Réunis les jeudi 29 et vendredi 30 octobre 2026 à Pobè, les préfets des départements ont pris part à la Conférence des préfets, consacrée aux enjeux de gouvernance territoriale, de sécurité et de développement local. À l’ouverture des travaux, le ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Janvier Yahouédéou, a appelé les représentants de l’État à renforcer l’accompagnement des communes, à améliorer les services publics et à préparer les collectivités aux nouvelles orientations du développement territorial.

La Conférence des préfets de l’année 2026 s’est tenue les jeudi 29 et vendredi 30 octobre 2026 dans la salle de conférence de la cité administrative départementale du Plateau, à Pobè. Au total, dix communications ont rythmé les deux journées de travaux, dont sept le premier jour et trois le second. Les échanges ont porté sur plusieurs questions touchant à l’administration territoriale, à la sécurité et à la gestion des collectivités locales.
Dans son allocution d’ouverture, le ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale a rappelé la place centrale des préfets dans le fonctionnement de l’administration territoriale. En leur qualité de représentants de l’État et d’autorités de tutelle des communes, ils ont été invités à veiller à la légalité des actes communaux, à accompagner les municipalités dans leurs décisions et à assurer la coordination entre les organes locaux et les actions de l’État.
Janvier Yahouédéou a également insisté sur la nécessité de tenir régulièrement les sessions des Conférences administratives départementales (CAD) et des Conseils départementaux de concertation et de coordination (CDCC), en accordant une attention particulière à la pertinence des sujets abordés.
Le ministre a par ailleurs mis l’accent sur le nouveau Fonds d’investissement communal (FIC), présenté comme un levier de renforcement des investissements locaux et d’amélioration de la gestion des transferts financiers aux communes. Il a invité les préfets à accompagner les collectivités dans la conception et l’exécution de leurs projets, le renforcement de leurs capacités techniques et humaines, la mobilisation de ressources innovantes ainsi que le suivi transparent des investissements.
L’opérationnalisation des six pôles de développement territorial a également figuré parmi les priorités évoquées. L’objectif est de mieux valoriser les potentialités des territoires afin de favoriser la création de richesses, d’emplois et l’amélioration des conditions de vie. À cet effet, le ministre a encouragé une collaboration étroite avec les délégués régionaux.
Sur la modernisation de l’administration, il a rappelé que les infrastructures devaient s’accompagner d’une amélioration effective du service public, du respect des délais et d’un meilleur entretien du patrimoine. « Un bâtiment administratif moderne doit abriter une administration moderne », a-t-il souligné.
La sécurité au cœur des préoccupations
Le ministre délégué auprès du président de la République, chargé de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Djibril Mama Cissé Moussa, a, pour sa part, mis l’accent sur les défis sécuritaires. Il a notamment évoqué l’opération MIRADOR, les menaces terroristes dans le nord du Bénin et les efforts engagés pour renforcer les capacités des forces de défense et de sécurité.
Son intervention a également abordé le projet de vidéoprotection, le recours aux nouvelles technologies et à l’intelligence artificielle, ainsi que l’extension des commissariats de police et des centres de secours de la Protection civile. Il a appelé les préfets à faire preuve de vigilance, à transmettre rapidement les informations utiles et à renforcer la coordination avec les maires, les autorités traditionnelles et les forces de défense et de sécurité. La sécurisation des frontières, l’encadrement des associations et la coopération transfrontalière ont également été évoqués au cours de cette intervention.

Le Plateau met en avant ses atouts et ses défis
Dans son mot de bienvenue, le préfet du Plateau, Delonix Djimeco Kogblévi, a présenté les potentialités de son département, notamment dans les domaines agricole et artisanal, ainsi que son patrimoine culturel, dont les pratiques liées au Guèlèdè, inscrit au patrimoine de l’UNESCO. La proximité avec le Nigeria constitue également un atout économique, mais soulève des enjeux de sécurité.
Il a souligné le déroulement pacifique des récentes célébrations des fêtes traditionnelles ORO et OLOGOU ODOGBO, qu’il a associé à la collaboration entre les autorités administratives et les acteurs locaux. Il a néanmoins relevé la nécessité de renforcer les effectifs et les équipements sécuritaires, tout en consolidant la coopération transfrontalière et les mesures d’encadrement de la transhumance. Le préfet a aussi indiqué que ses services accompagneraient les acteurs politiques dans le processus de désignation des nouveaux chefs de village et de quartier, conformément au Code électoral.
Des réformes administratives au programme
Les communications ont également porté sur les réformes de l’Agence nationale d’identification des personnes (ANIP), la feuille de route numérique 2026-2028 du ministère, la plateforme de développement local dans le cadre du développement conduit par les communautés, la chefferie traditionnelle et les réformes du secteur associatif.
Les participants se sont aussi penchés sur le rôle des préfets dans l’application du décret n° 2022-301 du 25 mai 2022 portant réglementation du bruit. À travers ces échanges, la Conférence des préfets a permis de faire le point sur les responsabilités des autorités territoriales et les moyens de rendre l’action publique plus efficace au service des populations.
Augustin HESSOU