You are currently viewing Festival des Masques 2026 : Porto-Novo vivre sous des animations inédites

Festival des Masques 2026 : Porto-Novo vivre sous des animations inédites

Dès les premières heures de ce dimanche 26 juillet, les places et boulevards de Porto-Novo se sont animés aux sons des tambours et aux pas des danseurs masqués. Une deuxième journée placée sous le signe de la ferveur populaire, avant l’apothéose attendue de la Grande Procession, dans l’après-midi.

La capitale béninoise n’a pas désempli, ce dimanche, à l’occasion de la deuxième journée du Festival des Masques. Sur la Place Migan, ce sont les Egungun qui ont ouvert le bal dès les premières heures de la matinée, donnant le ton d’une journée résolument tournée vers la célébration du patrimoine Vodun. À la Place Houngbo Honto, les adeptes du Vodun Hounvè ont fait vibrer le public à travers une danse ancestrale, véritable témoignage de la profondeur des traditions locales. Non loin de là, sur le Boulevard Lagunaire, le masque des Chasseurs du Nord a livré une démonstration remarquée, avant de céder la place aux masques Ade-Oba, dont la prestation haute en couleurs et en rythmes a tenu lieu de prélude à la grande parade de l’après-midi.

La Place Dangbé Klunon Honto n’a pas été en reste, accueillant un ballet des masques Assassa salué pour son éclat et sa maîtrise. Quant à la Place Abessan, elle s’est réveillée au son du masque Gounouko, dont la danse en spirale et les mouvements envoûtants ont rapidement attiré une foule de curieux, de touristes et de visiteurs venus admirer cette expression vivante de la culture béninoise.

La Grande Procession, moment phare du Festival

Tous les regards se sont ensuite tournés vers l’après-midi, avec l’organisation de la Grande Procession des Masques, temps fort et symbole même du Festival. C’est à cette occasion que les masques sacrés quittent leurs couvents pour venir à la rencontre du public, dans une communion rare entre le monde visible et le monde invisible. Autour d’eux se rassemblent percussionnistes, chanteuses et enfants, tous porteurs de la transmission des rites ancestraux.

La procession s’est ouverte par une séquence inaugurale mêlant chants sacrés, rythmes traditionnels et danses, plongeant d’emblée l’assistance dans l’univers spirituel du Festival. Le guide spirituel a ensuite pris la parole pour présenter, un à un, les différents couvents appelés à défiler, retraçant leur histoire et leur apport au patrimoine Vodun.

Une parade aux couleurs de l’Afrique

La séquence internationale a débuté avec les Assassa, venus du nord du Bénin, figures de la transmission des savoirs et du lien intergénérationnel. Ils ont été rejoints par les Zaouli de Côte d’Ivoire, réputés pour la grâce de leurs chorégraphies, et par les Eyo du Nigéria, incarnation de dignité et d’hommage aux ancêtres, une rencontre entre traditions africaines qui a offert au public un moment d’une rare intensité.

Sont ensuite entrés en scène les Gèlèdè de Kétou, inscrits au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, célébrant à travers leurs masques la sagesse et la place des femmes dans l’équilibre social. Les Gounouko, tradition partagée entre Porto-Novo et le Nigéria, ont pris le relais pour illustrer la richesse des échanges culturels entre les peuples de la sous-région.

Les Zangbéto, gardiens de la nuit et protecteurs des communautés, ont fasciné l’assistance par leurs apparitions mystérieuses, avant que la procession n’atteigne son point culminant avec l’entrée des Egungun de Porto-Novo. Dans un déploiement de masques, de chants et de percussions, cette séquence finale a consacré la vitalité et la diversité des patrimoines célébrés tout au long de cette deuxième journée du Festival des Masques.

Fidèle KENOU

Laisser un commentaire