À Pèrèrè et Gogounou, 200 bénéficiaires du Projet régional de prévention et de réponse à l’extrémisme violent dans le Corridor atlantique ont bénéficié, du 26 au 30 octobre 2026, de formations professionnelles et d’un renforcement de capacités en entrepreneuriat et en gestion de micro-entreprises. Une initiative soutenue par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), avec le financement du Danemark, pour renforcer la résilience économique des communautés vulnérables.


La lutte contre l’extrémisme violent ne se limite pas aux réponses sécuritaires. Elle passe également par la création d’opportunités économiques et l’amélioration des conditions de vie des populations exposées à la précarité. C’est dans cette perspective que le Projet régional de prévention et de réponse à l’extrémisme violent dans le Corridor atlantique a organisé, du 26 au 30 octobre 2026, des sessions de formation professionnelle et de renforcement des capacités au profit des jeunes et des femmes des communes de Pèrèrè et de Gogounou, dans le département du Borgou.
Au total, 200 bénéficiaires, soit 100 dans chacune des deux communes, ont pris part à cette initiative destinée à consolider leurs compétences professionnelles et à favoriser le développement d’activités génératrices de revenus. Mis en œuvre avec l’appui du PNUD et grâce au financement du Danemark, ce programme s’inscrit dans une approche préventive qui fait de l’autonomisation économique un instrument de lutte contre les facteurs de vulnérabilité à l’extrémisme violent.
La formation s’est déroulée en deux grandes phases. La première a porté sur le renforcement des capacités en entrepreneuriat et en développement de micro-entreprises. Les participants ont notamment été outillés sur les conditions de création d’une activité avec des ressources limitées, la gestion financière, l’utilisation et le remboursement des crédits, ainsi que les techniques de vente et de fidélisation de la clientèle.
Représentant le chef du Guichet unique de protection sociale (GUPS) de Pèrèrè, Anselme YETO, chargé de protection de l’enfant, a présenté les principales thématiques abordées. Il a notamment insisté sur la nécessité de maîtriser les notions de capital, de bénéfice et d’épargne, tout en soulignant l’importance d’une bonne gestion des crédits. Selon lui, les échanges ont été particulièrement interactifs et les participants ont exprimé leur satisfaction au terme des différents modules.
La seconde phase a été consacrée aux formations pratiques en milieu professionnel. Dans le secteur de l’artisanat, les bénéficiaires ont été accueillis dans les ateliers de maîtres artisans pour approfondir leurs connaissances et améliorer leurs pratiques. La menuiserie, la coiffure, la soudure, la maçonnerie, la charpenterie, le tissage de pagne, la couture et l’électricité moto figurent parmi les métiers concernés.
Les bénéficiaires engagés dans la transformation agroalimentaire ont, pour leur part, été initiés ou perfectionnés à différentes techniques de valorisation des produits locaux. La fabrication des galettes d’arachide communément appelées « klui klui », la transformation du soja en fromage, la production du beurre de karité, la fabrication du gari à partir du manioc et la préparation du couscous d’igname, connu sous l’appellation « wassawassa », ont notamment constitué les principaux apprentissages.

Pour Dr Sakinatou Bello, coordonnatrice des projets de prévention de l’extrémisme violent au PNUD, cette initiative répond à une nécessité, celle d’agir sur les fragilités socio-économiques qui rendent certaines communautés vulnérables aux discours extrémistes. Elle a rappelé que les bénéficiaires ont été sélectionnés à l’issue d’un processus d’identification et d’étude des dossiers, parmi de nombreuses candidatures enregistrées.
Elle a surtout insisté sur la responsabilité qui incombe aux participants. « Une chose est d’être retenu, mais l’autre chose est de s’engager réellement pour ce pourquoi vous avez été retenu », a-t-elle souligné. Dr Sakinatou Bello les a invités à faire preuve de sérieux et d’assiduité afin de bénéficier pleinement de l’accompagnement prévu. Elle a également précisé que les participants les plus engagés, après avoir suivi le processus de formation, pourront bénéficier d’un appui en matériels et équipements pour renforcer leurs activités existantes ou favoriser la création de nouvelles micro-entreprises.
Au-delà de l’acquisition de compétences, le projet entend ainsi créer les conditions d’une insertion économique plus durable. Un mécanisme de suivi des bénéficiaires est également envisagé afin d’accompagner la mise en pratique des connaissances acquises et de favoriser la pérennité des activités.
À travers cette démarche, le PNUD et le Danemark, aux côtés du gouvernement béninois, entendent contribuer au renforcement de la résilience des populations de Pèrèrè et de Gogounou. En donnant aux jeunes et aux femmes les moyens de développer des activités économiques viables, cette initiative ambitionne de réduire les vulnérabilités sociales, de consolider la cohésion communautaire et de faire de l’autonomisation économique un véritable rempart contre l’extrémisme violent.
HESSOU Romain