Du 9 au 12 septembre 2026, le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Adin Yéton Bloukounon Goubalan, a sillonné plusieurs bassins de production du Bénin. De Banikoara à Djidja, en passant par Sinendé, Ouassa-Péhunco, Djougou, Savalou et Glazoué, cette tournée lui a permis d’évaluer l’état des cultures, d’échanger avec les producteurs et d’identifier les difficultés qui nécessitent des réponses adaptées.

Sur le terrain, le ministre Bloukounon Goubalan a privilégié le contact direct avec les exploitants. Accompagné de la Secrétaire générale du ministère, de membres de son cabinet et du ministre conseiller à l’Agriculture, à l’Élevage et à la Pêche, Bio Guera Sacca Kina, il a visité plusieurs exploitations consacrées notamment au coton, au maïs, au soja et au riz.
À Banikoara, première étape de la tournée, la délégation ministérielle s’est notamment rendue dans l’exploitation de Moussa Inoussa. Sur les 50 hectares que compte cette ferme, 42 sont effectivement exploités. La production y repose sur une diversification associant cultures de rente et cultures vivrières.
Le coton occupe 32,5 hectares, contre 11 hectares pour le maïs et 3,5 hectares pour le riz. L’exploitation comprend également un cheptel composé de bovins, d’ovins et de volailles. Un modèle qui mise sur la complémentarité entre agriculture et élevage, notamment grâce à la valorisation de la matière organique et des résidus de récolte.
Dans les différents bassins visités, le constat général fait état d’importantes superficies emblavées, de cultures globalement en bon état végétatif et d’une mobilisation soutenue des producteurs. Ces derniers ont toutefois exposé plusieurs difficultés, notamment en matière de mécanisation, de pluviométrie, de qualité des semences, de fertilité des sols et d’écoulement des productions.
Au terme de cette immersion, Adin Yéton Bloukounon Goubalan a estimé que la campagne agricole « se porte bien », tout en transmettant aux producteurs les encouragements du Chef de l’État.
La maîtrise de l’eau au cœur des préoccupations
Les échanges ont également porté sur les réponses à apporter aux aléas climatiques, notamment aux déficits pluviométriques observés dans certaines zones. Le ministre a insisté sur la nécessité d’améliorer la maîtrise de l’eau et de restaurer durablement la fertilité des sols.
Au cœur des exploitations, il a ainsi animé une véritable séance pratique avec les producteurs et les équipes d’encadrement. La gestion de la matière organique et de l’eau a notamment été présentée comme un levier important pour renforcer la productivité des terres.
Le ministre a, dans ce cadre, présenté le programme d’un million de citernes dans les zones cotonnières. Cette initiative vise à accroître la disponibilité de l’eau et à atténuer les effets des poches de sécheresse sur les cultures. Il a également évoqué la mise à l’échelle des biofertilisants ionisants, présentés comme une innovation destinée à favoriser l’assimilation racinaire, améliorer les rendements et préserver la qualité des sols.
Plusieurs leviers pour transformer le secteur
La tournée a enfin servi de cadre pour rappeler les principaux programmes engagés en vue d’une transformation durable du secteur agricole. Ils concernent notamment la protection sociale et la sécurisation des revenus des exploitants, la digitalisation du conseil agricole grâce à l’intelligence artificielle, la mécanisation de nouvelle génération et la restauration de la fertilité des sols.
À ces dispositifs s’ajoute le mécanisme de rachat des excédents de récolte avec la SODAPA. Le ministre a également rappelé les efforts de l’État en matière de subvention des engrais et de mise à disposition de semences certifiées.
Dans la filière cotonnière, une prime incitative de 10 FCFA par kilogramme de coton-graine a été annoncée, sous réserve que la production nationale atteigne 700 000 tonnes au terme de la campagne. Pour le ministre, cette mesure vise à encourager la performance des producteurs et à renforcer la compétitivité de la filière.
Au fil des étapes, le message adressé aux producteurs est resté le même : maintenir la mobilisation et poursuivre les efforts afin de consolider les acquis de la campagne agricole 2026-2027. La tournée ministérielle aura ainsi permis de confronter les orientations nationales aux réalités des exploitations et de mieux cerner les réponses à apporter aux défis exprimés sur le terrain.
Romain HESSOU

