Dans les établissements secondaires et écoles primaires à Cotonou, Abomey-Calavi comme un peu partout au Bénin, l’ambiance à la veille des examens de fin d’année 2026 se fait déjà sentir. A fond dans les préparatifs divers et dernières révisions, candidats, enseignants et responsables d’établissements affichent cette année une assurance qui surprend.

Au Complexe scolaire primaire de Mènontin, tout est fin prêt. Il est 9h du matin, ce mardi 26 mai 2026. Une pluie fine se fait persistante dehors. Presque tous les élèves, dont de nombreux candidats sont dans leurs classes respectives. Quelques-uns, en maillots et tee-shirts de sport s’exercent à l’épreuve du grimper sous le regard attentif d’un professeur d’EPS.
Les préparatifs pour l’aménagement de l’espace de ce complexe qui fera office de centre d’examen dès le lundi 1er juin prochain avec le Cep 2026, s’accélèrent aussi. Sarclage, nettoyage de la cour, vérification et comptage des tables-bancs. Le président de l’Association des Parents d’Élèves (APE) de cette école primaire publique, ne se fait plus rare sur les lieux depuis quelques jours. « Avec le sable disponible, nous allons remblayer toute la cour afin d’éviter la stagnation d’eau devant les classes pendant les examens. » informe-t-il. Un engin lourd, le Caterpillar est déployé sur place pour les travaux d’aménagement.
Dans les salles de classe, les révisions s’intensifient. Élèves et enseignants s’attardent sur d’anciennes épreuves. « Les cartes des candidats sont disponibles. Tout est déjà fin prêt », assure une autorité académique. Ce jeudi 29 mai, à le croire, toutes les salles de classe devraient être arrangées et les listes des candidats affichées.
Entre stress et détermination
Au groupe scolaire St Paul Apôtre d’Aïtchédji, à Abomey-Calavi, l’atmosphère est plutôt calme, ce mardi 26 mai 2026. Il est 13h. C’est la pause. Certains élèves révisent avec assiduité leurs leçons. D’autres se reposent avant la reprise des cours de l’après-midi. Sur les visages, se lit une certaine anxiété, mais aussi une volonté de ne pas céder à la panique avant l’heure. « Je suis un peu stressé, mais je travaille beaucoup et j’espère donner le meilleur de moi-même lors de la composition » assure ADOUMAKO Emmanuel, candidat au Cep 2026. La directrice de ce complexe Gisèle SATOGUINA, expose l’état d’âme de certains candidats à moins d’une semaine de démarrage de cet examen qui ouvre le bal. « Plusieurs candidats ont du mal à gérer le stress. Nous remarquons également des problèmes de concentration. Quelques-uns ont accumulé des lacunes depuis le début de l’année et tentent un rattrapage de dernière minute, ce qui engendre beaucoup de pressions autour d’eux. » Ici, des mesures sont prises pour harmoniser le niveau des élèves « Depuis mi-février, nous avons aménagé l’emploi du temps pour les travaux dirigés. L’État a mis à notre disposition des épreuves des années antérieures que nous traitons avec eux. Avant les examens départementaux, les chefs de circonscriptions ont envoyé des épreuves avec des heures de déroulement que nous avons suivies pendant deux semaines », explique la directrice.
Révision dans la discipline
Au Collège d’Enseignement Général (CEG1) toujours à Abomey-Calavi, les couloirs restent animés, mais l’ambiance diffère des jours ordinaires. Dans certaines classes, des candidats aux divers examens secondaires, Bepc et Bac révisent intensément leurs leçons. D’autres échangent autour des exercices et de potentiels sujets d’examen en vue. « Au début je m’embrouillais, mais à présent j’essaie de réviser et je reprends tout ce qu’on a fait à l’école comme aux différents travaux dirigés. La matière qui m’inquiète le plus, c’est les mathématiques, mais je fais beaucoup d’exercices pour corriger cela », confie ADIDONOUDE Waliath, élève en Tle D. De son côté, De Souza Ellie, candidate également au Bac D avoue ses craintes, avec un timide sourire : « Je suis un peu stressée surtout à cause de l’histoire-géographie, parce que quand j’apprends, je n’arrive pas à bien comprendre. Mais nous sommes en temps de révision, donc les professeurs nous expliquent les notions non comprises avec quelques exercices d’approfondissement. Ils nous donnent également des conseils» . AGBODJAN Salomé, professeure de français fait cette remarque : « À l’approche des examens, on note une certaine peur. On a l’impression que les candidats s’organisent mal et dorment très peu. Mais dans le lot, il y en a qui tiennent bon et nous les accompagnons.». En plus des révisons qui s’accélèrent, il y a aussi un accompagnement psychologique. « Comme conseil, on leur dit qu’il ne s’agit pas d’avoir peur, mais de savoir s’organiser. En plus, l’établissement dispose d’un conseil pédagogique qui prend en compte tous les membres de l’administration ainsi que les personnes qui interviennent dans l’école.» dit-elle. Ce conseil pédagogique, poursuit-elle, se réunit régulièrement depuis peu pour faire le point des difficultés rencontrées chez les apprenants et prendre des dispositions pratiques pour qu’ils puissent avoir de bons résultats à l’issue des examens. » Le surveillant général de ce collège, COOVI Eric Gangnichossou, fait observer une autre forme de discipline manifeste dans le rang des candidats en ces journées de veille d’examen : « Ils savent que les examens approchent, donc ils sont un peu calmes et concentrés. D’abord, il y a le contrôle systématique des apprenants et on appelle les parents à la moindre absence. Grâce à cela, on arrive à mobiliser un grand nombre de candidats dans les classes aux heures de révision. »
À quelques jours des compositions et examens officiels, chacun tente de donner le meilleur de lui-même. Entre concentration, inquiétude et espoir de réussite, les écoles et établissements vivent depuis quelques jours au rythme effréné des dernières révisions.
Réalisation: ALLONANHIN Edouard, BOGNON Roukiath, EGBO Amarine, AKONANDJI Gires, HOUNGUE Steeve (Stagiaires)

