
Le Bénin prend une nouvelle responsabilité au sein de l’Union africaine. Selon les informations relayées par le média Nasuba Infos, depuis le 1er septembre 2026, Cotonou assure la présidence du Conseil de paix et de sécurité (CPS), l’organe chargé des questions de paix et de sécurité sur le continent. Le Bénin succède ainsi à l’Algérie, qui en a assuré la direction au cours du mois d’août, conformément au principe de rotation entre les membres du Conseil.
Cette présidence intervient quelques mois après le retour du Bénin au sein du CPS. Élu le 11 février 2026 à Addis-Abeba, le pays a intégré l’instance le 1er avril dernier pour un mandat de trois ans, qui court jusqu’en 2028. Pour rappel, le Bénin avait déjà siégé au Conseil entre 2020 et 2022.
Cinq sessions au programme
Durant ce mois de présidence, la délégation béninoise devra conduire un programme provisoire articulé autour de cinq sessions substantielles. La situation en République centrafricaine a constitué le premier dossier inscrit à l’agenda, avec une réunion tenue le 1er septembre. D’autres questions touchant directement aux enjeux sécuritaires du continent sont également prévues. Selon le médié Nasuba Infos, ce 2 septembre, les membres du CPS doivent notamment examiner la question de la protection des enfants dans les conflits armés. Le changement climatique et ses conséquences sur la paix et la sécurité feront, quant à eux, l’objet d’une session le 18 septembre.
Un autre rendez-vous majeur est prévu le 23 septembre à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Cette réunion au niveau des chefs d’État sera consacrée au bon voisinage et à la lutte contre le terrorisme.
La présidence béninoise sera également marquée par plusieurs activités thématiques. Les 9 et 10 septembre, Cotonou accueillera un séminaire ministériel consacré aux femmes, à la paix et à la sécurité. Le calendrier prévoit par ailleurs les activités liées au Mois de l’amnistie africaine, qui se tiendront à Alger les 14 et 15 septembre. La Journée internationale de la paix sera célébrée le 21 septembre. Le Comité des experts du CPS doit également tenir deux réunions destinées à préparer les différentes échéances inscrites au programme de la présidence béninoise.
Plusieurs crises africaines en toile de fond
La rencontre de haut niveau prévue le 23 septembre à New York devrait constituer l’un des principaux temps forts de cette présidence. Le président burundais Évariste Ndayishimiye, président de l’Assemblée de l’Union africaine, est notamment annoncé aux côtés d’autres dirigeants du continent.
Les discussions devraient notamment s’intéresser aux tensions entre États et aux différents facteurs d’instabilité en Afrique. La situation dans l’est de la République démocratique du Congo, les relations entre Kinshasa et Kigali, les questions de gouvernance ainsi que les économies illicites liées au trafic d’armes figurent parmi les sujets susceptibles d’être examinés.
Créé en 2002 pour remplacer l’ancien Organe central de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), le Conseil de paix et de sécurité est composé de quinze membres. Cinq sont élus pour un mandat de trois ans et dix pour deux ans, ce qui permet d’assurer une rotation régulière tout en préservant la continuité de l’instance.
Pour le Bénin, la présidence mensuelle du CPS représente ainsi une responsabilité diplomatique importante. Elle offre à Cotonou l’occasion de conduire les discussions de l’instance sur plusieurs dossiers sécuritaires majeurs, tout en consolidant sa présence au sein du Conseil jusqu’à la fin de son mandat en 2028.
Augustin HESSOU

