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BIIC : Un résultat net en hausse de 24,7% conforte son rang de première banque du Bénin en 2025

Au terme de son premier exercice présenté en normes IFRS, la Banque Internationale pour l’Industrie et le Commerce (BIIC) affiche un résultat net de 36,2 milliards FCFA, porté par une intermédiation en forte accélération. Une performance qui s’inscrit dans un secteur bancaire BRVM lui-même en année record, mais où BIIC ne figure encore qu’au milieu du classement régional par la taille de bilan.

C’est un exercice à marquer d’une pierre blanche pour la première banque du Bénin par les volumes. BIIC clôture 2025 avec un résultat net de 36,2 milliards FCFA, contre 29,0 milliards FCFA en 2024 retraité, soit une progression de 24,7%. Cette performance s’accompagne d’un produit net bancaire (PNB) de 52,8 milliards FCFA, en hausse de 16,5%, et d’un total de bilan qui franchit pour la première fois le seuil des 1 800 milliards FCFA, à 1 844,6 milliards FCFA (+21,6%).

L’exercice revêt une dimension particulière : il s’agit des premiers comptes de la banque établis selon le référentiel IFRS, avec des comparatifs 2024 retraités et une situation d’ouverture au 1er janvier 2024. Ce changement de référentiel comptable, qui répond aux exigences accrues de transparence attendues d’un émetteur coté à la BRVM, s’est traduit par un impact négatif de 10,4 milliards FCFA sur les capitaux propres d’ouverture, un ajustement technique, lié pour l’essentiel (10,2 milliards FCFA) au provisionnement des pertes de crédit attendues selon la norme IFRS 9, et non une contre-performance opérationnelle.

Une intermédiation qui s’accélère plus vite que la collecte

Le fait marquant de l’exercice reste la dynamique de financement de l’économie. Les crédits nets à la clientèle bondissent de 37,3%, à 1 151,5 milliards FCFA, contre 838,7 milliards FCFA un an plus tôt. Les dépôts clientèle progressent eux aussi sensiblement, de 29,4%, pour s’établir à 1 181,0 milliards FCFA. Le ratio crédits nets sur dépôts grimpe ainsi à 97,5%, contre 91,9% en 2024 retraité, signe d’une transformation bilancielle plus soutenue qui appelle, selon le rapport, un pilotage actif-passif renforcé en 2026.

Sur le plan de la rentabilité opérationnelle, le coefficient d’exploitation s’améliore, passant de 31,8% à 31,1%, traduisant une meilleure absorption des charges par la croissance de l’activité. Le rendement des fonds propres (ROE) ressort à 26,8%, contre 25,4% en 2024 retraité, tandis que le rendement de l’actif (ROA) progresse légèrement à 2,0%. Côté risque de crédit, le coût du risque s’est révélé positif à hauteur de 5,1 milliards FCFA, un effet attribué à la normalisation du dispositif IFRS 9 et au recalibrage des paramètres de probabilité de défaut, plutôt qu’à un relâchement de la vigilance sur le portefeuille.

Une assise de capital confortable, une liquidité à surveiller

La solidité financière de la banque reste un point fort : le ratio de solvabilité total s’établit à 19,64%, très largement au-dessus du minimum réglementaire BCEAO fixé à 11,50%, soit une marge de 8,14 points. Les réserves de liquidité progressent en valeur absolue, de 114,8 à 131,4 milliards FCFA. Le ratio d’actifs liquides nets sur ressources courtes recule néanmoins de 12,35% à 11,03%, la croissance des ressources courtes à couvrir progressant plus vite que celle du coussin de liquidité, un point de vigilance identifié par la banque elle-même pour l’exercice 2026.

BIIC dans un secteur bancaire BRVM en année faste

Ces résultats s’inscrivent dans un contexte régional porteur. Le secteur bancaire coté à la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) a en effet signé en 2025 l’un de ses exercices les plus solides des dernières années, avec un profit cumulé dépassant 840 milliards FCFA pour les banques cotées, porté notamment par la résilience des grandes banques ivoiriennes, une collecte de dépôts en forte progression et une amélioration marquée des marges. Plus largement, la capitalisation globale de la BRVM a atteint un record historique en 2025, à plus de 12 071 milliards FCFA, une dynamique également alimentée par l’introduction en bourse de la Loterie Nationale du Bénin et de BIIC elle-même.

Dans ce paysage, le rapport d’activités de BIIC la positionne au 6ᵉ rang sur 10 banques du panel BRVM retenu en termes de total de bilan, avec 1 844,6 milliards FCFA, juste derrière la Société Ivoirienne de Banque, et devant les franchises Bank of Africa de Côte d’Ivoire, du Bénin, du Sénégal et du Niger. Sur le seul critère des crédits à la clientèle, en revanche, BIIC se classe 5ᵉ du panel, avec une enveloppe supérieure à celle d’Ecobank Côte d’Ivoire, illustration d’une activité de crédit proportionnellement plus développée que ne le suggère son rang en taille de bilan.

À l’échelle du seul marché béninois, la banque revendique en revanche un leadership nettement plus affirmé : première position sur le total bilan, les dépôts, les crédits, les titres et les fonds propres, avec une part de marché crédits de 31,6% et une part de marché dépôts de 25,6% à fin décembre 2025.

Une trajectoire à consolider sous contrainte de discipline financière

Pour 2026, BIIC affiche une feuille de route articulée autour de six priorités : financement stratégique sélectif, renforcement du pilotage actif-passif, industrialisation du dispositif IFRS 9, allocation de capital ajustée au risque, surveillance de la couverture du risque de crédit et maintien de la discipline opérationnelle. Un calendrier trimestriel de pilotage, cadrage budget-risque, revue de portefeuille, test de résistance sur la liquidité et préparation de clôture — vient structurer cette feuille de route.

L’exercice 2025 confirme ainsi la place de BIIC comme premier établissement bancaire du Bénin, dans un secteur national et régional globalement bien orienté. La banque devra toutefois confirmer, en 2026, sa capacité à concilier la poursuite d’une croissance rapide du crédit avec le maintien de ses marges de liquidité et de solvabilité, l’équilibre que son propre rapport identifie comme l’enjeu central de l’exercice à venir.

Olivier ALLOCHEME

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