À quelques jours de la correction des examens du Certificat d’Aptitude Professionnelle (CAP), le Collectif des Chefs d’Établissements Privés des Enseignements Secondaire Technique et de la Formation Professionnelle de l’Atlantique hausse le ton. Dans une lettre ouverte adressée au Président de la République et aux principales autorités du système éducatif, les responsables des collèges techniques privés dénoncent leur mise à l’écart récurrente des travaux de fin d’année, notamment la surveillance, la correction et les opérations de délibération des examens nationaux. Estimant être victimes d’une injustice persistante malgré leur contribution majeure à la formation technique au Bénin, ils réclament une répartition plus équitable des responsabilités et appellent les autorités à corriger ce qu’ils qualifient de discrimination institutionnelle.

Lire ci-dessous l’intégralité de leur lettre ouverte
LETTRE OUVERTE du Collectif des Chefs d’Établissements Privés des Enseignements Secondaire Technique et de la Formation Professionnelle de l’Atlantique
A l’attention de :
- Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement, Chef Suprême des Armées
- Monsieur le Ministre de l’Enseignements Secondaire
- Madame la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, en charge de la Formation Technique
- Monsieur le Directeur des Examens et Concours (DEC)
- Mesdames et Messieurs les Responsables en charge de l’organisation des examens du CAP et du DT au Bénin
Objet : Cri de détresse et d’indignation face à la marginalisation des acteurs des collèges privés d’enseignement technique lors des travaux de fin d’année.
Mesdames, Messieurs les Responsables en charge de notre système éducatif,
En ma qualité de Président du Collectif des Chefs d’Établissements Privés des Enseignements Secondaire Technique et de la Formation Professionnelle de l’Atlantique, et au nom de tous mes pairs, je me vois dans l’obligation républicaine et morale de briser le silence. Je viens, par la présente, porter la voix de la frustration, de l’injustice et du ras-le-bol qui animent les véritables artisans de la formation technique privée dans notre pays.
L’enseignement technique et la formation professionnelle sont les piliers de l’avenir économique du Bénin. Dans cette noble mission, les collèges privés d’enseignement technique prennent une part plus que prépondérante. Nous investissons, nous encadrons, et nous façonnons au quotidien le génie de milliers de jeunes Béninois.
Pourtant, à l’heure du bilan et de la reconnaissance c’est-à-dire lors des examens du Certificat d’Aptitude Professionnelle (CAP) et du Diplôme de Technicien (DT), le constat est d’une amertume sans nom : les vrais acteurs du privé sont purement et simplement royalement ignorés.
Comment comprendre, voire tolérer, que des collèges privés qui se sacrifient toute l’année et qui présentent des centaines de candidats aux examens nationaux, se retrouvent avec zéro surveillant retenu pour les examens écrits et parfois zéro pour la correction ? Comment accepter que nos enseignants, pétris d’expérience et qui encadrent les apprenants, ne bénéficient que très rarement, pour ne pas dire jamais, d’une place de correcteur ou les travaux de secrétariat et de délibération ?
Cette situation est non seulement une injustice flagrante, mais elle frise le mépris à l’égard de ceux qui portent à bout de bras l’éducation technique dans le département de l’Atlantique et sur toute l’étendue du territoire national. Pendant que nos structures fournissent le gros des effectifs de candidats, les opportunités liées aux travaux de fin d’année semblent être la chasse gardée d’autres réseaux.
Trop c’est trop ! Cette situation qui dure depuis des années ne nous honore pas. Elle n’honore pas non plus l’équité et la transparence prônées par les autorités de notre pays.
Par cette lettre ouverte, nous supplions le Chef de l’Etat à instruire solennellement les autorités à divers niveaux de siffler définitivement la fin de cette récréation discriminatoire.
Il est temps de donner à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.
Nous n’exigeons aucune faveur. Nous réclamons justice, équité et reconnaissance du mérite. Nous demandons qu’un quota juste, proportionnel et transparent de surveillants et de correcteurs soit officiellement attribué aux enseignants et responsables des établissements privés d’enseignement technique qui présentent des candidats à ces examens comme au BEPC et au BAC.
Le Collectif des Chefs d’Établissement de l’Atlantique restera vigilant et attend des actes concrets pour corriger la décision No 428/MES/DC/SGM/DPAF/DEC/SAFM/STEC/SA du 9 juin 2026 relative à la correction des examens du CAP signé par le Ministre de l’Enseignement Secondaire et dont la correction démarre le jeudi 18 juin 2025. La correction du DT étant déjà passée.
Nous osons croire en votre sens élevé de justice pour corriger le tir afin que l’école béninoise se porte mieux.
Veuillez agréer, Mesdames et Messieurs les Responsables, l’expression de notre considération distinguée.
Fait à Abomey-Calavi, le 15 juin 2026.
S. L. Othniel DJONONTIN
Président du Collectif des Chefs d’Etablissements Privés des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle de l’Atlantique_
Tél. : 01 96 07 44 26

