
« Kanoumonnonsovidji », l’un des sites mythiques et historiques de la commune de Savalou, dans le département des Collines, est dans un état préoccupant depuis plusieurs années. Il est implanté au pied d’un arbre qui date de plus de 200 ans. « C’est ici le pôle de regroupement, au niveau des Collines, de nos aïeux que nous appelons esclaves, au temps de la traite négrière » renseigne Gabin ALLOGNON, natif de Savalou et acteur public visiblement touché par la triste image que végète aujourd’hui ce rare site touristique béninois qu’il qualifie de « panthéon de la résistance panafricaine. »
Le site « Kanoumonnonsovidji » a été valorisé dans son aspect actuel par le 13ème roi au trône des GBAGUIDI, sa majesté Dada TOSSOH GBAGUIDI XIII, qui a bien voulu que l’histoire de Savalou soit reconstituée dans son intégralité. Les travaux avaient démarré en 2014. Et la plupart des acteurs publics de Savalou et ses partenaires y avaient contribué à travers des souscriptions. « J’ai eu l’honneur d’avoir le communiqué final de montant, qui a permis de réaliser le site le jour de son rappel par les ancêtres ce jeudi, 16 septembre 2022, 2014, aux environs de 15h30, dans son secrétariat, il m’a communiqué le montant final. C’est son secret et il est parti avec. Je n’ai pas l’âge de le révéler, mais nous connaissons ça » témoigne, sur un ton empreint d’émotion, Gabin ALLOGNON, actuel président de la Confédération Africaine des Associations de Clubs pour l’UNESCO. « Nous voudrions prier les autorités publiques de bien vouloir accompagner le Palais Royal de Savalou, parce que c’est un site du Palais Royal de Savalou. Dans les investissements massifs à projeter sur les 5 ans, les 7 ans, les 10 ans à venir, que ce site puisse être l’un des sites touristiques qui doit renforcer le pôle touristique d’Abomey, le pôle touristique de Ouidah, pour que cela puisse aussi contribuer au développement local » lance-t-il comme appel. En sa qualité de financier et d’acteur culturel, il affirme que « s’il y a un bon dispositif sécuritaire pour la protection du patrimoine culturel et touristique du Bénin, la culture et le tourisme peuvent apporter au budget de l’État plus de 50% annuellement. »
Gabin ALLOGNON souligne, par ailleurs que ce site donne la preuve que la route des esclaves commence bien depuis l’intérieur du pays. « Les esclaves ne viennent pas à leur chute pour la porte de notre retour à partir de la ville de Ouidah. Ça vient à partir des autres localités de l’intérieur. C’est cette voie-là qui passe devant le site, qui permet, une fois après la polarisation dans les Collines, de les conduire dans le Zou, chez le roi de Dahomey. Et après, c’est là que le dernier tri se fait avant Ouidah… », informe -t-il.
Gabin ALLOGNON a aussi tenu à avoir une pensée pour la regrettée Mère Djah, qui était également à la conception et à la table de la réflexion pour les travaux de démarrage de la valorisation du site « Kanoumonnonsovidji» qui n’ont pas pu prospérer par la suite.
Christian TCHANOU

