Le Niger amorce un nouveau pas dans le processus de normalisation de ses relations avec le Bénin. Le Premier ministre nigérien, Ali Mahamane Lamine Zeine, a procédé, vendredi 5 juin 2026 à Niamey, à l’installation officielle du comité chargé d’étudier les conditions de la réouverture de la frontière entre les deux pays, fermée depuis le 30 juillet 2023.

Installé au cabinet du chef du gouvernement nigérien, ce comité dispose d’un délai de quinze jours pour formuler des propositions devant permettre une reprise progressive et sécurisée des échanges frontaliers entre Cotonou et Niamey.
Cette initiative intervient à la suite de la récente visite au Niger du nouveau président béninois, Romuald Wadagni, au cours de laquelle les autorités béninoises et nigériennes ont affiché leur volonté commune de relancer la coopération bilatérale. Les deux chefs d’État se sont notamment accordés sur la nécessité de lever les obstacles entravant le renforcement des relations entre les deux pays, avec une attention particulière portée à la réouverture de la frontière commune.
Selon les autorités nigériennes, l’installation de ce comité traduit la volonté de donner une suite concrète aux engagements pris lors des échanges entre les deux parties. Le gouvernement nigérien insiste notamment sur des principes de sincérité, de respect mutuel et de souveraineté, considérés comme les bases d’un nouveau cadre de coopération.
Le comité mis en place regroupe plusieurs personnalités stratégiques du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), dont le ministre d’État chargé de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire, le général de division Mohamed Toumba. Il comprend également des membres du gouvernement ainsi que des experts civils et militaires spécialisés dans les questions de surveillance et de sécurité territoriale.
Chargée d’évaluer les modalités d’une réouverture maîtrisée de la frontière, cette instance devra soumettre ses conclusions aux autorités des deux pays. L’objectif affiché est de concilier impératifs sécuritaires et reprise de la coopération économique et diplomatique entre le Bénin et le Niger.
Fermée depuis juillet 2023 dans un contexte de tensions diplomatiques régionales, la frontière entre les deux pays constitue un enjeu majeur pour les échanges commerciaux, la mobilité des populations et l’intégration sous-régionale. L’installation de ce comité apparaît ainsi comme un signal d’apaisement et une étape décisive vers un possible réchauffement des relations entre Niamey et Cotonou.
Reste désormais à savoir quelles recommandations émergeront des travaux du comité et dans quels délais les deux capitales pourront concrétiser cette volonté de rapprochement.
Romain HESSOU

