Adopté à l’unanimité par le Conseil communal, le budget primitif 2027 de la ville de Cotonou consacre plus de 74 % des ressources aux investissements. Éclairage public, voirie, infrastructures scolaires et préparation de grands travaux figurent parmi les principales priorités de la municipalité pour le premier exercice budgétaire de la mandature de Luc Gnacadja.

La commune de Cotonou disposera d’un budget de 72,4 milliards de FCFA au titre de l’exercice 2027. Adopté à l’unanimité par les conseillers communaux, ce premier budget de la mandature s’inscrit dans la mise en œuvre du projet « Cotonou 2026-2033 : Changer d’échelle ». Il traduit notamment la volonté de la municipalité de répondre progressivement aux préoccupations exprimées par les populations lors des consultations organisées, du 5 au 9 octobre dernier, dans les treize arrondissements de la ville.
Au terme de ces rencontres, 38 priorités ont été recensées, à raison de trois par arrondissement. Confiées à des responsables de l’administration municipale, elles portent principalement sur l’amélioration de l’éclairage public, la réhabilitation et la praticabilité des voies, la gestion des eaux pluviales, la qualité des infrastructures scolaires et l’accès aux soins de proximité.
L’investissement au cœur des priorités
Pour traduire ces attentes en réalisations, la municipalité prévoit de mobiliser un milliard de FCFA pour l’éclairage solaire et plus de 1,2 milliard de FCFA pour les travaux de voirie. Dans le domaine de l’éducation, les interventions annoncées concernent la construction de nouvelles salles de classe, l’achèvement des chantiers en cours ou à l’arrêt, ainsi que la réalisation de clôtures et de toilettes scolaires.
Le budget prévoit également le financement d’études préparatoires à plusieurs projets structurants dont la réalisation est envisagée en 2028 et 2029. Il s’agit notamment des collecteurs d’assainissement, des travaux de pavage, des passerelles de Hindé, du marché Saint-Michel, de l’école d’Agbodjèdo et de certains centres de santé. La municipalité ambitionne par ailleurs de réaliser au moins une action visible dans chacun des treize arrondissements dès 2027.
Une nouvelle orientation dans la gestion des finances communales
Au-delà des investissements annoncés, le budget 2027 affiche une réorientation des dépenses municipales. Plus de 74 % des ressources seront consacrées à l’investissement, dont le volume connaît une progression de 47,54 %. À l’inverse, les dépenses de fonctionnement enregistrent une baisse de 6,44 %.
Pour le maire Luc Gnacadja, cette orientation traduit le choix de privilégier les investissements structurants et de ne pas recourir à l’emprunt pour financer les charges courantes de la municipalité.
Dans le même temps, l’administration communale entend améliorer la mobilisation de ses ressources propres. À cet effet, le maire a sollicité l’Inspection générale des finances pour un audit des recettes non fiscales de la mairie. Les 48 recommandations formulées à l’issue de cet audit devront être mises en œuvre avec rigueur, afin de renforcer la gestion et la traçabilité des recettes municipales.

Un mécanisme de redevabilité envers les populations
Luc Gnacadja reconnaît toutefois que l’ensemble des préoccupations exprimées par les habitants ne pourra être satisfait au cours d’un seul exercice budgétaire. Il assure que la municipalité privilégiera des projets chiffrés et dont les conditions de réalisation sont réunies avant toute annonce de chantier.
Certaines demandes, notamment la construction de commissariats et de centres de santé relevant de la compétence de l’État, feront l’objet d’un plaidoyer auprès du Gouvernement. Le maire annonce également la présentation de comptes rendus trimestriels aux populations, arrondissement par arrondissement, sur l’état d’avancement des engagements pris.
Avec cette enveloppe de 72,4 milliards de FCFA, la municipalité de Cotonou entend ainsi poser les premiers jalons de son ambition de transformation urbaine. L’enjeu sera désormais de convertir les priorités exprimées par les habitants en réalisations concrètes et équitablement réparties sur l’ensemble du territoire communal.
Romain HESSOU