Le Docteur Djibril Boussou a officiellement lancé son ouvrage consacré à la langue Dendi du Nord du Bénin. La cérémonie s’est tenue le jeudi 17 septembre 2026 à l’ILACI de l’Université d’Abomey-Calavi, sous le haut parrainage de la ministre Shadiya Alimatou Assouman.

La langue Dendi et ses relations avec l’arabe étaient au cœur d’une séance scientifique organisée le jeudi 17 septembre 2026 à l’Université d’Abomey-Calavi. À la coupole de l’Institut de la Langue Arabe et de la Culture Islamique (ILACI), le Docteur Djibril Boussou a procédé au lancement officiel de son ouvrage intitulé À la découverte de la langue Dendi du Nord du Bénin (Focus sur les emprunts linguistiques d’origine arabe), en présence de plusieurs universitaires et acteurs de la promotion des langues. La cérémonie, placée sous le haut parrainage de la ministre du Commerce Intérieur, en charge de la formalisation de l’économie, Shadiya Alimatou Assouman, a été marquée par plusieurs interventions qui ont mis en évidence l’intérêt scientifique et culturel de cette publication.
Dans son mot de bienvenue, le directeur de l’ILACI a salué le travail réalisé par un enseignant de l’institut. Il a notamment souligné le lien entre les langues nationales et la langue arabe, avant de rappeler qu’une langue porte à la fois l’identité et l’histoire d’une communauté. Le préfacier de l’ouvrage, le Professeur Flavien Gbéto, Doyen honoraire de la Faculté des Lettres, Langues, Arts et Communication (FLLAC), a expliqué que le livre trouve son origine dans un mémoire de maîtrise soutenu par l’auteur dans les années 1990. Selon lui, le Docteur Boussou a profondément repris ce travail en s’appuyant sur les méthodes de la linguistique. L’étude porte notamment sur l’intégration des mots arabes dans la langue Dendi, mais aussi sur l’influence de ces emprunts dans le fond culturel des populations. Pour le Professeur Gbéto, cette publication vient combler un vide scientifique, aucune étude antérieure ne s’étant, selon lui, intéressée à cette question de manière spécifique.
De son côté, le président de l’Association pour la Promotion de l’Écriture en Langue Béninoise (APELB), Dr Charles Dossou Ligan, a insisté sur le caractère transfrontalier du Dendi, parlé au Bénin et au Niger sous différentes appellations. Il a estimé que l’ouvrage contribue à la promotion du patrimoine linguistique, au dialogue entre les cultures et au rapprochement entre les peuples.

L’écriture pour préserver la langue Dendi
Présentant son ouvrage, le Docteur Djibril Boussou a expliqué que sa démarche vise à encourager l’écriture des langues nationales, particulièrement celle du Dendi. « L’oralité est la première étape d’une langue, il faut passer à la deuxième étape qui est l’écriture », a-t-il déclaré. Pour l’auteur, l’écriture permet de fixer les connaissances, de structurer la pensée et de transmettre aux générations futures les savoirs détenus par les anciens. Il a également appelé à développer la littérature en langue Dendi, notamment à travers les jeux de mots et différentes activités destinées aux jeunes. Abordant les emprunts linguistiques d’origine arabe, il a expliqué que les langues s’enrichissent au contact d’autres communautés, notamment à travers les voyages et le commerce. Il a toutefois appelé à distinguer les emprunts nécessaires de ceux qui relèvent du prestige, afin de privilégier les mots utiles.
Un lancement prévu à Parakou et Djougou
Selon le Docteur Djibril Boussou, le lancement organisé à l’UAC s’adresse principalement aux étudiants de cette université. D’autres cérémonies sont prévues à Parakou, pour les étudiants de l’Université de Parakou, puis à Djougou, au profit des étudiants et des populations des environs. L’auteur a également précisé que le Dendi est parlé dans plusieurs pays, dont le Bénin, le Niger, le Ghana, le Burkina Faso et, dans une moindre mesure, le Nigeria. Au Bénin, il distingue notamment les variantes de Djougou, Parakou, Kandi, Malanville et Karimama.
Augustin HESSOU

