Après plusieurs étapes à travers les départements du pays, la tournée nationale de lancement des activités des Conseils départementaux du Conseil économique et social (CES) s’est poursuivie, dans la matinée du vendredi 4 septembre 2026, dans le département du Plateau. À la préfecture de Pobè, le président du CES, Abdoulaye Bio Tchané, a procédé au lancement officiel des activités du Conseil départemental, en présence notamment du deuxième vice-président de l’institution, Pascal Essou, du préfet Délonix Kogblévi, des conseillers départementaux du CES, des directeurs départementaux, des responsables des services déconcentrés de l’État, des élus communaux et des représentants des différentes composantes de la société.

Cette étape de la tournée officielle coïncidait avec l’ouverture de la deuxième session ordinaire du Conseil départemental du CES du Plateau. Elle a offert au président de l’institution l’occasion de rappeler le sens de la réforme, qui vise à rapprocher davantage le CES des populations, et de réaffirmer la vision portée par la huitième mandature. En procédant au lancement des activités, Abdoulaye Bio Tchané a rappelé que cette tournée nationale constitue l’une des traductions concrètes de la volonté de transformation du Conseil économique et social engagée à travers les réformes de 2024 et de 2026. « Je veux que le Conseil économique et social change afin de porter davantage la voix des sans-voix. Les citoyens qui n’avaient aucune porte à taper peuvent désormais taper à votre porte pour faire entendre leurs préoccupations. C’est la grande innovation des réformes introduites dans le fonctionnement du CES en 2024 et en 2026 », a souligné le président du CES.
Pour Abdoulaye Bio Tchané, la départementalisation de l’institution doit permettre aux conseillers départementaux d’être davantage en contact avec les réalités vécues par les populations et de mieux faire remonter leurs préoccupations au niveau national.
Il a, à cet effet, rappelé les quatre piliers qui structurent l’action de la huitième mandature. Le premier vise à rendre le CES plus digne et plus pertinent, en permettant à l’institution de mieux se saisir des urgences de son temps, notamment les questions environnementales, l’emploi et la jeunesse, la souveraineté alimentaire, la sécurité des personnes et des biens ainsi que la défense du territoire. Le deuxième pilier concerne la proximité citoyenne. « Cette culture de la proximité citoyenne suppose un dialogue social permanent. C’est l’une de nos missions principales. Faire en sorte que nos compatriotes sentent la présence du CES à leurs côtés, qu’ils sachent que vous portez leurs préoccupations », a expliqué Abdoulaye Bio Tchané. Le troisième pilier porte sur le dialogue avec les autres institutions de la République, tandis que le quatrième concerne le rayonnement international du Bénin. Sur ces différents axes, le président du CES a insisté sur la nécessité d’une action collective. « Sans nos compatriotes, sans notre travail collectif, nous n’y arriverons pas. Nous devons travailler ensemble pour résoudre nos problèmes pour le bien de nos compatriotes », a-t-il relevé.
Les conseillers appelés à être l’interface des populations
S’adressant particulièrement aux conseillers départementaux du Plateau, il les a invités à assumer pleinement leur rôle de relais entre les populations et les institutions nationales. « Vous devez porter les préoccupations des populations du département du Plateau. Vous êtes l’interface de nos populations au niveau national », a-t-il exhorté. Cette mission de proximité prend tout son sens dans l’écoute des réalités propres à chaque département. À l’étape du Plateau, le préfet Délonix Kogblévi a présenté plusieurs défis auxquels sont confrontées les populations des cinq communes du département.
Saluant la présence du CES sur le terrain, l’autorité préfectorale a estimé que les conseillers départementaux constituent désormais des relais essentiels des réalités locales. « Votre rôle est plus décisif. Vous êtes la voie, la boussole et le miroir des réalités vécues par nos concitoyens à la base. Le département du Plateau fait face à des défis environnementaux, sociaux, économiques, sécuritaires et culturels majeurs. C’est ensemble avec le Conseil économique et social que nous pouvons relever ces défis », a déclaré le préfet. Délonix Kogblévi a notamment évoqué le potentiel économique du département, estimant que les ressources disponibles sur le territoire peuvent constituer un véritable levier de développement. « Nous n’avons pas grand-chose dans notre sous-sol, mais ce que nous avons sur notre sol peut nous procurer la richesse et le bien-être dont nous rêvons tous », a-t-il souligné.
Parmi les priorités évoquées figurent le désenclavement routier, le soutien au secteur agricole, l’autonomisation des femmes, l’emploi des jeunes ainsi que la gestion durable des ressources naturelles face aux changements climatiques. Ces préoccupations constituent autant de sujets sur lesquels les conseillers départementaux sont appelés à recueillir les avis des populations, à les analyser et à les porter auprès du Conseil économique et social.
Une coordination engagée dans la nouvelle dynamique
Dans cette dynamique, la coordonnatrice départementale du CES dans le Plateau, Awaou Bissiriou, a réaffirmé l’engagement de la coordination à accompagner les orientations de la huitième mandature. Elle a notamment relevé les avancées enregistrées depuis la mise en œuvre de la départementalisation de l’institution et l’importance d’une présence accrue du CES au contact des communautés. « Nous avons jeté les bases plus solides et redonné à l’institution sa pertinence et sa visibilité plus près des réalités locales », a-t-elle déclaré. Pour les cinq prochaines années, a-t-elle poursuivi, l’ambition est de transformer profondément l’action du CES afin de le rendre plus utile, plus performant et plus résilient. Il s’agira notamment de renforcer la présence de l’institution sur le terrain, de porter les aspirations des communautés et de contribuer aux grands chantiers de développement économique, social et environnemental du pays. Le lancement des activités a également servi de cadre à l’explication des récentes réformes intervenues dans le fonctionnement du Conseil économique et social. Le deuxième vice-président du CES, Pascal Essou, a notamment expliqué les implications de la loi organique du 31 juillet 2026 concernant l’intégration des fonctions du Médiateur de la République au sein du CES. Cette évolution a conduit à l’adaptation du Règlement intérieur, déclaré conforme à la Constitution par la Cour constitutionnelle le 27 août 2026. Désormais, les fonctions relevant du Médiateur sont exercées par le premier vice-président du CES, conformément aux nouvelles dispositions.
Des vœux pour la rentrée scolaire
À quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027, prévue pour le lundi 7 septembre, le président du CES a enfin formulé des vœux à l’endroit des acteurs du système éducatif. Abdoulaye Bio Tchané a salué les progrès enregistrés dans le secteur et les efforts consentis par l’État pour améliorer les performances du système éducatif national. « Bientôt la rentrée scolaire dans notre pays. Le CES ne peut pas rester silencieux sur une réalité aussi importante pour nos populations. Notre pays a connu un progrès significatif dans le domaine avec de meilleurs résultats. C’est grâce à tout ce qui est mis en place par l’État et nous sommes confiants que le gouvernement en fera davantage », a-t-il déclaré. À travers cette étape du Plateau, la tournée nationale du CES confirme ainsi la volonté de la huitième mandature d’ancrer davantage l’institution dans les territoires, au plus près des populations et de leurs préoccupations, afin de mieux les porter au niveau national.
Anselme HOUENOUKPO

