La campagne de commercialisation des amandes de karité 2026-2027 est officiellement ouverte au Bénin depuis le mercredi 9 septembre 2026. Elle prendra fin le lundi 31 mai 2027, selon un communiqué conjoint signé le même jour par les ministres chargés du Commerce intérieur, de l’Agriculture et du Tourisme et du Commerce extérieur.

Fait marquant de cette nouvelle campagne : aucun prix plancher n’a été fixé par le gouvernement. Le communiqué officiel précise que le « prix d’achat au producteur : principe de marché libre » s’applique désormais, sans plus de prix minimum administrativement imposé. Les trois ministres signataires appellent l’ensemble des opérateurs de la filière « au respect des conditions arrêtées et des textes qui régissent la commercialisation du karité ».
Une rupture avec les pratiques antérieures
Cette décision tranche avec les précédentes campagnes, durant lesquelles l’État fixait chaque année un prix plancher. Pour la campagne 2022-2023, ce prix avait été arrêté à 110 FCFA le kilogramme par le Conseil des ministres du 14 septembre 2022, une première hausse après cinq années de stagnation à 100 FCFA/kg, niveau qui avait prévalu lors de la campagne 2021-2022.
La volatilité observée depuis 2024 illustre l’enjeu du passage au marché libre. Les prix bord-champ, partis d’environ 150 FCFA/kg en août 2024, avaient atteint 450 à 480 FCFA/kg en octobre de la même année, une flambée attribuée à la forte demande des exportateurs et aux perturbations de l’offre régionale.
Production en baisse, exportations en hausse
Sur la production, la note analytique du Programme de développement du Bénin indique que le volume d’amandes récoltées est passé de 120 082 tonnes en 2019 à 67 580 tonnes en 2023, soit un recul de 43,7 % en quatre ans. À l’inverse, le Secrétariat permanent de l’Interprofession Karité Bénin avait fait état, en 2025, de 139 308 tonnes d’amandes exportées au cours de la campagne précédente.
Le pari de la transformation locale
Au-delà des amandes brutes, le Bénin veut accroître la transformation sur place. Lors de la Conférence mondiale du karité tenue à Cotonou en mai 2025, le gouvernement avait affiché l’ambition de transformer localement toute la production nationale dès la campagne 2025-2026, avec la construction annoncée d’une unité d’une capacité de 50 000 tonnes. Le karité, longtemps exporté surtout sous forme d’amandes, est désormais aussi recherché pour la production de beurre destiné aux industries agroalimentaire et cosmétique.
Olivier ALLOCHEME

