
Les institutrices et instituteurs de la promotion 1986-1987 des Écoles normales d’instituteurs (ENI), réunis au sein de l’Amicale « Les Retrouvailles », ont célébré, le samedi 31 octobre 2026 à Porto-Novo, le dixième anniversaire de leur retraite. Entre retrouvailles, souvenirs, reconnaissance et perspectives, ces anciens acteurs du système éducatif béninois ont renouvelé leur engagement à faire vivre les liens d’amitié, de solidarité et de fraternité tissés au fil des années.Anselme…Trente années au service de l’éducation nationale, puis dix années loin des salles de classe, sans pour autant rompre avec les liens forgés dans l’exercice du métier. C’est autour de cette histoire commune que les membres de l’Amicale « Les Retrouvailles » se sont retrouvés à Porto-Novo pour marquer le dixième anniversaire de leur admission à la retraite, intervenue le 1er octobre 2016. Cette rencontre, empreinte d’émotion et de convivialité, a surtout été l’occasion de célébrer la longévité d’une amitié qui a résisté à la fin de la vie professionnelle.Prenant la parole, le président de l’Amicale, Justin H. KOUSSIKONDO, a d’abord rendu grâce au Très-Haut pour avoir permis la tenue de cette célébration. Il a également rappelé la raison d’être de cette organisation créée le 4 mars 2002. « La vie en vase clos n’est souhaitée à personne. Elle n’a que pour conséquences l’ignorance, l’abrutissement et peut raccourcir la durée de vie de la victime », a-t-il souligné pour justifier la création de ce creuset destiné à maintenir les relations entre anciens collègues d’une même promotion. Pour lui, l’Amicale constitue bien plus qu’un simple cadre de retrouvailles. Elle est un espace de partage, de solidarité et d’épanouissement pour ses membres. « Nos diverses activités sont : le suivi de notre carrière, des échanges d’idées sur des questions de vie, la solidarité entre membres, des sorties de distraction et de réjouissances », a-t-il expliqué. Revenant sur le parcours de l’organisation, il a salué la mémoire de son premier président, feu Abou Latif, qui l’a dirigée jusqu’en 2019, avant de prendre lui-même le relais. Il a également indiqué que la célébration des dix ans de retraite est née de la volonté de redynamiser l’association, après quelques difficultés ayant marqué son fonctionnement. Une dynamique qu’il entend poursuivre avec l’ensemble des membres.Trente ans de vocation, dix ans de fidélitéReprésentant le comité d’organisation, Alain KOTCHOFA a, pour sa part, donné une dimension particulière à cette célébration en mettant en relief la portée des trente années consacrées à l’éducation et les dix années de fraternité vécues depuis la retraite. Dans une allocution empreinte de nostalgie et de reconnaissance, il a évoqué les souvenirs d’une carrière faite de sacrifices, de dévouement et de passion pour la transmission du savoir. « Octobre 2016 en est une : nous avons alors rangé nos craies, refermé nos registres et franchi le seuil d’une vie qui avait été la nôtre pendant trente ans. Octobre 2026 en est une autre. Dix années ont passé, et nous voici réunis pour célébrer non pas une fin, mais une fidélité », a-t-il déclaré. Selon lui, cette date anniversaire représente davantage qu’un simple repère chronologique. Elle témoigne de la capacité de ces anciens enseignants à préserver leur proximité malgré la cessation de leurs activités professionnelles.
Un hommage aux disparus et une fraternité à préserver
Évoquant les nombreuses générations formées durant leurs années de service, Alain KOTCHOFA a rappelé la contribution de ses collègues à la construction de la nation. « Un enseignant ne voit jamais le fruit complet de son travail : il plante des arbres sous lesquels d’autres s’assoiront. Médecins, juristes, ingénieurs, artisans, cadres de la nation : combien ont posé leurs premières lettres sous nos yeux ? Nous n’avons pas élevé de monuments, nous avons élevé des hommes et des femmes », a-t-il fait observer. Une manière de souligner que leur passage dans le système éducatif béninois a laissé une empreinte durable. Au-delà de la nostalgie, le représentant du comité d’organisation a surtout insisté sur la nécessité de transformer cette expérience professionnelle en un héritage utile aux nouvelles générations. « Le service s’est achevé, la vocation non. Nous avons l’expérience que les réformes ne remplacent pas et le temps que l’urgence refuse aux autres : mettons-les au service des jeunes enseignants, par le conseil, l’accompagnement et le témoignage », a-t-il lancé. Un appel qui traduit la volonté des membres de rester utiles à l’école béninoise, même après leur départ à la retraite.
L’un des moments les plus poignants de cette célébration a été l’hommage rendu aux anciens collègues décédés. Les membres de l’Amicale ont ainsi honoré la mémoire de Bernard Zindozin, Bruno Ayivodji, Abou Latif, Philomène Aniwanou, Justine Avocefôhoun, Delphine Adin, Félix Noumonhessi et Laure Kpehounton. Avant de rejoindre le cadre festif, les participants s’étaient d’ailleurs rendus dans une église pour une action de grâce, selon le souhait du président de l’Amicale, afin de placer cette rencontre sous la protection divine.
Quid de l’amicale
Créée le 4 mars 2002, l’Amicale « Les Retrouvailles » est un cadre de retrouvailles, d’échanges, de solidarité et de divertissement entre anciens collègues de la promotion 1986-1987 des ENI, aujourd’hui tous admis à la retraite. Depuis près de trois ans, sous la conduite de Justin H. KOUSSIKONDO, elle connaît une dynamique de redynamisation visant à renforcer la participation des membres et à consolider les liens entre eux.A souligner qu’au terme de cette célébration, une conviction s’est imposée : la retraite ne signifie ni l’oubli du passé ni la rupture des relations humaines. Si les salles de classe appartiennent désormais aux souvenirs, l’amitié, elle, demeure vivante. Comme l’a si bien résumé Alain KOTCHOFA, « Soyons fiers de ce que nous avons été, heureux de ce que nous sommes, et résolus à demeurer ce que nous avons toujours été : des semeurs ». Une belle promesse pour une nouvelle décennie placée sous le signe de la fraternité et du partage. A préciser que des cartes d’hommages sont décernées et un gâteau est coupé. Tout ceci grâce au savoir-faire du comité d’organisation composé de Rose AGUEH VIAHOUNDE, Alain KOTCHOFA, Rosemonde OYANIYI KOUNOUEWA et David AKOWANOU.
Anselme HOUENOUKPO