
A quand l’installation de la première mandature du Sénat récemment institué en République du Bénin ? La question taraude les esprits depuis que les élections générales récentes se sont achevées avec la proclamation des résultats définitifs du scrutin présidentiel, à la suite des communales et législatives de janvier 2026. Les dispositions des textes en vigueur confortent, en effet, les préoccupations actuelles. La loi N°2025-20 du 17 décembre 2025 modifiant et complétant la loi N°90-32 du 11 décembre 1990 portant constitution de la République du Bénin dispose en son article 53, dernier alinéa ceci : « Le serment (allusion au nouveau chef de l’Etat élu ) est reçu par le président de la Cour constitutionnelle, devant les autres membres de ladite Cour, l’Assemblée nationale, les bureaux du Sénat, de la Cour suprême et de la Cour des Comptes ». Dans la liste des institutions citées, seul le Sénat reste à ce jour à l’état vierge, ne disposant pas encore des membres officiellement connus, encore moins une mandature installée en bonne et due forme. D’où la diligence qui s’imposerait pour sa constitution et son installation dans les prochains jours, avant la date du 24 mai 2026, fixée par les textes et confirmée, il y a peu par la Cour constitutionnelle pour la prestation de serment du nouveau président de la République élu, Romuald Wadagni.
Il y a aussi une autre disposition de la même loi qui contraint à accélérer la mise en place de la première mandature du Sénat. Il s’agit de l’article 113-6, deuxième alinéa qui stipule : « …La première session ordinaire du Sénat est ouverte une semaine après l’ouverture de la première session ordinaire de l’Assemblée nationale et la deuxième session débute trois semaines avant la clôture de la première session ordinaire de l’Assemblée nationale… ». La première session ordinaire 2026 de l’Assemblée nationale, 10ème législature ayant été ouverte par le président Joseph Djogbénou depuis le 15 avril dernier 2026, celle du Sénat, devrait donc suivre, 7 jours après en respect aux dispositions de la loi.
Du reste, en faisant une lecture croisée des deux dispositions citées, l’urgence d’installer le Sénat semble se justifier, selon plusieurs observateurs, qui n’écartent pas non plus la possibilité d’accorder un certain délai de tolérance en faveur de cette première mandature dont la mise en place effective nécessite des préalables auxquels s’attèleraient en ces moments les autorités compétentes.
Il faut retenir que c’est la révision constitutionnelle adoptée au Bénin dans la nuit du 14 au 15 novembre 2025 qui a instauré un Sénat, créant un parlement bicaméral (Assemblée nationale et Sénat). Cette chambre haute, composée d’environ 25 à 30 membres (élus et nommés), vise à réguler la vie politique, assurer la stabilité et agir comme un organe de sagesse. Le mandat présidentiel est également passé à 7 ans. Le Sénat regroupera des membres de droit, notamment d’anciens présidents de la République, ainsi que des personnalités nommées. Il est chargé de la régulation politique, de la sauvegarde de l’unité nationale et peut demander une seconde lecture des lois (hors lois budgétaires).
Wandji
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