Le Bulletin mensuel des statistiques de la BCEAO (édition de juin 2026) permet désormais de préciser avec exactitude la position du Bénin dans le classement 2025 du climat des affaires de l’UEMOA. Selon ce document, le Bénin affiche un score annuel moyen de 100,6 points en 2025, le plaçant au 5ᵉ rang de l’Union, derrière la Côte d’Ivoire (102,0), le Sénégal (101,8), le Togo (101,2) et le Niger (100,9), mais devant le Burkina (99,8), la Guinée-Bissau (99,2) et le Mali (98,7). La moyenne de l’ensemble de l’Union s’est établie à 101,1 points en 2025, un niveau identique à celui de 2024.

Le bulletin met en évidence un recul progressif et continu de l’indicateur béninois : 101,3 points en 2023, puis 101,1 en 2024, puis 100,6 en 2025. Cette érosion se prolonge sur les données mensuelles les plus récentes. L’indicateur, qui s’élevait encore à 100,2 points en juin 2025, est retombé à 100,0 en avril 2026, puis à 99,9 en mai 2026, un niveau qui, pour la première fois sur la période observée, passe sous la valeur de référence de 100 points (la moyenne de long terme définissant la frontière entre confiance et défiance des chefs d’entreprise). Une légère remontée à 100,1 point est toutefois enregistrée en juin 2026, dans une estimation encore provisoire. Cette trajectoire confirme et affine les données déjà signalées par le bulletin mensuel de décembre 2025, qui faisait état de la plus forte baisse annuelle de tout l’espace UEMOA pour le Bénin (-1,9 point).
Une inflation devenue négative
Le même bulletin fait apparaître un autre signal notable : l’inflation au Bénin, mesurée en glissement annuel, est passée en territoire négatif ces derniers mois, de -0,4 % en mars 2026 à -0,6 % en avril et mai, avant de remonter légèrement à -0,4 % en juin 2026. Ce recul des prix, après une inflation de 1,1 % en moyenne annuelle en 2025, s’inscrit dans un mouvement plus large de désinflation régionale, l’UEMOA affichant elle-même une inflation quasi nulle sur la période récente.
Un contraste à nuancer avec le classement B-Ready
Ce repli progressif de la confiance des chefs d’entreprise, mesurée par la BCEAO, contraste avec la performance relativement favorable du Bénin dans le rapport Business Ready 2025 (B-Ready) de la Banque mondiale, publié fin décembre 2025, où le pays occupait le 5ᵉ rang africain avec un score de 60,21 points sur 100, sa première participation à cet indice. Les deux indicateurs ne mesurent cependant pas la même chose : le B-Ready évalue le cadre réglementaire et les services publics sur une base structurelle, tandis que l’indicateur BCEAO capte la perception conjoncturelle et mensuelle des chefs d’entreprise, plus sensible aux évolutions de court terme.
Pour inverser cette tendance conjoncturelle, le secteur privé et les partenaires se mobilisent activement. En juillet 2025, le Groupe de travail Fiscalité du secteur privé a soumis au gouvernement onze mesures phares destinées à corriger les injustices fiscales et à doper la compétitivité locale. En parallèle, Eurocham Bénin a publié son Livre Blanc 2025 afin de guider les investisseurs internationaux. À cette occasion, Stéphane Mund, Ambassadeur de l’Union européenne au Bénin, a réaffirmé que le secteur privé est le moteur indispensable de la transformation économique du pays. Confiant dans ces bases réglementaires assainies, Eric Akouté, le directeur général de l’APIEx, a lancé un signal fort aux marchés mondiaux en déclarant que le Bénin est prêt à accueillir de nouveaux projets.
Olivier ALLOCHEME

