Invité du journal télévisé de Bénin TV le dimanche 19 avril, le macroéconomiste Dr Gérard Sokégbé a salué la révision à la hausse des perspectives économiques du Bénin par le Fonds monétaire international (FMI). Une performance qui, selon lui, repose sur des fondamentaux solides et une dynamique de transformation structurelle.

Le Bénin confirme son positionnement parmi les économies les plus dynamiques du continent. Le FMI a récemment relevé ses prévisions de croissance à 7 % pour 2026, contre 6,7 % initialement annoncés. Une évolution jugée « encourageante » par le macroéconomiste Dr Gérard Sokégbé, invité de Bénin TV. « Oui, il faut s’en réjouir. C’est une bonne nouvelle », affirme-t-il d’entrée, soulignant que cette révision s’inscrit dans un contexte international marqué par des incertitudes économiques.
Au-delà de cette révision, l’institution financière internationale classe désormais le Bénin parmi les pays affichant les taux de croissance les plus élevés au monde, avec des performances durablement au-dessus de 6 %. Pour l’expert, cette progression s’explique principalement par l’amélioration du climat des affaires, la robustesse de la croissance et la crédibilité des politiques publiques, dans un environnement régional dont les résultats macroéconomiques se révèlent globalement meilleurs que prévu.
Selon Dr Gérard Sokégbé, la digitalisation des services administratifs constitue un levier majeur. « Il n’y a plus de tracasseries pour créer une entreprise, payer ses impôts ou accomplir des formalités », explique-t-il. Cette modernisation, qui s’appuie sur des solutions numériques pour réduire les lourdeurs administratives, contribue à améliorer significativement le climat des affaires et à renforcer l’attractivité du pays auprès des investisseurs.
À cela s’ajoute une performance économique soutenue. Le Bénin a enregistré un taux de croissance de 7,5 % en 2024 et en 2025, dépassant même les projections initiales du FMI. « Cela signifie que les facteurs de risque ont été maîtrisés », analyse le macroéconomiste. Une dynamique que l’institution de Bretton Woods attribue également à la mise en œuvre de politiques économiques jugées judicieuses et adaptées.
Des retombées attendues pour les populations
Au-delà des chiffres, l’enjeu reste l’impact sur le quotidien des citoyens. Pour Dr Sokégbé, la croissance se traduit concrètement par une augmentation de la production, génératrice d’emplois et de revenus. « Lorsqu’il y a production, il y a création d’emplois. Et quand il y a emploi, il y a redistribution de revenus », explique-t-il. Cette dynamique permet également à l’État d’accroître ses recettes fiscales et, par conséquent, d’améliorer l’offre de services publics. Ces 7 % de croissance, insiste l’économiste, ne relèvent pas d’une simple abstraction statistique. Ils traduisent une accélération réelle de la production de valeur sur le territoire national, portée par plusieurs secteurs structurants.
Porté par ces performances, le Bénin change progressivement de statut. « Nous sommes passés de pays pauvre à pays à revenu intermédiaire », souligne Dr Gérard Sokégbé. Une évolution qui renforce la crédibilité du pays auprès des partenaires techniques et financiers. Le macroéconomiste met en avant « la signature du Bénin », caractérisée par le respect des engagements financiers, la solvabilité et une gouvernance jugée rassurante. « Le pays inspire confiance », insiste-t-il, évoquant également les évaluations positives des agences de notation.
La dynamique actuelle repose en partie sur la diversification de l’économie. La montée en puissance de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) illustre cette orientation vers la transformation locale des matières premières. « Le Bénin ne se contente plus d’exporter des produits bruts. Il crée de la valeur ajoutée », relève l’économiste. Une évolution qui contribue directement à la croissance.
Cette transformation industrielle s’inscrit dans un ensemble plus large de moteurs économiques. Le dynamisme du secteur des services, soutenu notamment par le rôle stratégique du Port autonome de Cotonou, continue de jouer un rôle central, grâce à une modernisation logistique qui attire les flux commerciaux régionaux. Parallèlement, les investissements dans les infrastructures comme les routes, l’énergie et l’eau, stimulent le secteur du BTP et agissent comme un véritable multiplicateur de croissance économique.
Toutefois, des défis subsistent. La gestion rigoureuse de la dette, stabilisée autour de 54 % du PIB en deçà du seuil communautaire fixé à 70%, et la poursuite des réformes. « Plus de recettes, moins de dettes », résume-t-il, appelant à renforcer la digitalisation, la maîtrise des dépenses publiques et l’efficacité des investissements.
Pour maintenir le cap, le macroéconomiste Dr Gérard Sokégbé insiste sur la nécessité de poursuivre les réformes structurelles pour accélérer la croissance et offrir des services publics à impact sur le mieux-être des populations et la mobilisation des ressources internes. La rationalisation des dépenses publiques apparaît également comme un levier clé pour contenir le déficit.
HESSOU Romain

