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BOA Bénin : L’action monte à la BRVM depuis janvier

Le 30 avril 2026, l’Assemblée générale ordinaire de BOA-Bénin a entériné la distribution d’un dividende brut record de 25 milliards de FCFA au titre de l’exercice 2025. Cela correspond à un versement net de 585 FCFA par action. L’enveloppe globale représente un taux de distribution exceptionnel de 124 % du bénéfice net. Après cette opération, le cours a connu un ajustement technique classique. Le titre s’est stabilisé autour de 8 600 FCFA à la fin du mois de juillet 2026. Malgré cette respiration mécanique, la valeur conserve une attractivité solide. Début octobre 2026, l’action BOAB s’échangeait à 9 340 FCFA, portée par un élan sectoriel qui valorise l’ensemble des filiales bancaires du groupe.

Le titre a bouclé l’exercice 2025 sur une hausse spectaculaire de 58,8 %. La dynamique s’est poursuivie durant la première moitié de l’année 2026. Le cours est passé d’environ 6 500 FCFA au début du mois de janvier à un sommet de 8 835 FCFA le 25 mai 2026. Cette envolée boursière s’explique principalement par la  politique de distribution de dividendes particulièrement généreuse.

Une efficacité confirmée

Derrière l’effervescence du marché boursier, la réalité comptable révèle la solidité de l’activité commerciale. Le rapport d’activité du premier semestre 2026, publié officiellement le 23 juillet 2026 à la BRVM, apporte un éclairage précis sur les performances opérationnelles. Au 30 juin 2026, la banque a généré un Produit Net Bancaire de 25,886 milliards de FCFA. Cet agrégat enregistre une progression de 5,41 % par rapport aux 24,557 milliards de FCFA comptabilisés un an plus tôt.

Cette croissance des revenus repose sur la bonne tenue des métiers traditionnels de la banque. La marge nette d’intérêts s’inscrit en hausse de 3 % sur un an. Parallèlement, les commissions bancaires progressent de 4 % sur la même période. Les équipes commerciales bénéficient d’une conjoncture nationale favorable, soutenue par les chantiers de BTP et le développement industriel de la Zone de Glo-Djigbé. La gestion interne demeure sous contrôle strict. Les frais généraux d’exploitation augmentent de 5,77 % à 11,985 milliards de FCFA. Cette évolution parallèle aux revenus permet de maintenir le coefficient d’exploitation à un niveau très performant de 46 %. Le résultat brut d’exploitation atteint ainsi 13,901 milliards de FCFA, en hausse de 5,11 %.

L’alourdissement des provisions pèse sur le bénéfice net

Si l’exploitation brute affiche une belle régularité, le bas du compte de résultat subit une pression directe. Le coût du risque s’est alourdi de manière très nette au cours des six premiers mois de l’année. Les dotations nettes aux provisions sont passées de 1,667 milliard de FCFA au premier semestre 2025 à 3,121 milliards de FCFA au premier semestre 2026. Cette augmentation représente une hausse de 87,23 %, soit un prélèvement supplémentaire de 1,454 milliard de FCFA.

Dans sa communication du 20 juillet 2026, la Direction Générale précise que cet effort de provisionnement répond à un cadre prudentiel réglementaire strict. L’institution qualifie cet ajustement de normatif afin de prémunir le bilan contre les incertitudes. Cette charge neutralise cependant les gains commerciaux enregistrés au niveau du Produit Net Bancaire. Le résultat avant impôts recule de 6,52 % pour s’établir à 10,842 milliards de FCFA. En conséquence, le bénéfice net semestriel enregistre un repli de 6,04 % pour ressortir à 10,347 milliards de FCFA, contre 11,012 milliards de FCFA un an auparavant.

Des perspectives préservées

L’examen des masses bilantielles fait apparaître des arbitrages stratégiques lisibles. La collecte des dépôts auprès de la clientèle conserve une bonne orientation, en hausse de 7,6 % sur douze mois. À l’inverse, les encours de crédits diminuent de 12,2 % sur la même période. Ce mouvement s’explique principalement par le remboursement rapide des financements accordés à la filière cotonnière. La banque poursuit également le recentrage de ses concours vers les petites et moyennes entreprises pour diversifier son risque global.

En dépit de la contraction ponctuelle du résultat net, les indicateurs de rentabilité restent à des niveaux très enviables. La banque affiche une rentabilité des fonds propres de 18,1 % et une rentabilité des actifs de 2,2 % au 30 juin 2026. Ces ratios confirment la capacité structurelle de l’établissement à générer de la valeur. La seconde partie de l’année s’annonce sous des augures favorables, portée par les attentes d’une campagne agricole dynamique et l’exécution de projets d’infrastructures d’envergure.

Olivier ALLOCHEME

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