La CCI Bénin a organisé à Cotonou, le vendredi 20 février 2026, une séance de sensibilisation cruciale sur les Modes Alternatifs de Règlement des Litiges (MARL). À travers l’expertise du CAMeC-Bénin, l’institution consulaire a outillé les chefs d’entreprises naissantes pour transformer les conflits commerciaux en opportunités de dialogue, garantissant ainsi la pérennité de leurs partenariats.

Pour une jeune entreprise, un litige mal géré devant les tribunaux classiques peut s’apparenter à une condamnation à mort économique. Entre la lenteur des procédures et la rupture souvent brutale des relations d’affaires, le risque est immense. C’est pour offrir un bouclier juridique à ces nouveaux acteurs du secteur privé que la CCI Bénin a ouvert ses portes, le vendredi 20 février 2026, à une session de sensibilisation animée par les experts du Centre d’Arbitrage, de Médiation et de Conciliation (CAMeC-Bénin).
Une institution au service de l’autonomie juridique
Sidonie Houndonouogbo, Secrétaire permanente du CAMeC-Bénin, a introduit la séance en rappelant l’ADN de cet organe. Bien que placé sous le contrôle du Bureau consulaire de la CCI Bénin, le Centre opère avec une indépendance totale. « Le CAMeC-Bénin jouit d’une autonomie et d’une indépendance dans la gestion des procédures d’arbitrage et de médiation », a-t-elle insisté. Elle a décrit une organisation rigoureuse, où une cellule administrative et un comité technique veillent à la qualité des sentences sans jamais s’immiscer sur le fond des dossiers. Cette structure garantit aux entrepreneurs que leurs différends seront tranchés par des arbitres et médiateurs agréés, dont la liste est rigoureusement actualisée tous les deux ans pour maintenir un haut niveau de compétence et d’impartialité.
Médiation et arbitrage : l’efficacité en 45 jours
Le volet technique, exposé par Claire Amouzoun, Conseillère juridique du CAMeC-Bénin, a permis de lever le voile sur les mécanismes de la médiation et de l’arbitrage. Contrairement au système judiciaire traditionnel, souvent perçu comme opaque et intimidant, les MARL se distinguent par leur flexibilité.
« La médiation permet de gagner des clients, et non des procès », a souligné Claire Amouzoun. Elle a précisé que ce processus amiable ne peut excéder 45 jours, un délai record qui permet de maintenir la dynamique commerciale. L’arbitrage, quant à lui, offre une décision contraignante (la sentence) qui possède l’autorité de la chose jugée dès sa signature. Les avantages sont multiples : confidentialité absolue, liberté d’expression renforcée lors des entretiens individuels et, surtout, un coût maîtrisé grâce à un barème transparent assorti de mesures d’exonération.
Contractualiser pour mieux régner
L’un des moments forts de la rencontre a été l’explication de la « clause compromissoire ». Pour bénéficier de ces services, la volonté des parties est la seule condition. Les expertes ont vivement recommandé aux chefs d’entreprises d’insérer, dès la signature de leurs contrats, une clause renvoyant systématiquement au CAMeC en cas de différend. Cette précaution permet d’éviter l’engrenage des tribunaux et de s’assurer une exécution forcée des accords via l’exequatur.
La séance s’est également étendue aux actions de la CCI Bénin en faveur de la Formation par Alternance (FA), illustrant la volonté de l’institution de bâtir un écosystème où la compétence technique et la sécurité juridique marchent main dans la main. Les participants, visiblement rassurés par ces outils de proximité, ont plaidé pour une vulgarisation accrue de ces mécanismes afin que plus aucun entrepreneur ne se sente démuni face à l’adversité juridique.
En quittant la salle, les chefs d’entreprise n’ont pas seulement emporté des notions de droit, mais une nouvelle vision du conflit : celui d’une simple étape négociable plutôt que d’une fin de non-recevoir. Car au CAMeC, on ne tranche pas seulement des litiges, on recoud des partenariats.
Augustin HESSOU

