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Bénin 2025 :  Le rapport de la BAD évalue la croissance à 8,1%

Selon le dernier Rapport Pays 2026 de la Banque africaine de développement (BAD), le Bénin a franchi une étape historique l’année dernière. Après un bond déjà remarqué de 7,5 % en 2024, « le Bénin a enregistré une croissance économique robuste en 2025, estimée à 8,1 % ». Ce chiffre traduit la consolidation d’un « modèle de résilience économique » fondé sur des réformes de fond.

Le dynamisme de 2025 ne repose pas sur un seul pilier, mais sur la vigueur de l’ensemble des secteurs d’activité. Le secteur primaire a progressé de 5,7 %, porté par une branche élevage en hausse de 8,8 %. Cependant, c’est le secteur secondaire qui a véritablement servi de locomotive avec une croissance de 9,8 %. Les moteurs de cette accélération sont clairs : la construction, dopée par les grands travaux d’infrastructures portuaires et routières, a bondi de 12 %, tandis que les manufactures ont progressé de 8,6 %.

Le rapport souligne que cette embellie industrielle est intrinsèquement liée à « l’essor des industries de la Zone économique de Glo-Djigbé (GDIZ) ». Cette zone franche est devenue le symbole de la transformation structurelle voulue par le gouvernement, permettant au pays de monter en gamme dans des filières comme le textile, le soja et la noix de cajou. Le secteur tertiaire n’est pas en reste (+8,5 %), stimulé par une économie numérique en pleine explosion (+10,3 %) et par les activités du Port autonome de Cotonou.

Discipline budgétaire  

L’un des points forts relevés par les experts de la BAD est la capacité du pays à maintenir une rigueur budgétaire exemplaire malgré ses investissements massifs. « La consolidation des finances publiques se poursuit, avec un déficit budgétaire maîtrisé à 2,8 % du PIB en 2025 », contre 3 % l’année précédente. Cette discipline a permis au Bénin de rester sous le seuil de convergence de 3 % fixé par l’UEMOA, tout en réussissant des opérations de financement audacieuses sur les marchés internationaux.

L’inflation, véritable fléau pour de nombreuses économies africaines, est restée ici exemplaire, s’établissant à seulement 1,1 % en 2025. Cette maîtrise a été favorisée par une bonne saison agricole et la stabilisation des prix des produits pétroliers, offrant ainsi un bol d’air au pouvoir d’achat des ménages.

Les défis de l’inclusivité et de l’informel

Toutefois, le rapport de la BAD a identifié des défis structurels dans l’économie béninoise. Si le PIB réel par habitant progresse plus vite que la moyenne mondiale (5,6 % en 2025), la richesse créée peine encore à se diffuser de manière homogène. Le rapport est formel : « cette croissance devrait être plus inclusive pour avoir un effet de levier significatif sur la réduction de la pauvreté », qui touchait encore 36,2 % de la population en 2022.

Le marché du travail reste le principal point d’achoppement. Malgré un taux de chômage officiel très bas (1,9 %), le rapport souligne que « le marché du travail reste freiné par un secteur informel très peu productif » qui concentre plus de 90 % des actifs. De plus, le coût de la dette crée un effet d’éviction préoccupant : entre 2021 et 2023, le pays a consacré 1,8 % de son PIB aux intérêts de la dette, contre seulement 0,4 % aux dépenses de santé publique.

Perspectives et vigilance

Pour 2026 et 2027, la BAD projette une croissance qui restera robuste, autour de 7 %. L’entrée en production du champ pétrolier de Sèmè et de la mine d’or de Perma en 2026 devrait offrir de nouvelles marges de manœuvre budgétaires.

Néanmoins, le Bénin n’est pas à l’abri des vents contraires. La fragmentation géopolitique mondiale et le conflit au Moyen-Orient représentent des risques sérieux. Si le baril de pétrole devait dépasser durablement les 100 US$, le rapport prévient qu’un impact macroéconomique significatif pourrait se faire sentir d’ici 2027, avec un ralentissement de la croissance et une hausse du service de la dette.

Olivier ALLOCHEME

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