
Le Bénin a obtenu un accord de financement de 113,5 milliards de FCFA (soit 173 millions d’euros) destiné au projet PEDER+. L’accord a été signé en marge du sommet Africa Forward de Naïrobi au Kenya. Il s’agit d’un ambitieux programme d’extension et de densification du réseau électrique national couvrant quelques communes.
Ce qui rend cet accord exceptionnel, c’est l’architecture même du montage financier. Pour la première fois en Afrique subsaharienne, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) s’associe à l’Agence française de développement (AFD), à la Banque européenne d’investissement (BEI) et à l’Union européenne au sein d’une coalition unifiée, la « Team Europe ». Ce dispositif s’inscrit dans deux grandes initiatives mondiales : Global Gateway et Mission 300, cette dernière visant à connecter 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici 2030.
Sur le plan technique, PEDER+ prévoit la construction ou la réhabilitation de 4 500 km de lignes électriques, ainsi que 120 000 nouveaux branchements répartis dans 750 localités. Trois départements prioritaires ont été retenus : le Borgou, pour soutenir l’industrie cotonnière ; le Mono, pour dynamiser l’activité touristique ; et le Couffo, pour renforcer l’agriculture et l’artisanat local. 15 communes sont concernées : Kandi, Ouidah,
Abomey-Calavi, Malanville, Savè, Glazoué, Dassa-Zoumè, Savalou, Abomey, Bohicon, Djougou, Pobè, Adjarra, Avrankou et Sakété.
Un choix stratégique qui traduit la volonté de corriger les profondes disparités territoriales qui caractérisent encore le pays.
Car le contexte est éloquent : en 2022, le taux d’accès à l’électricité atteignait 67,2 % en milieu urbain, contre seulement 10,7 % en zone rurale. Des « toiles d’araignée » électriques de fortune prolifèrent dans les périphéries, dégradant la qualité du service et freinant le développement économique local.
Ce succès diplomatique couronne la fin de mandat du président Patrice Talon, dont la rigueur budgétaire et la diplomatie économique ont su convaincre des partenaires de premier plan. Il revient désormais à son successeur, Romuald Wadagni, de capitaliser sur cet élan pour faire de l’énergie le moteur d’une souveraineté économique et sociale durable. et faire de la continuité de l’État une culture gouvernementale pleinement assumée.
L’objectif reste clair : l’accès universel à l’électricité au Bénin d’ici 2030.
Olivier ALLOCHEME

