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Jean-Baptiste Elias préside le comité de pilotage

Création d’un Sénat : Jean-Baptiste Elias appelle à la cohérence institutionnelle

Jean-Baptiste Elias

Le président du Front des Organisations Nationales contre la Corruption (FONAC), Jean-Baptiste Elias, a pris part le samedi 22 novembre à la 24e édition du symposium annuel de l’Institut des Artisans de Justice et de Paix (IAJP). Les échanges étaient placés sous le thème : « Élections pacifiques, alternance politique et cohésion sociale, gages de l’unité nationale ».

L’Institut des Artisans de Justice et de Paix (IAJP) a tenu le samedi 22 novembre  la 24ème  édition du symposium annuel  sur le thème :  « Élections pacifiques, alternance politique et cohésion sociale, gages de l’unité nationale ». Au cours des travaux, le président du FONAC Jean-Baptiste Elias est longuement revenu sur un sujet qui alimente l’actualité politique béninoise, la création annoncée d’un Sénat. Tout en reconnaissant la souveraineté du Bénin dans ses choix institutionnels, Jean-Baptiste Elias a insisté sur la nécessité d’une adéquation entre l’intitulé d’un organe et les missions qui lui sont confiées. « Le Bénin, pays souverain, peut choisir les organes qu’il veut. Mais donnons à chaque organe le nom qui correspond réellement à sa mission », a-t-il insisté. Pour étayer son argumentaire, Jean-Baptiste Elias a indiqué avoir examiné l’organisation institutionnelle de 188 pays. Selon ses données, 107 d’entre eux fonctionnent sans Sénat. Fidèle à sa rigueur habituelle, il a invité le public à vérifier ces chiffres, rappelant qu’il ne fait « jamais d’affirmation sans preuve ». S’appuyant sur les classements de Transparency International, il a également établi un lien entre gouvernance, lutte contre la corruption et structures institutionnelles. Il a notamment cité le Cap-Vert, pays le moins corrompu d’Afrique de l’Ouest selon l’indice de perception de la corruption, qui ne dispose pas de Sénat. Dans la même dynamique, il a évoqué les Seychelles, l’île Maurice et le Botswana, tous mieux classés que le Bénin en matière de lutte contre la corruption, et qui fonctionnent également sans chambre haute. Pour le cas spécifique du Botswana, il a rappelé l’existence d’un Conseil des chefs, adapté au contexte sociopolitique local.

Diversité des modèles africains : Le président du FONAC a élargi sa réflexion à l’Afrique du Nord, citant le Maroc et la Tunisie, pour illustrer la diversité des choix institutionnels sur le continent. À travers ces exemples, il a invité les décideurs béninois à s’interroger sur la pertinence d’adopter le terme « Sénat », un concept hérité d’une tradition institutionnelle bien spécifique. « Si nous créons un organe, donnons-lui le nom qui correspond à ce que nous voulons en faire, au lieu de reprendre un concept qui a déjà une définition précise ailleurs », a-t-il martelé.

Parrainage et transparence électorale

Profitant de son intervention, Jean-Baptiste Elias est également revenu sur le système de parrainage en vigueur au Bénin, qu’il qualifie de fortement restrictif. Il a dénoncé le seuil de 15 % de parrains exigé aux candidats à la présidentielle, estimant qu’il limite mécaniquement le nombre de candidats possibles et instaure une forme d’exclusion. Dans le même registre, il a insisté sur la transparence des élections, appelant à la publication des résultats poste de vote par poste de vote, conformément, selon lui, aux recommandations de la CEDEAO et à l’esprit du Code électoral béninois. « C’est à ce prix que la confiance et la paix peuvent être garanties », a-t-il souligné.

Le président du FONAC, Jean-Baptiste Elias a annoncé la publication prochaine d’une déclaration officielle de son organisation sur l’actualité nationale, laissant entrevoir la poursuite du débat autour de la nouvelle architecture institutionnelle du pays.

Romain HESSOU

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