- « On ne fait pas de la politique pour rester dans une opposition stérile », clame le président intérim LD
Au lendemain de l’élection présidentielle du 12 avril 2026, le président par intérim du parti Les Démocrates, Éric Houndété, est revenu sur son soutien au candidat Romuald Wadagni. Invité de BIP Radio ce mardi 14 avril, il a défendu un choix qu’il qualifie de « rationnel » et motivé par l’intérêt des citoyens.

Interrogé sur la pertinence du scrutin, Éric Houndété a rappelé que « nous sommes en démocratie » et que les règles du jeu doivent être respectées, tout en appelant à attendre les résultats officiels. Mais c’est surtout son ralliement au candidat de la mouvance présidentielle qui a retenu l’attention. Face aux interrogations sur l’existence d’un accord politique, il a été catégorique, « Non, il n’y a pas de deal politique. Il y a une logique, il y a de la rationalité ». Pour lui, l’engagement en politique ne saurait se limiter à une posture d’opposition permanente. « On ne fait pas un parti politique pour prendre un abonnement à l’opposition », a-t-il insisté, dénonçant au passage ce qu’il qualifie d’« opposition stérile ».
Un choix assumé au nom de l’efficacité politique
Le président par intérim du parti LD explique que son soutien s’inscrit dans une démarche de responsabilité, visant à peser concrètement sur les orientations publiques. « Nous sommes en politique pour qu’il y ait des transformations qualitatives pour les citoyens », a-t-il déclaré, estimant que des convergences existent avec le projet porté par Romuald Wadagni.
Évoquant le contenu du « pacte républicain » ayant fondé ce rapprochement, Éric Houndété a évoqué des priorités centrées sur les conditions de vie des populations : « Nous voulons que les Béninois mangent à leur faim, qu’il y ait plus de liberté et que l’humain soit au cœur des politiques publiques ». Sans s’avancer sur la prise en compte effective de ces attentes, il affirme toutefois qu’un terrain d’entente a été trouvé sur plusieurs préoccupations majeures.
Entre engagement personnel et appartenance politique
Resté membre du parti Les Démocrates, Éric Houndété revendique une cohérence dans sa démarche. Selon lui, l’absence de candidat officiellement soutenu par son parti laisse aux militants une marge de liberté dans leurs choix. « Le parti ne peut pas m’empêcher d’avoir une opinion et de faire un choix », a-t-il soutenu. Il défend ainsi le principe du libre arbitre au sein des formations politiques, estimant que la discipline partisane ne saurait empêcher l’expression individuelle. Dans ce contexte, il évoque également des divergences internes quant à la stratégie adoptée par certains responsables du parti.
Au-delà de la séquence électorale, Éric Houndété entrevoit la possibilité d’une recomposition du paysage politique béninois. Il appelle à une ouverture et à une prise en compte des voix issues de l’opposition dans la conduite des affaires publiques.
Quant à son avenir politique et à un éventuel rôle dans la gouvernance à venir, il reste mesuré ; « On appréciera le moment venu le rôle que chacun peut jouer », laissant entendre que les responsabilités se définiront progressivement.
En attendant, il dit se concentrer sur l’essentiel qui est « l’élection de Romuald Wadagni » et la concrétisation des engagements pris devant les citoyens.
Romain HESSOU

