Le 9 juillet 2026, le Trésor béninois a levé 22 milliards de FCFA sur le marché régional de l’UMOA. En captant de la liquidité à des coûts historiquement bas, le Trésor public affirme sa position de signature de premier rang, creusant l’écart avec les autres émetteurs de la zone.

Lors de cette séance à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), le Bénin a sollicité 20 milliards de FCFA via des Bons Assimilables du Trésor (BAT) à 91 jours. L’engouement a été massif : les investisseurs ont proposé 43,820 milliards de FCFA, soit un taux de couverture de 219,10 %. Le Trésor a finalement retenu 22 milliards de FCFA. La performance béninoise est d’autant plus marquante lorsqu’on la compare aux autres États de l’Union. Avec un rendement moyen pondéré de 3,25 %, le Bénin forme un duopole de tête avec la Côte d’Ivoire (3,47 % sur 12 mois fin juin).
À l’opposé, les autres émetteurs subissent des conditions nettement plus sévères : le Sénégal a dû concéder un rendement de 7,82 % fin juin, tandis que le Mali s’est financé à 4,52 %. La Guinée-Bissau, pénalisée par sa fragilité politique, affiche 4,99 %. Quant au Burkina Faso et au Togo, ils ont récemment préféré annuler des émissions à court terme pour éviter des taux jugés trop onéreux.
Le Mali et la Côte d’Ivoire financent le Bénin
La répartition géographique des fonds souligne un arbitrage régional fort. Le Mali est devenu le pivot de l’émission avec 13 milliards de FCFA de titres retenus, suivi de la Côte d’Ivoire (5,49 milliards) et du Sénégal (3,46 milliards).
Paradoxalement, les banques béninoises ont été quasi exclues : sur 14,35 milliards proposés, seulement 45 millions ont été retenus. Ce décalage montre que les banques locales exigent des primes de rendement supérieures, incitant le Trésor à importer une liquidité régionale moins chère.
Une détente spectaculaire depuis janvier
L’année 2026 marque une rupture pour la dette béninoise. En janvier, le rendement pour la même maturité culminait à 5,01 % pour une couverture de seulement 50,12 %. En six mois, le pays a réduit son coût de financement de 175 points de base. Si la stratégie reste axée sur des tranches courtes (3 et 6 mois), le Trésor est passé d’une politique de rejet massif en début d’année à un opportunisme assumé en juillet.
Pour les investisseurs, cette capacité à attirer l’épargne des voisins à bas prix confirme que le Bénin est devenu la valeur refuge par excellence de l’espace UEMOA, portée par une gestion budgétaire rigoureuse et une inflation maîtrisée à 1,4 %.
Olivier ALLOCHEME

