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Billets froissés et pièces lisses : Ce que prévoit la nouvelle loi votée par l’Assemblée nationale

  • « Un franc reste un franc, quel que soit son état », martèle Gérard Gbénonchi

Le refus des billets froissés ou des pièces de monnaie lisses pourrait bientôt appartenir au passé au Bénin. Invité du journal de 20 heures de Bénin TV, le vendredi 29 mai 2026, le député Gérard Gbénonchi, président de la commission des Finances à l’Assemblée nationale, a apporté des clarifications sur la nouvelle loi adoptée le 22 mai dernier, destinée à sanctionner le refus de monnaie ayant cours légal.

Selon l’élu, le texte voté par le Parlement béninois s’inscrit dans le cadre d’une harmonisation communautaire. Il s’agit, a-t-il expliqué, de la transposition dans l’arsenal juridique national d’une loi uniforme adoptée au niveau communautaire. « Cette fois-ci, c’est une loi communautaire que le Bénin a appelée à intégrer dans son arsenal juridique interne », a précisé Gérard Gbénonchi, soulignant que cette disposition vise à renforcer les mécanismes existants contre certaines pratiques devenues courantes dans les échanges commerciaux.

Au cœur de cette réforme figure une volonté affichée de mettre fin au rejet fréquent des billets froissés ou des pièces devenues lisses à l’usage. Une situation qui, selon le président de la commission des Finances, favorise parfois des abus, notamment des pratiques de commission illégale sur l’échange de monnaie. « Certains prennent même des commissions contre échange de monnaie », a-t-il dénoncé, indiquant que de tels comportements constituent désormais des infractions passibles de sanctions.

Pour Gérard Gbénonchi, la monnaie reste avant tout un symbole de souveraineté et un instrument fondé sur la confiance collective. « Un franc, c’est un franc, 100 francs, c’est 100 francs, 1 000 francs, c’est 1 000 francs, quel que soit son état », a-t-il martelé. L’élu estime que le refus d’accepter des pièces ou billets altérés perturbe la circulation monétaire et peut affecter la crédibilité de la monnaie ainsi que l’équilibre économique général.

Des mécanismes de remplacement déjà disponibles

Le député a rappelé que les populations disposent déjà de mécanismes officiels pour échanger les billets détériorés ou les pièces usées. Les banques commerciales, tout comme la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), sont habilitées à recevoir et remplacer ces monnaies. Ainsi, même lorsqu’un billet est fortement endommagé, des solutions existent sans qu’il soit nécessaire de le rejeter dans les transactions courantes.

Interrogé sur la disposition de la BCEAO permettant de refuser un billet détruit à plus de 50 %, Gérard Gbénonchi a rassuré qu’il n’existe aucune contradiction entre cette règle et la nouvelle loi votée. « La loi votée ne va pas en contradiction de cette disposition de la BCEAO », a-t-il affirmé, précisant qu’elle demeure complémentaire au dispositif déjà en vigueur.

Si des sanctions sont prévues contre les contrevenants, le parlementaire a insisté sur la nécessité d’une phase préalable de sensibilisation afin de permettre aux populations de s’approprier les nouvelles exigences.

Il a expliqué que les sanctions ne seront pas appliquées de manière arbitraire ou immédiate. En cas de refus d’un billet ou d’une pièce ayant cours légal, le citoyen concerné pourra saisir les autorités compétentes, notamment les commissariats, afin qu’une procédure soit engagée. « Il y a une phase d’explication, de sensibilisation pour que nous puissions intégrer dans nos habitudes cet état de choses », a-t-il souligné.

Toutefois, Gérard Gbénonchi invite déjà commerçants, conducteurs de taxi-moto et autres acteurs économiques à changer leurs habitudes pour éviter de tomber sous le coup de la loi une fois celle-ci promulguée.

Romain HESSOU

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