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‘‘Face à l’actualité’’ : Wilfried Houngbédji fait le point des réformes et des urgences sociales

Le ministre, porte-parole du Gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, était l’invité de l’émission ‘‘Face à l’actualité’’ ce dimanche 5 juillet 2026 sur Bénin TV. Il a apporté des clarifications majeures sur la gestion des inondations, la dématérialisation judiciaire, la baisse des redevances des marchés et la politique de santé publique.

Les fortes pluies qui affectent plusieurs localités du pays, les décisions sociales récemment adoptées en Conseil des ministres et les réformes destinées à améliorer l’accès des citoyens aux services publics étaient au cœur de l’émission ‘‘Face à l’actualité’’, diffusée ce dimanche 5 juillet 2026 sur Bénin TV. Le ministre, porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a apporté des éclairages sur plusieurs dossiers qui alimentent le débat public, tout en défendant les orientations prises par l’Exécutif.

Les récentes pluies diluviennes et les perturbations au niveau du pont de Djonou (axe Calavi-Cotonou) ont ouvert les débats. Face aux désagréments subis par les usagers, Wilfried Houngbédji a rappelé que la reconstruction de cet ouvrage a été différée pour être intégrée dans un ambitieux programme de mobilité urbaine avec la Banque mondiale. Ce projet vise à moderniser les infrastructures tout en développant le transport fluvial entre Porto-Novo, Cotonou et Calavi.

En attendant le démarrage de ces travaux prévus pour durer deux à trois ans, des actions immédiates ont été menées. « Le ministre du Cadre de vie a pris les dispositions pour qu’avec une pelle amphibie, il y ait une intervention d’appoint afin de faire drainer davantage les eaux », a précisé le porte-parole.

Au niveau national, l’État s’appuie sur le « Fonds 4 » pour équiper et soutenir une trentaine de communes vulnérables. L’autorité a toutefois déploré l’incivisme de certains citoyens qui obstruent les réseaux d’assainissement, appelant à un sursaut éco-citoyen pour faciliter le travail de curage de la SGDS et de la SIRAT.

Actes judiciaires, le paiement électronique pour éradiquer les faux frais

L’émission a également abordé la décision du Conseil des ministres visant à harmoniser les coûts d’accès aux actes judiciaires et à imposer le paiement électronique comme unique mode de règlement. Interrogé sur la persistance de pratiques frauduleuses au sein de l’appareil judiciaire, le porte-parole n’a pas caché la réalité du terrain, confirmant que des agents indélicats s’interposaient fréquemment entre les citoyens et les caisses de l’État.

Le ministre a exposé les objectifs de cette réforme de dématérialisation. « Par cette décision-là, nous voulons éviter les faux frais à nos concitoyens », a-t-il affirmé. Grâce à cette mesure, un acte coûtant 1 000 FCFA ne pourra plus être surfacturé à 1500 FCFA, à 2000 FCFA sous prétexte d’accélérer la procédure. Selon le ministre, les objectifs visés sont doubles : faciliter les démarches administratives des usagers et sécuriser rigoureusement les deniers publics. De plus, il a souligné que le ministère de la Transformation digitale et de l’Innovation travaille actuellement sur le développement d’applications en langues nationales pour rendre ces services accessibles aux citoyens analphabètes.

Marchés modernes, une baisse des redevances allant jusqu’à 40 %

Les journalistes ont également interrogé le porte-parole sur la baisse des tarifs d’occupation des places dans les nouveaux marchés modernes, une doléance fortement exprimée par les commerçantes lors de la campagne présidentielle du candidat Romuald Wadagni. Bien que les tarifs initiaux aient été fixés en deçà des coûts réels de construction grâce aux subventions de l’État, le gouvernement a décidé d’accorder un effort supplémentaire pour soutenir le pouvoir d’achat.

Sur instruction de l’exécutif, la ministre du Commerce intérieur et l’ANAGEM ont acté des réductions tarifaires applicables dès ce mois de juillet 2026. Wilfried Houngbédji a égrainé la nouvelle grille : dans les marchés urbains, les places mensuelles de 21000 FCFA passent à 15000 FCFA, et celles de 18000 FCFA tombent à 12 000 FCFA. Dans les marchés régionaux, le tarif descend de 7500 FCFA à 5000 FCFA. Les grands entrepôts bénéficient aussi de cette mesure, certains loyers mensuels baissant de 2.125.000 à 1.500.000 FCFA.

Le porte-parole a précisé que ces redevances minimales restent indispensables pour assurer la maintenance et l’attractivité de ces infrastructures, comme à Tôkpa, Glazoué ou Pahou. « Si on avait les moyens de dire que ça va être gratuit pour tout le monde, on l’aurait fait, mais nous ne sommes pas encore aussi riches en tant que pays pour faire ça », a-t-il rappelé, tout en annonçant que d’autres programmes de construction de marchés sont prévus pour les localités en attente.

Urgences médicales, le bilan après un mois

Un mois après son lancement, la mesure de prise en charge immédiate des urgences médicales vitales dans les formations sanitaires publiques. Selon le rapport présenté par le ministre de la Santé, le dispositif affiche des résultats probants. Sur une période de trois à quatre semaines, les hôpitaux publics ont enregistré un peu plus de douze mille cas d’urgence, parmi lesquels un peu plus de quatre mille ont été médicalement classés et traités comme des urgences vitales.

Wilfried Houngbédji s’est réjoui du civisme des populations, indiquant qu’un taux de recouvrement de plus de 70% a été enregistré pour les frais de soins après stabilisation des patients. Il a toutefois clarifié les règles pour dissiper tout amalgame. « On n’est pas encore à l’étape du tout gratuit », a-t-il prévenu. La règle d’or du gouvernement demeure : « Vous sauvez les vies d’abord et ensuite, vous vous préoccupez de récupérer l’argent ». Pour les personnes objectivement incapables de payer, le dispositif ARCH prend le relais avec une couverture à 100 % pour les pauvres extrêmes et à 50 % pour les pauvres non extrêmes.

Augustin HESSOU

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