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Pascal Todjinou, ex-SG/CGTB sur les premières mesures du nouveau chef de l’Etat : « Les premiers pas de Wadagni sont heureux,  utiles  et conséquents»   

Invité de l’émission « Invité du Jour » diffusée mercredi 10 juin 2026 sur Crystal News Bénin TV, l’ancien secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (CGTB), Pascal Todjinou, s’est exprimé sur les premières mesures prises par le président Romuald Wadagni depuis son accession au pouvoir. Entre satisfaction affichée, plaidoyer pour l’apaisement politique et rappel du rôle du syndicalisme, l’ancien leader syndical a livré une lecture sans détour de l’actualité sociopolitique béninoise.

D’entrée, Pascal Todjinou s’est montré favorable aux premières décisions adoptées en Conseil des ministres, notamment les mesures à portée sociale annoncées dès les premiers jours du mandat présidentiel. « Les premiers pas du président Romuald Wadagni sont des pas heureux, utiles et conséquents », a-t-il affirmé, estimant que le chef de l’État commence à matérialiser ses engagements électoraux. Pour l’ancien SG de la CGTB, cette cohérence entre promesses et actions mérite d’être saluée, « Il a pris des engagements, il a fait des promesses et ces promesses se réalisent. On ne peut que s’en féliciter ».

Alors que certaines voix estiment que la priorité aurait dû être accordée à la décrispation politique, notamment à travers la question des détenus politiques et du retour des exilés, Pascal Todjinou adopte une posture plus nuancée. S’il dit souhaiter davantage de démocratie et de retenue dans le traitement des dossiers judiciaires, il refuse cependant toute logique systématique de libération. « Je ne suis pas dans le systématisme », insiste-t-il, rappelant que des fautes avérées doivent être assumées, y compris lorsqu’elles concernent des acteurs politiques.

Pour autant, l’ancien syndicaliste reconnaît des situations qu’il juge disproportionnées, « Il y a des gens qui n’ont dit qu’un petit mot et se retrouvent avec cinq ou dix ans [de prison]. Je ne suis pas du tout content de ça », a-t-il déclaré, tout en se disant convaincu que le président Wadagni « appréciera tout cela en son temps » afin de « dégeler un peu » les tensions.

Aux yeux de l’ex SG, le développement économique ne dépend pas exclusivement du climat politique, même si la stabilité demeure essentielle. « Le climat politique permet d’avoir la paix pour travailler », nuance-t-il, avant d’ajouter que la gouvernance reste un facteur déterminant du développement.

Gratuité scolaire et lutte contre la corruption

Parmi les mesures qui retiennent particulièrement son attention, Pascal Todjinou cite la gratuité de l’école pour les filles jusqu’en terminale, qu’il qualifie d’initiative « exceptionnelle ». L’ancien responsable syndical apprécie également la continuité des efforts en matière de gouvernance publique et de lutte contre la corruption. « Lorsqu’il décline ses promesses en actes concrets, si cela survient juste et appliqué, le développement interviendra », soutient-il.

L’ancien SG de la CGTB a aussi commenté les premières sorties diplomatiques du président béninois, notamment ses visites au Nigeria, au Niger, au Burkina Faso, ainsi que ses contacts avec plusieurs pays voisins. Pour l’ex syndicaliste, ces démarches traduisent une volonté de dialogue régional conforme aux engagements pris durant la campagne présidentielle. « Déjà, il anticipe sur ce qu’il a promis », estime-t-il, voyant dans ces gestes une orientation diplomatique positive.

Pascal Todjinou assume d’ailleurs sans détour son soutien à Romuald Wadagni durant la présidentielle. Il justifie ce choix par le parcours technocratique de l’actuel chef de l’État et son action à la tête des finances publiques durant les dix années précédentes. « J’ai constaté que pendant les dix ans, c’est quelqu’un qui a pris des mesures radicales pour l’assainissement des finances publiques », a-t-il expliqué, insistant avoir soutenu le candidat « sans prendre un franc ».

Soutien syndical à Wadagni : Todjinou prend ses distances

L’un des temps forts de l’entretien a porté sur le soutien affiché par certaines organisations syndicales à la candidature de Romuald Wadagni. Sur ce point, Pascal Todjinou marque clairement sa différence. « Moi, en tant que syndicaliste, je ne peux jamais appeler mes militants à voter pour un président de la République. Jamais », tranche-t-il.

Selon Todjinou, un syndicat doit préserver sa neutralité politique compte tenu de la diversité idéologique de ses membres. Il rappelle qu’au sein des organisations syndicales cohabitent militants de différents courants politiques, rendant délicat tout mot d’ordre électoral. « Le syndicat n’est pas là pour rentrer dans la mouvance ou dans l’opposition, mais pour observer et apprécier », affirme-t-il.

Tout en reconnaissant la liberté des responsables syndicaux de définir leurs stratégies, il évoque ce qu’il considère comme un risque politique, celui de fragiliser l’autonomie syndicale face au pouvoir en place.

À titre d’illustration, Pascal Todjinou a rappelé les restrictions d’accès à la Bourse du travail observées au début du régime précédent, estimant qu’un tel précédent aurait dû inciter davantage à la prudence.

L’ancien secrétaire général de la CGTB encourage le président Romuald Wadagni à poursuivre les réformes engagées, tout en œuvrant à la décrispation du climat national. « Je l’encourage à dégeler la tension politique de mon pays. Je l’encourage aussi à dégeler la tension sociale », a-t-il lancé.

Estimant que le chef de l’État a pris un départ encourageant, Pascal Todjinou lui adresse finalement un message de continuité, « Il a démarré, c’est bon. Il n’a qu’à continuer. Et bon vent à lui ».

Romain HESSOU

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