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Secteur agricole : Wilfried Houngbédji clarifie les nouvelles primes accordées aux producteurs

Le Gouvernement entend renforcer les revenus des producteurs agricoles tout en stimulant la transformation locale des matières premières. C’est le sens des mesures d’incitation financière annoncées en faveur des producteurs de coton, de cajou, de soja et de riz. Invité ce dimanche 5 juillet 2026 sur l’émission « Face à l’Actualité », de Bénin TV le ministre porte-parole du Gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, est revenu sur les modalités de ce dispositif destiné à encourager la performance des filières stratégiques de l’économie béninoise.

Selon le ministre porte-parole, le mécanisme distingue le coton des autres spéculations agricoles en raison des spécificités de leur organisation et de leur chaîne de valeur.

Pour la filière coton, le Gouvernement a fixé un objectif national de 700 000 tonnes de production. Une fois ce seuil atteint, les producteurs bénéficieront d’une prime exceptionnelle de 10 francs CFA par kilogramme produit, en plus du prix officiel d’achat déjà homologué. Wilfried Houngbédji a tenu à préciser que cette prime ne concernera pas uniquement les volumes produits au-delà des 700 000 tonnes, comme certains l’avaient initialement compris. « Le Président Wadagni a décidé que c’est toute la production qui bénéficiera de la mesure », a-t-il expliqué.

Concrètement, si la production nationale atteint 700 000 tonnes, les cotonculteurs percevront sept milliards de francs CFA supplémentaires. Si le pays franchit le cap du million de tonnes, le montant des primes distribuées atteindra dix milliards de francs CFA. Pour le gouvernement, cette approche vise à récompenser l’ensemble des producteurs et à renforcer leur motivation en vue d’améliorer durablement les performances de la filière.

Cajou, soja et riz, priorité à la transformation industrielle

Le dispositif retenu pour les filières cajou, soja et riz repose sur une logique différente. Ici, la prime est conditionnée non pas au volume total produit, mais aux quantités effectivement livrées aux unités de transformation installées au Bénin.

Le Gouvernement explique ce choix par sa volonté d’encourager la transformation locale et de mieux valoriser les productions nationales. Ainsi, pour le cajou, les primes s’appliqueront lorsque les usines auront réceptionné 200 000 tonnes, correspondant à leur capacité actuelle de transformation. Pour le soja, le seuil est fixé à 450 000 tonnes, tandis que pour le riz, le volume retenu est de 350 000 tonnes, en cohérence avec les capacités industrielles disponibles.

Selon Wilfried Houngbédji, cette orientation permettra d’assurer un meilleur approvisionnement des unités de transformation, de soutenir leur activité et de créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire national.

Au-delà de l’amélioration immédiate des revenus des producteurs, le Gouvernement présente ce mécanisme de primes comme un instrument de politique économique. L’objectif est de stimuler la production, d’encourager les livraisons aux industries nationales et de renforcer progressivement les chaînes de valeur agricoles.

Cette stratégie accompagne les investissements réalisés ces dernières années dans les unités de transformation, les infrastructures agricoles et les équipements industriels.

En associant récompense financière et objectifs de production, le régime Wadagni espère créer un cercle vertueux où l’augmentation des rendements profitera à la fois aux producteurs, aux transformateurs et à l’économie nationale.

Le succès de cette politique sera désormais mesuré à l’aune des résultats de la campagne agricole 2026-2027. Si les objectifs de production et de transformation sont atteints, ces primes pourraient non seulement améliorer le pouvoir d’achat des agriculteurs, mais aussi conforter la stratégie gouvernementale visant à faire de la transformation locale un moteur de croissance et de création de richesse au Bénin.

Romain HESSOU

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