
L’amphithéâtre CIFRED de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC) a servi de cadre, ce mardi 21 avril 2026, à la soutenance de thèse de doctorat de Kossi Hilaire Agognon. Devant un jury composé d’éminents professeurs, l’impétrant a défendu ses travaux portant sur le thème « L’inculturation dans la religion Catholique au Dahomey (Bénin) de 1970 à 2011 : l’exemple du Mêwihwendo (Sillon Noir) ».
Pendant une vingtaine de minutes, Kossi Hilaire Agognon a exposé la quintessence de ses recherches. L’étude explore le complexe dynamique de l’inculturation au sein du diocèse d’Abomey, à travers l’expérience du mouvement Mêwihwendo (Sillon Noir). Selon lui, cette initiative, portée par le père Adoukonou dans le sillage du Concile Vatican II, visait à permettre aux chrétiens de vivre leur foi avec leur propre sensibilité culturelle Fon. « Les chrétiens trouvent désormais que le Christ est comme l’un des membres de la famille africaine », a expliqué l’impétrant, soulignant une reconnaissance inédite de la culture endogène au sein de l’Église.
Toutefois, le chercheur a mis en lumière les limites de ce processus. Malgré les avancées, l’Église catholique semble conserver un certain complexe de supériorité sur les religions traditionnelles. Plus marquant encore, l’étude révèle que le mouvement a été subitement stoppé dans son élan en 2006 par le Cardinal Bernardin Gantin, bien que ses effets se poursuivent encore aujourd’hui sur le terrain.
L’exercice de questions-réponses a été le moment fort de cette séance académique. Les membres du jury, présidé par le Professeur Titulaire Roch Houngnihin, ont tour à tour salué la qualité et l’originalité du document.

En guise de conclusion, le nouveau docteur a martelé une vérité historique propre au plateau d’Abomey : la « la mission civilisatrice de l’homme blanc apparait comme un leurre dans le diocèse d’Abomey. Les fidèles catholiques du plateau d’Abomey sont restés attachés à leurs valeurs ancestrales avant, pendant et après l’inculturation ». Face à cette jalousie culturelle légitime, il lance un appel à la vigilance de l’État béninois pour une gestion équitable des confessions religieuses afin de prévenir tout conflit identitaire.
Après délibération, le jury a proclamé Kossi Hilaire Agognon Docteur de l’UAC en Histoire, spécialité ‘’Histoire Contemporaine’’, avec la mention « Très Honorable ». La séance s’est achevée dans une ambiance de convivialité, marquée par les félicitations des parents, amis et collègues venus nombreux soutenir le nouveau membre de la communauté scientifique.
Augustin HESSOU

