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Colloque scientifique international à Porto-Novo: L’UPAO mobilise la science et la foi contre le fléau plastique

Porto-Novo a renoué, ce mercredi 27 mai 2026, avec une ambition scientifique portée depuis trois ans. L’Université Protestante de l’Afrique de l’Ouest (UPAO) a ouvert les portes de son campus à des chercheurs, théologiens, étudiants et acteurs de la société civile venus se pencher, ensemble, sur un mal ordinaire aux conséquences extraordinaires : le sachet plastique. Pendant trois jours, jusqu’au 29 mai, ce colloque scientifique international consacré au « Changement social et comportemental face à l’usage du sachet plastique » entend convertir la réflexion académique en actes concrets.

L’événement, rendu possible grâce à l’appui technique et financier de la Communauté d’Églises en Mission (CEVAA) et du mécanisme de financement italien Otto per mille (OPM), a réuni un panel varié : élèves et responsables du complexe scolaire protestant, équipes de l’hôpital Bon Samaritain, représentants religieux, et chercheurs de plusieurs nationalités. La ville de Porto-Novo était, elle, représentée par le deuxième adjoint au maire, Paul HEDOKINGBE, qui a rappelé que le combat contre la pollution plastique n’appartient à aucun camp en particulier. « C’est l’affaire de tous, et les pouvoirs publics y sont pleinement engagés », a-t-il affirmé.

Trois ans d’attente, une conviction intacte

L’idée de ce colloque est née en mai 2023, lors d’un séminaire organisé à l’UPAO par la CEVAA sur le thème « Habiter autrement la Création ». Une communication du Dr David Sourou EDIKOU sur la pollution plastique avait alors frappé les esprits, révélant l’étendue des dégâts sur la santé humaine, animale et environnementale. Le Recteur de l’époque avait lancé un slogan resté dans les mémoires : « Dieu peut compter sur moi pour la sauvegarde de la Création. » Deux reports successifs plus tard, le colloque a finalement vu le jour. « Ces reports n’avaient apparemment pour but que de boucler trois années après ce séminaire fondateur », a glissé avec philosophie le Recteur actuel, le Rév. Professeur Timothée Agonma GANDONOU, dans son mot de bienvenue.

Le représentant de la CEVAA, Ebenezer AGORDOME, basé à Lomé, a pour sa part présenté les excuses de son organisation pour les délais, imputés aux circuits de déblocage des fonds. Mais il a surtout rappelé pourquoi la CEVAA n’a pas hésité à soutenir ce projet : depuis son assemblée générale d’Abidjan en 2024, la communauté de 36 églises réparties dans le monde entier a placé la thématique « Habiter autrement la création » au cœur de ses priorités pour la période 2024-2028. Ce colloque s’y inscrit en plein.

Une question théologique autant que scientifique

C’est le discours d’ouverture du Président du Conseil scientifique, le Professeur Thierry AZONHE, qui a sans doute donné au colloque sa tonalité la plus singulière. Dans une adresse qui a traversé la chimie, la sociologie et la théologie sans jamais perdre le fil, il a posé une question frontale : pourquoi une université protestante se saisit-elle d’un sujet aussi technique ?

Sa réponse ne souffre d’aucune ambiguïté. « La question des déchets plastiques n’est pas seulement chimique ou urbaine : elle est théologique, éthique et spirituelle », a-t-il soutenu, citant la Genèse pour rappeler que l’humain a reçu le mandat de « cultiver et garder » la création. Négliger la gestion des déchets plastiques, selon lui, c’est trahir cette vocation fondamentale. Il a également invité les Églises à dénoncer les industries du plastique jetable, à accompagner les communautés dans la recherche de solutions concrètes, collecte circulaire, alternatives biodégradables et à inscrire la protection de l’environnement dans l’éducation chrétienne à tous les niveaux.

« Il n’y a pas d’évangélisation intégrale sans souci de l’intégrité de la création », a-t-il tranché, avant de formuler le vœu que ce colloque suscite, dans les Églises d’Afrique de l’Ouest, « une conversion écologique qui commence par refuser le sac plastique à usage unique. »

Les travaux se poursuivront jeudi et vendredi autour de quatre axes de communication, avec en ouverture une leçon inaugurale du Professeur Placide CLEDJO, Directeur de l’École Doctorale Pluridisciplinaire de l’Université d’Abomey-Calavi.

Fidèle KENOU

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