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Ouverture de la première session budgétaire sous le septennat de Wadagni : Djogbénou place les travaux sous le signe de la protection des plus vulnérables

La 10e législature a ouvert, ce mercredi 21 octobre 2026 à Porto-Novo, la deuxième session ordinaire de l’année. Accueilli sur le parvis du palais des gouverneurs par les membres du bureau, le préfet de l’Ouémé et les membres de son cabinet, après les honneurs militaires, le Président de l’Assemblée nationale, Prof Joseph Fifamin Djogbénou, a donné le ton d’une rentrée parlementaire à la fois protocolaire, chargée d’émotion et résolument tournée vers l’action.

Avant d’ouvrir les travaux, le Président a constaté, conformément à l’article 85, que le quorum était atteint avec 96 députés présents. Il a ensuite fait lire l’article 87, qui prévoit l’ouverture de la deuxième session ordinaire dans la seconde quinzaine du mois d’octobre.

Un hommage appuyé aux institutions

Dans son discours d’ouverture, le Prof Djogbénou s’est d’abord adressé, un à un, aux invités de marque, en soulignant le rôle de chacun dans l’édifice institutionnel. Au vice-président du Sénat, qui présida jadis aux travaux de l’hémicycle lors des 8e et 9e législatures, il a rappelé que la patrie l’avait conduit à traverser « non pas une rue, mais le versant d’un même fleuve ». Il l’a prié de transmettre ses salutations au président du Sénat, en assurant que l’ensemble des députés serait présent à l’ouverture de la session de la Chambre haute, le 28 octobre prochain.

Le Sénat, a-t-il expliqué, est « l’autre versant de la production législative », tandis que le Conseil économique et social demeure l’organe principal de la diffusion des lois et de la coproduction de la paix sociale. Aux présidents de la Cour constitutionnelle et de la Cour suprême, il a rendu hommage à une contribution jugée capitale, voyant dans les arrêts de cette dernière un apport à la clarification et à l’orientation législatives, au point d’en faire des « pré-législateurs ».

Un passage a toutefois retenu l’attention, celui adressé au président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC). Évoquant le lancement récent des candidatures aux fonctions dans les médias publics, le Président de l’Assemblée s’est dit préoccupé de la prise en compte des médias parlementaires dans cette procédure, tout en se disant assuré que les prérogatives de l’Assemblée nationale seront respectées.

Il a également salué le gouvernement, le doyen du corps diplomatique, l’ambassadeur du Royaume du Maroc, ainsi que les représentants des syndicats, rappelant que l’Assemblée est « la chambre du peuple » et « l’enceinte des travailleurs ». Aux députés, il a exprimé sa reconnaissance pour une première session féconde et les a invités à déployer davantage d’efforts.

Olympe Bhély-Quenum, un baobab centenaire

Le moment le plus empreint d’émotion a été l’hommage rendu à l’écrivain Olympe Bhély-Quenum, qui a fêté ses 100 ans le 20 septembre 2026. Le Prof Djogbénou a rappelé les grandes œuvres de ce fils de Ouidah, dont « Un piège sans fin », « Le Chant du lac », « Un enfant d’Afrique » et surtout « L’Initié », qui met en scène la dualité de l’intellectuel africain. Saluant celui qui, « plus que d’autres », a révélé le Bénin et le Dahomey au monde, il a évoqué aussi la disparition de Cheikh Hamidou Kane, survenue le 4 octobre 2026. Rompant avec l’usage de la minute de silence, il a invité l’assistance à observer « une minute d’applaudissements ». L’Assemblée nationale s’est associée aux vœux du chef de l’État, le Président Romuald Wadagni, adressés personnellement au centenaire.

Le Président a poursuivi en célébrant les talents qui font rayonner le pays : Angélique Kidjo et ses cinq Grammy Awards, Paoli Tossou, Prix Découverte RFI 2026, la championne du monde du 800 mètres Noélie Yarigo, ou encore les jeunes footballeuses et footballeurs, dont Romaine Gandonou. Pour lui, ces réussites ne tombent pas du ciel, elles sont le fruit de dix années de fondation, relancées par le septennat. Il a formé le vœu que ces succès cessent d’être exceptionnels pour devenir courants, la loi de finances étant, selon lui, une réponse à cette ambition.

La protection des enfants au cœur du discours

C’est sans doute sur le terrain de la lutte contre les vulnérabilités que le discours a pris sa tonalité la plus grave. Le Prof Djogbénou a eu une pensée pour la petite Flora et pour toutes les fillettes et tous les garçons victimes de violences, surtout lorsqu’elles surviennent dans l’enceinte familiale. Recueillie par l’administration puis confiée à Anna Tèko et Gilles Gabélus, qui ont ouvert un orphelinat, l’enfant, a-t-il dit, n’a même pas de nom.

Saluant l’action du gouvernement et de la ministre en charge des Affaires sociales, il l’a invité à la renforcer, estimant que le Bénin ne peut se développer pleinement tant que persistent des poches de vulnérabilité. Il a surtout lancé un appel aux élus, celui de réfléchir aux moyens de « protéger les enfants contre leurs parents », contre leur entourage et partout où ils se trouvent. Il a aussi plaidé pour un soutien plus courageux aux centres d’accueil et salué l’action de l’Institut national pour la femme.

Sur le chapitre de la sécurité, il a évoqué la lutte contre l’insécurité sous toutes ses formes, y compris les atteintes à l’intégrité du territoire, mais aussi la sécurité routière. Le projet de code de la route, qui sera examiné durant la session, a été présenté comme un instrument « qui vise à sauver des vies », et la commission des Lois a été félicitée pour le séminaire organisé à l’intention des députés.

Session budgétaire par excellence, cette deuxième session verra d’abord l’examen de la loi de finances, dont le chef de l’État a déjà saisi l’Assemblée. « Ce premier budget, c’est le budget de lancement de ce septennat », a insisté le Président, avant d’ajouter que la réussite du septennat dépendra en grande partie du budget de l’exercice 2027. Donner au gouvernement les moyens de son action, tout en protégeant les plus faibles, tel est, selon lui, l’équilibre à trouver.

Les députés se pencheront également sur la résolution portant règlement intérieur, destinée à renforcer l’institution parlementaire et à l’armer, avec des outils renouvelés, pour un mandat désormais porté à sept ans.

‘’Consommer local’’, les députés donnent l’exemple

Le Prof Djogbénou a enfin relevé que le pays est dans le mois du « Consommons local ». « Un peuple qui ne consomme pas ce qu’il produit n’ira pas loin », a-t-il affirmé, invitant les élus, vêtus de tenues cousues au Bénin, à prolonger ce signal et à donner du travail aux artisans nationaux.

Il a annoncé que la session accueillera également le discours du président de la République à la nation, auquel les députés s’emploieront à réserver le meilleur accueil. C’est sur des « mots d’espoir » et de « grand enthousiasme » que le Président de l’Assemblée nationale a déclaré ouverte la deuxième session ordinaire de l’Assemblée nationale du Bénin.

Fidèle KENOU

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