pour que cette carte, telle que le titulaire la présente, lui donne quand même certains avantages.
Avec la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC), vous entendez mettre en place une collaboration afin d’assainir davantage le milieu. Quel problème cherchez-vous à résoudre ?
Vous savez, c’est la HAAC qui détermine le statut de journaliste. Donc, n’importe qui ne peut pas se lever et dire qu’il est journaliste. Mais aujourd’hui, n’importe qui peut se lever et dire qu’il est journaliste sportif. Vous m’excusez, je ne veux pas sigmatiser, mais déjà avec un smartphone, une page Facebook, on peut se découvrir tous les talents de journaliste. Alors que chez nous, c’est la HAAC qui donne le statut du journaliste. Et dès que le journaliste a sa carte de presse, ça veut dire qu’il est reconnu par la HAAC, il est reconnu professionnel des médias.
Il peut être cadreur, il peut être photographe, il peut être journaliste, il peut être réalisateur, producteur, tous les corps de métier. Nous, nous voulons régler ce problème-là, pour savoir, dans notre écosystème, qui sont réellement ceux qui sont professionnels des médias. Et à ces professionnels des médias, nous nous associons maintenant pour l’épanouissement au sein de APS-Bénin.
Vous avez parlé tout à l’heure de l’éthique, de la responsabilité que le journaliste sportif doit avoir. Mais il ne faut pas se mentir, on est en 2026, donc la rapidité, il faut aller vite. Il y a les créateurs de contenu qui font la concurrence. Comment est-ce que le journaliste sportif peut faire, justement, pour concilier en même temps cette spontanéité, cette rapidité, mais tout en restant responsable et professionnel dans son travail ?
Merci beaucoup. Et vous aviez dit ici tout à l’heure que vous vous vérifiez. Il y a aujourd’hui ce que nous appelons le fact-checking que nous faisons. Nous ne pouvons pas rester entre nos quatre murs et dire que l’information reçue est vraie; la copier et la balancer pour avoir juste des likes. Non, le numérique aujourd’hui n’est pas notre ennemi. Le numérique constitue pour nous une opportunité formidable que nous devons saisir. Aujourd’hui, qu’est-ce qu’on peut faire sans le numérique ? Rien. Donc, ça veut dire que, dès qu’on a l’information, nous avons des voies, nous avons des moyens, des outils pour la vérifier.
Aujourd’hui, si c’est un aspect qui touche un joueur, un transfert qui touche un joueur béninois, qui quitte peut-être un club du Bénin pour un autre club en Europe, peut-être on peut avoir le contact. Nous, nous avons notre database, nous avons les sources…
Mais parfois, vous savez que le processus de vérification est parfois lent….
Non, le processus aujourd’hui n’est pas totalement lent. Mais il vaut mieux donner une information fiable que de courir derrière les scoops et autres là pour tomber.
Pour finir, dites-nous ce que vous attendez à la fin de votre mandat ?
À la fin du mandat, nous attendons de savoir que les journalistes sont aguerris en termes d’éthique, de responsabilité et de professionnalisme. Nous devions quand même donner plus de visibilité au sport béninois puisque, le gouvernement béninois a souffert et a mis beaucoup de moyens ces dix dernières années en matière de sport. Donc, il faut accompagner, il faut qu’il y ait de la visibilité autour de ce qui se fait. C’est vrai, on a eu 22 stades qui sont sortis comme des champions de terre. Ça ne suffit pas. Nous avons besoin encore des salles pour les sports de main. Nous devons donner plus de visibilité.
Transcription Anselme HOUENOUKPO