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Palais de la Marina : Talon fait des révélations sur le putsch et défend la révision de la constitution

Une dizaine de jours après la tentative d’attaque armée déjouée contre les institutions de la République, et au lendemain de la promulgation de la nouvelle Constitution, le président béninois Patrice Talon a rencontré, à la Présidence de la République, les journalistes de la presse nationale et internationale. Une prise de parole très attendue, au cœur d’une actualité politique et sécuritaire dense.

Pendant près de deux heures, dans une atmosphère que ses proches qualifient de sereine et maîtrisée, le chef de l’État s’est livré à un exercice approfondi de questions-réponses, abordant sans détour les deux dossiers majeurs du moment : la tentative de putsch du 7 décembre et la révision constitutionnelle entrée en vigueur le mercredi 17 décembre.

« Une attaque isolée, pas un coup d’État »

Sur les événements du 7 décembre, Patrice Talon a tenu à dissiper toute ambiguïté. Pour lui, il ne s’agit en aucun cas d’un coup d’État au sens classique du terme, mais d’« une attaque menée par un groupe restreint de soldats égarés ».

« Les meneurs n’ont bénéficié d’aucun soutien institutionnel, ni d’aucune unité constituée, ni d’aucun chef militaire », a insisté le président, soulignant l’absence totale de ralliement, tant au sein de la hiérarchie militaire que dans la population.

Dans un ton inhabituellement sévère, le chef de l’État a qualifié les mutins de « crapules », de « voyous » et de « marginaux », affirmant qu’ils n’avaient recueilli « ni l’adhésion du commandement, ni celle des sous-officiers, encore moins celle des citoyens ».

Hommage appuyé aux forces de défense et de sécurité

Le président béninois a par ailleurs salué le professionnalisme et la réactivité des forces de défense et de sécurité. « L’armée et la Garde nationale ont été extraordinaires », a-t-il déclaré, mettant en avant leur rôle déterminant dans la neutralisation de l’attaque et la sécurisation rapide des institutions.

Selon Patrice Talon, la riposte coordonnée des forces armées a permis non seulement de contenir l’assaut, mais aussi d’engager efficacement la traque des responsables. Si certains assaillants sont toujours en fuite, les recherches se poursuivent activement, a-t-il précisé. Un mandat d’arrêt international a d’ores et déjà été émis à l’encontre des principaux suspects, et la coopération des pays voisins a été sollicitée en vue de leur arrestation et de leur extradition.

Révélations sur la fuite du chef des mutins

Au cours de cette conférence de presse tenue dans la salle des Ambassadeurs de la Présidence, le chef de l’État a également livré des détails inédits sur le déroulement des événements.

Selon ses révélations, lorsque la situation a tourné en sa défaveur, le chef présumé des mutins, Pascal Tigri, aurait pris la fuite en tenue civile et à bord d’un véhicule, abandonnant ses compagnons d’armes engagés dans l’opération.

Patrice Talon a également rapporté qu’au moment où son supérieur hiérarchique l’exhortait à se rendre par téléphone, l’intéressé aurait répondu : « Vous voulez nous bombarder ? », traduisant, selon le président, un état de panique manifeste et l’improvisation ayant entouré l’attaque.

Révision constitutionnelle : le chef de l’État s’explique

Le second volet de la rencontre a porté sur la révision de la Constitution, promulguée le 17 décembre. Patrice Talon a tenu à apporter des éclaircissements sur plusieurs points sensibles, notamment l’instauration d’un mandat présidentiel de sept ans, la création du Sénat et la mise en place d’une trêve politique. Sur la durée du mandat, le président a défendu un choix visant à renforcer la stabilité institutionnelle et la continuité de l’action publique. Concernant le Sénat, il a évoqué la nécessité de doter le pays d’une chambre de réflexion et d’équilibre institutionnel. Enfin, la trêve politique, selon lui, répond à une volonté d’apaisement et de consolidation démocratique dans un contexte régional marqué par de fortes turbulences.

En se prêtant à cet exercice de transparence, Patrice Talon a cherché à rassurer l’opinion nationale et internationale sur la solidité des institutions béninoises et la capacité de l’État à faire face aux menaces, tout en poursuivant ses réformes constitutionnelles.

HESSOU Romain

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