La Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin a initié une rencontre thématique le mercredi 1er juillet 2026. Cette séance qui s’est tenue dans la salle Polyvalente de l’institution consulaire a mis en lumière les enjeux de la Responsabilité Sociétale des Entreprises comme facteur de compétitivité, de performance durable et d’impact positif.

La Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CCI Bénin) a organisé, le mercredi 1er juillet 2026, à la salle polyvalente de son siège à Cotonou, une rencontre thématique consacrée à la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). Organisée en présentiel et en ligne autour du thème « Entreprendre autrement : la RSE, un levier de performance et d’impact au cœur de votre stratégie », cette session a réuni des chefs d’entreprises, des responsables d’organisations et plusieurs acteurs du secteur privé.
Animée par Lookman Lanignan, expert international spécialisé en RSE, et Sahoudatou Orèdola Pio, présidente de RSEEO-Bénin, consultante RSE, ODD et bilan carbone, la rencontre visait à montrer aux participants que la responsabilité sociétale est aujourd’hui un véritable levier de développement des entreprises.
Les échanges ont permis de rappeler que, dans un contexte économique en constante évolution, la performance d’une entreprise ne se mesure plus uniquement à son chiffre d’affaires. L’intégration des dimensions sociales, environnementales et sociétales est désormais un facteur de compétitivité, de confiance auprès des partenaires, de fidélisation des collaborateurs, de maîtrise des risques et d’accès à de nouveaux marchés ainsi qu’à des financements.
Dans sa communication, Lookman Lanignan a expliqué la différence entre la RSE, la RSO et les critères ESG, précisant que la RSE traduit la manière dont une entreprise intègre les enjeux économiques, sociaux et environnementaux dans sa stratégie, alors que les critères ESG permettent d’évaluer cette performance auprès des investisseurs et partenaires. L’expert a insisté sur les principaux bénéfices d’une politique RSE structurée. Selon lui, celle-ci permet notamment d’améliorer la performance économique par une meilleure gestion des ressources, d’accéder à de nouveaux marchés, de mieux maîtriser les risques, de faciliter l’accès aux financements et de renforcer la qualité de vie au travail ainsi que l’engagement des collaborateurs.
Il a également présenté les étapes indispensables pour intégrer efficacement la RSE dans la stratégie d’une entreprise. Il s’agit notamment de réaliser un autodiagnostic, de cartographier les parties prenantes, de conduire une analyse de double matérialité, d’élaborer une politique RSE, de construire un plan d’action, de sensibiliser les équipes et de produire un rapport de durabilité. Il a, par ailleurs, annoncé que l’outil d’autodiagnostic IWADI by LANIGNAN est mis gratuitement à la disposition des entreprises jusqu’au 31 décembre 2026 afin d’évaluer leur niveau de maturité en matière de RSE. En conclusion de son exposé, il a rappelé que « la RSE n’est pas un coût, mais un investissement », qu’elle n’est pas réservée aux grandes entreprises, qu’elle ne se limite ni à la philanthropie ni aux questions environnementales et qu’elle ne constitue pas une simple tendance.
RSEEO-Bénin pour faire la promotion de la RSE
La seconde communication a été consacrée à la présentation de RSEEO-Bénin, une organisation non gouvernementale engagée dans la promotion de la Responsabilité Sociétale des Entreprises et des Organisations au Bénin. Sahoudatou Orèdola Pio a présenté la mission, la vision, les valeurs et les domaines d’intervention de cette structure qui accompagne les entreprises dans leur transition vers des pratiques responsables, conformément aux référentiels internationaux.
Elle a indiqué que RSEEO-Bénin intervient dans la sensibilisation, la formation, l’accompagnement des organisations, la fédération des acteurs, le plaidoyer et l’innovation en matière de RSE. La structure revendique notamment l’accompagnement de six entreprises, la mise en œuvre de cinq programmes de formation, des interventions dans huit secteurs d’activité et un partenariat avec plus de dix institutions.
À l’issue de la rencontre, Lookman Lanignan est revenu sur les principaux enseignements de son intervention. Il a fait savoir que la RSE est le fait qu’une entreprise gagne de l’argent tout en recherchant à avoir un impact sur la société, sur l’humain et sur l’environnement. Pour lui, les entreprises doivent parties de la première étape qui est de faire un auto diagnostic pour connaitre leur état des lieux, leur force, leur faiblesse, leur opportunité et menace et c’est à la suite qu’ils pourront structurer les enjeux prioritaires sur lesquels travaillés et mettre en place un plan d’action, sans oublier tout ce qui va concerner la matrice de matérialité et autres », a-t-il déclaré.
Pour sa part, Sahoudatou Orèdola Pio a rappelé que « la RSE est l’engagement volontaire des entreprises, quel que soit leur taille et leurs secteurs d’activité, dans l’intégration volontaire des impacts de leurs activités sur le plan environnemental, social, tout en faisant des bénéfices ». Elle a également souligné l’existence, au Bénin, de plusieurs initiatives de promotion de la RSE, notamment les Cafés RSE, les causeries RSE, la politique nationale de la RSE ainsi que la Charte RSE.
Représentante des femmes restauratrices du Bénin, Flacandji Nicole s’est réjouie des enseignements reçus. « Cette séance nous a beaucoup fait du bien, ça nous a apporté un plus. Nous avons retenu beaucoup de choses par rapport aux entreprises et il y avait des points clés qui ont été soulevés. (…) Nous avons pris bonne note. Nous sommes partis sur un autre pas et nous allons mettre en pratique en attendant de faire notre diagnostic », a-t-elle confié.
Augustin HESSOU

